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Changements anticonstitutionnels : Plus jamais ça au Faso !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • • vendredi 25 septembre 2015 à 23h08min
Changements anticonstitutionnels : Plus jamais ça au Faso !

Les changements anticonstitutionnels ont des effets néfastes sur le pays. Le Burkina Faso est bien placé pour le savoir. Les coups de forces d’octobre 2014 et septembre 2015 ont causé de nombreuses pertes en vie humaine, matérielles et un recul pour le pays. Il est donc temps de mettre fin à cette pratique, une fois pour toutes.

Le Burkina Faso a connu deux coups de force en une année. La tentative de modification de l’article 37 de la Constitution afin de permettre au président d’antan, Blaise Compaoré, de se représenter a conduit le pays dans une situation difficile. Le bilan est sans appel : 24 morts, 625 blessés, 274 cas d’atteinte aux biens publics et privés. Et un recul en termes de stabilité politique et de cohésion sociale. L’évaluation financière des pertes est d’environ 200 milliards de francs CFA.

Alors que le pays pleurait encore ses morts des 30 et 31 octobre 2014, et s’apprêtait à organiser des élections qui doivent mettre la fin à la transition, un autre coup de force intervient. Là aussi le vaillant peuple du Faso s’est levé comme un seul homme pour dire non au coup d’Etat. Le peuple dans son ensemble a refusé qu’on l’on mettre fin et de façon brutale au processus électoral qui entrait dans une phase déterminante. Celle-ci devant ouvrir une autre ère pour le Burkina Faso. Malheureusement le peuple a encore enregistré des pertes en vies humaines. 15 morts, 114 blessés, c’est le bilan dressé par la Coordination des Associations pour l’Assistance et le Secours Populaire à la date du 22 septembre 2015.

Deux coups de force soldés par des échecs

Deux situations qui résultent d’une volonté de passage en force. Ces deux coups de force n’ont rien produit de positif pour leurs initiateurs. Ils n’ont jamais atteint leur objectif. La tentative de modification de l’article 37 s’est soldée par un départ précipité de Blaise Compaoré. Alors qu’il demandait cinq ans de plus ou plus que cela, il a été contraint de démissionner avant même la fin de son mandat. Blaise Compaoré est alors forcé de vivre en exil après avoir passé 27 ans au pouvoir. Il laisse derrière lui un parti politique qui vivote et des proches collaborateurs dans le collimateur de la justice burkinabè. Lui-même n’est pas épargné par certains dossiers pendants comme ceux du journaliste Norbert Zongo et le président Thomas Sankara.

Le deuxième coup de force est celui du général de brigade Gilbert Diendéré. Parmi les objectifs du coup d’Etat de l’homme du renseignement figurait certainement la remise en selle du parti de Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et bien sûr le maintien du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dont il est le « commandant historique ».

Là aussi c’est peine perdue. Il a démontré à la face du monde entier, à son corps défendant, que le RSP est un danger pour le pays. Donnant ainsi raison à ses détracteurs, à ceux qui militaient pour sa restructuration ou sa dissolution pure et simple. Dans sa première intervention, le CDP n’a pas condamné l’action du RSP. « Non, je ne la condamne pas du tout. Je ne sais quelle en est l’ampleur, mais je ne la condamne pas », a répondu un membre du bureau exécutif du CDP sur France24. Le CDP a-t-il soutenu le coup d’Etat du RSP ? La réponse importe peu parce que le résultat est le même pour les deux. Le désarmement du RSP a commencé plus tôt que prévu et les candidatures invalidées ne seront pas repêchées. Et le CDP a encore « perdu des points » alors qu’il tentait de se relever. Là aussi, le coup d’Etat est un échec pour les initiateurs.

Rejeter définitivement les coups d’Etat

S’il y a des leçons à tirer, l’une d’elle serait qu’au Burkina Faso, les coups d’Etat relèvent d’un siècle passé. Les autorités politiques et militaires devraient savoir qu’il faut mettre un terme à cette façon de prendre le pouvoir, par les armes. En une année, les deux hommes les plus forts du Burkina, au mépris du peuple, ont tenté à deux reprises de faire un passage en force. A deux reprises, ils ont échoué, lamentablement !

Il est donc temps de dire « plus jamais ça » ! Plus jamais de coup d’Etat dans ce pays, plus jamais du sang versé à causes des intérêts égoïstes d’hommes politiques ou de militaires. Que chacun, politiciens, militaires, société civile, travaille dans l’intérêt dans la nation. Et surtout les limites que lui confère la loi.

Chacun doit maintenant travailler à restaurer la paix et la cohésion sociale pour l’édification d’un Burkina nouveau.

Judicaël Gaël Lompo
Lefaso.net

http://www.lefaso.net/spip.php?article61667
http://news.aouaga.com/h/38887.html
http://www.lefaso.net/spip.php?article67050

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