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Proverbe du Jour : “Il faut penser tout ce qu’il y a de pensable dans l’impensable” De Vladimir Jankélévitch

Françoise Toé

Indépendante

Publié le vendredi 6 novembre 2015 à 19h46min

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Françoise Toé

Candidat du Mouvement de Libération Nationale
Françoise Toé
Expert-Comptable
Né le (ans)
Situation de famille :

Biographie officielle de Françoise TOE

Native de Toma, dans le Nayala, j’ai une solide expérience dans le militantisme politique. Même si je n’ai jamais occupé des postes de responsabilité, j’ai toujours été active dans le mouvement étudiant, et avec les femmes du Mouvement de Libération National (MLN), ensuite de l’Union Progressiste Voltaïque (UPV), du Front Progressiste Voltaïque (FPV), nous battions ensemble la campagne lors des élections.

Après l’école primaire à Toma, titulaire d’une bourse de l’Etat, je suis inscrite au collège de Jeunes Filles de Tounouma, (puis je passe un an à Nasso) et j’obtiens le Brevet d’études, avant de migrer à Ouagadougou pour le lycée Notre dame de Kologh-Naba.

Admise au baccalauréat Série A4, je m’inscris en Droit à l’Université du Bénin à Lomé (Togo), ouverte dans l’urgence pour accueillir les étudiants qui avaient été expulsés de l’université d’Abidjan en 1970 à la suite d’une grève attribuée aux étudiants d’extrême gauche, agents du communisme en terre ivoirienne.
Il manquait de structures pédagogiques et d’accueil à Lomé, aussi, à la fin de la première année, je suis partie continuer à Poitiers, en France où j’ai obtenu une maitrise en Droit Privé option Droit des Affaires. Je n’avais aucune idée fixe sur le métier que je souhaitais exercer quand un ami togolais m’apporta une coupure de presse présentant l’expertise-comptable comme un métier d’avenir. Quand j’ai lu l’article, j’ai compris tout de suite que c’est exactement ce que je voulais faire (et je suis maintenant à la tête d’un cabinet d’une vingtaine de salariés à Ouaga, avec des représentations à Bamako et à la Verrière, dans les Yvelines en Région parisienne).
Je m’inscris alors en comptabilité à Orléans, y décroche le diplôme et rentre au pays en 1976.

Je commence à travailler dans un Bureau d’Etudes et à la Banque Nationale de Développement (BND) tout en suivant des cours par correspondance, mon ambition étant d’obtenir le titre d’Expert-Comptable. En 1981, je valide mon année, mais il me faut faire un stage obligatoire de trois ans, avant de décrocher le parchemin. Par chance, un Expert-Comptable en France est disposé à me recevoir pour un an, les deux années de stage restantes pouvant être effectuées en Haute Volta aujourd’hui Burkina.

Mais, mes supérieurs et certains de mes collègues ne voient pas d’un bon œil mon projet. Souvenirs amères : Le directeur administratif et financier a donné un avis favorable, de même que la direction générale. Mieux, mes supérieurs avaient même promis de créer un poste de contrôleur de gestion que j’occuperai à mon retour. Malheureusement, il y a eu un changement de direction avec l’arrivée de Monsieur Talata Dominique Kafando. Mes collègues lui ont indiqué que j’ai manipulé son prédécesseur et qu’ils ne sont pas d’accord que je parte en stage. Ils l’ont convaincu et il m’a appelée pour me dire qu’il n’allait pas signer les documents. Je lui ai expliqué que la BND n’a rien à débourser, mais il a refusé. J’ai alors demandé une mise en disponibilité d’un an, m’engageant à revenir, ce qu’il a également refusé, en disant que ce n’est pas prévu dans les statuts de la banque. Avec la volonté qui caractérise une « Samo », je ne renonce pas à réaliser mon projet.

C’est alors que l’on me signifie clairement que je serai considérée comme démissionnaire, une menace que la direction n’a pas tardé à mettre à exécution en m’envoyant une lettre récapitulative de mes droits et un certificat de travail, pas assez pour me dissuader ! J’avais déjà vendu ma voiture et les biens de la famille et je débarque le 8 janvier 1982 à Vannes, dans le Morbihan (Ouest de la France) à un jour près de la clôture des inscriptions.
Je suis alors partie pour exécuter mon stage, et au lieu d’une année, je suis restée trois ans parce que, à l’époque, quand on était résident à l’étranger, on devait faire un an en France et deux ans dans son pays d’origine.
Mais comme j’étais maintenant en France, qu’on m’avait licenciée, que je n’avais plus d’emploi, j’ai profité faire venir mes enfants. A la fin du stage et le diplôme obtenu (je suis Expert-Comptable Diplômée, Maitre en Droit des Affaires), je ne pouvais toutefois pas m’inscrire à l’Ordre des Experts-Comptables, le métier étant réservé aux nationaux français.

Pour les étrangers, il fallait une autorisation du Ministre français du Budget, une enquête de moralité et le tout pouvant prendre trois ans avant d’avoir une réponse.
En attendant, je travaille comme salariée et en 1991, je rentre ouvrir un cabinet au Burkina, une aventure qui a failli mal tourner. La clientèle se fait rare et certains ne sont pas loin de penser que je ne suis que la vitrine (comme si je n’étais qu’un prête-nom), les vrais patrons du cabinet étant tapis dans l’ombre.
Découragée, je pense à tout arrêter, déclarer la faillite quand par miracle, un cabinet international à la recherche d’un partenaire au Burkina, et qui avait entendu parler de moi, appelle au bureau et demande à parler à Mme Sawadogo, mon nom d’épouse à l’époque. Une opportunité que j’ai bien saisie et qui m’a décidée à rester au Burkina, même après que j’aie obtenu en 1994 l’autorisation d’exercer en France.
Plus tard, j’ouvrirai un bureau en France, puis à Bamako en 2010 et depuis lors, je fais en permanence, le triangle Ouaga-Paris-Bamako.
Les affaires marchent normalement et j’ai des collaborateurs qui sont compétents, ce qui me laisse le temps de m’occuper par moment de mes petits-enfants et me consacrer à l’activité politique en prêchant la bonne parole du socialisme, mais aussi à l’activité agricole une autre de mes passions.
Je suis militante du PDP/PS et l’ai toujours été depuis le MLN, cela même si, durant la révolution, le Front Progressiste Voltaïque (FPV), [l’ancêtre du PDP/PS], était dans la clandestinité et ses cadres brimés. Le Professeur Joseph Ki Zerbo était réfugié à Dakar.

Je n’ai pas vécu la période révolutionnaire, mais je suis restée fidèle au Parti.
Le M LN est une formation politique créée, le 25 Août 1958 à Dakar au Sénégal par un groupe de cadres et d’étudiants adhérant au socialisme et au panafricanisme.

Ce mouvement est transformé en partis politiques dans les pays d’Afrique. Le Professeur Joseph KI ZERBO dirigea celui du Burkina Faso.

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