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17e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo : Le Collectif et la CCVC appellent à poursuivre la lutte pour toute la vérité

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Norbert Zongo • • lundi 14 décembre 2015 à 01h14min
17e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo : Le Collectif et la CCVC appellent à poursuivre la lutte pour toute la vérité

Camarades militant(es) et sympathisant(es) du pays réel,
Démocrates, patriotes, progressistes et révolutionnaires du Burkina et d’ailleurs,
Combattants de la liberté,
Populations de Ouagadougou et du Burkina !
Jeunesse Patriotique et Révolutionnaire du Burkina !

Aujourd’hui 13 décembre 2015, le peuple combatif du Burkina commémore le 17e anniversaire de l’assassinat du journaliste émérite Norbert ZONGO et de ses trois compagnons d’infortune. Pour les démocrates, patriotes et révolutionnaires du Burkina, la date du 13 décembre revêt une signification particulière.

Elle marque en effet :
-  l’assassinat crapuleux d’un démocrate sincère et militant convaincu des droits de l’Homme ;
-  un coup de poignard porté par le régime Compaoré contre la liberté d’expression au Burkina ;
-  le début d’une croisade sans précédent contre l’impunité et pour les libertés politiques au Burkina, menée avec patience, persévérance et détermination par le mouvement démocratique et révolutionnaire de notre pays.
En commémorant le 13 décembre, nous nous devons d’évoquer, pour mémoire et pour la postérité, la vie du journaliste Norbert ZONGO.

Norbert ZONGO, alias Henri SEBGO, directeur de publication de l’hebdomadaire burkinabé « L’INDEPENDANT », était un journaliste démocrate et patriote. Militant disponible et passionné, il a sillonné les provinces du Burkina, animant des conférences et sensibilisant les populations sur les droits humains. Ecrivain engagé, il a, dans ses romans « Le Parachutage » et « Rougbenga », dénoncé les brutalités et sévices infligés à nos populations pendant la période coloniale, de même que les pouvoirs dictatoriaux d’après indépendances.

Au plan professionnel, Norbert ZONGO a poussé le journalisme d’investigation à un niveau jamais égalé dans notre pays, mettant au grand jour et dénonçant notamment les pratiques mafieuses, ainsi que les trafics sordides opérés sous le pouvoir de la 4ème République. Sa détermination à faire la lumière sur des cas de violations de droits humains, notamment sur les crimes de sang et crimes économiques dérangeaient le pouvoir de la 4ème République et la mafia burkinabè. Malgré les intimidations et pressions diverses, les tentatives de corruption et menaces de mort, Norbert ZONGO a persisté dans ses enquêtes jusqu’à cet après-midi fatidique du 13 décembre 1998 où il a été lâchement assassiné et brûlé, lui et ses compagnons d’infortune, Ernest ZONGO, Blaise ILBOUDO et Ablassé NIKIEMA. Norbert ZONGO enquêtait alors sur l’affaire David OUEDRAOGO, chauffeur de François COMPAORE, frère cadet du Chef de l’Etat Blaise COMPAORE, mort sous les tortures de militaires de l’ex-RSP.

L’assassinat de Norbert ZONGO a provoqué un sursaut national patriotique et salvateur du peuple burkinabè, qui a alors engagé une croisade sans merci contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques et pour les libertés démocratiques au Burkina.

Conduite par le Collectif et la CCVC, la lutte de notre peuple a contribué à l’élargissement des espaces de libertés ainsi qu’à l’éveil de consciences de nos populations, fragilisant le pouvoir de la 4ème République et conduisant à d’importantes luttes victorieuses, dont l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la résistance héroïque contre le coup d’Etat de septembre 2015.

Compagnons de lutte,

Une année après l’insurrection populaire, où en est-on dans le traitement du dossier Norbert ZONGO, dossier symbole de la lutte contre l’impunité des crimes politiques dans notre pays ?

Le 13 décembre 2014, à cette même place et à l’occasion de la commémoration du 16ème anniversaire des assassinats de Sapouy, le Collectif et la CCVC estimaient qu’après le départ forcé de Blaise Compaoré, des conditions étaient créées pour travailler à la manifestation de la vérité et à l’exercice correct de la justice sur les nombreux dossiers de crimes économiques et de sang impunis, en particulier celui du journaliste Norbert ZONGO .

Camarades,

Qu’il vous souvienne qu’en ce 13 décembre 2014, le premier ministre Yacouba Isaac ZIDA lui-même, présent à cette même place de la Révolution et s’adressant personnellement aux militants et au peuple burkinabè, avait promis que lumière serait faite sur l’affaire Norbert ZONGO et que justice lui serait rendue.
L’espoir d’un traitement sérieux et diligent du dossier sera soutenu par l’annonce faite par le Chef de l’Etat le lendemain 14 décembre 2014, que « tous les dossiers seront rouverts », en l’occurrence le dossier Norbert ZONGO.

Mais alors camarades, une année après et à quelques semaines de la fin de la période de transition, où en sommes-nous ?

Après l’annonce de la réouverture du dossier en décembre 2014, il a fallu attendre 4 mois, soit le 30 mars 2015, pour que le procureur général fasse une requête officielle au nouveau juge d’instruction nommé le 08 mars 2015, pour l’ouverture effective du dossier Norbert ZONGO.

Camarades,

Nous devons donc poursuivre la lutte car elle commence à payer. Il y a de cela trois jours en effet, nous avons appris, par les soins des avocats des ayants-droits et du MBDHP, l’inculpation de trois éléments de l’ex-RSP, dans le cadre du dossier Norbert ZONGO. Il s’agit du soldat Christophe KOMBACERE, du caporal Wampasba NACOULMA et du sergent Banagoulo YARO.

Pour autant, camarades et compagnons de lutte, devrions-nous nous contenter de ces toutes récentes inculpations et aller nous coucher ?

Poursuivons donc la lutte camarades, en ayant également à cœur les dossiers DABO Boukary, Guillaume SESSOUMA, Flavien NEBIE, Salifou NEBIE et ceux des martyrs de l’insurrection et autres restés en souffrance, jusqu’à ce que viennent s’ajouter les dossiers des victimes du putsch du 16 septembre 2015.

Camarades militants et militantes, Compagnons de lutte,

Comme l’a si bien relevé la CCVC dans son message d’interpellation le 21 novembre 2015, il est un fait, indéniable, que la question de l’impunité n’a véritablement pas constitué une préoccupation majeure pour le pouvoir de transition. Ainsi, aucun des nombreux dossiers de crimes qui ont alimenté la crise sociale ayant conduit à la chute du pouvoir de la 4ème République n’aura connu une issue sous la transition.

Camarades, compagnons de lutte !

A présent, et après les élections couplées du 29 novembre 2015, le peuple burkinabè a le regard tourné vers le nouveau gouvernement qui sera bientôt installé. Au cours de la campagne présidentielle ayant précédé ces élections, nombreux sont les candidats, et en particulier celui du MPP, Roch Marc Christian KABORE, qui ont promis de s’attaquer à l’impunité au Burkina une fois élus. A quoi donc devrions-nous nous attendre ? A un changement réel ou alors à un changement dans la continuité, comme le redoutent bien de citoyens et d’observateurs et acteurs de la scène politique et sociale ?

En tout état de cause, se fondant sur l’esprit et la lettre de l’adresse qu’ils ont transmis aux candidats lors de la campagne électorale, le Collectif et la CCVC espèrent que le nouveau gouvernement fera de la lutte contre l’impunité une de ses priorités.

Camarades, compagnons de lutte !

L’impunité a la peau dure certes, mais le peuple héroïque du Burkina, avec méthode et persévérance, poursuivra vaille que vaille la lutte, afin qu’à terme l’impunité soit liquidée ici, au Burkina. Car sans justice, il n’est point d’égalité devant la loi. Sans vérité et justice, il est difficile, voire impossible de concevoir une paix des cœurs. Et sans paix des cœurs, il est difficile, voire impossible d’aspirer à une réconciliation véritable.

En conséquence, le Collectif et la CCVC insistent sur le fait que ce qui comptera le plus pour la suite, c’est la mobilisation des militant(e)s et sympathisant(e)s. C’est pourquoi ils vous invitent à rester mobilisés et déterminés pour toute suite éventuelle à donner à la lutte, eu égard à l’attitude du nouveau gouvernement sur les dossiers de crimes impunis en général, et sur celui de Norbert ZONGO et de ses compagnons en particulier.

Instruction sérieuse du dossier Norbert ZONGO et compagnons !

Vérité et Justice pour les martyrs d’octobre 2014 et ceux de septembre 2015 !

Vérité et Justice pour DABO Boukary, Guillaume SESSOUMA, Flavien NEBIE, Salifou NEBIE, Oumarou Clément OUEDRAOGO et toutes les victimes de crimes de sang impunis !

N’AN LAARA, AN SAARA !

Ouagadougou, le 13 décembre 2015

Pour les Coordinations Nationales
Le Président du Collectif
Chrysogone ZOUGMORE, Président du MBDHP

P/Le Président de la CCVC
Bassolma BAZIE, Secrétaire Général de la CGT-B

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