Situation nationale : La séquestration de trop…
« Libérez-Kossyam » ! C’est le mot d’ordre observé par les Ouagalais après la séquestration par des éléments du RSP du président Michel Kafando, du Premier ministre Yacouba Isaac Zida et deux ministres, dans l’après-midi du 16 septembre 2015. Partis de la place de la révolution, les manifestants ont tenté de rallier Kossyam par le Boulevard France-Afrique. Mais très vite, ils seront dispersés par les hommes en tenue « léopard » dans les environs de Palace Hôtel. La petite insurrection sera anéantie. Mais le baromètre demeure au rouge.
Tout a commencé par des rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux, peu avant 15h, et faisant état d’une prise d’otage de Michel Kafando et de Yacouba Issac Zida. Très vite, les Burkinabè s’affolent. Les appels téléphoniques fusent de partout pour confirmer ou infirmer la nouvelle. Le doute se dissipera lorsque les médias seront conviés pour entendre une déclaration du président du CNT.
Le CNT condamne
Les choses se précisent peu à peu ! Dans la salle d’audience, où il avait reçu dans la matinée une délégation conjointe des Nations unies et de l’Union africaine venue féliciter la transition, Cheriff Sy était attendu par une armada de journalistes. On lisait l’inquiétude sur les visages même si par moments une blague sortait çà et là pour détendre l’atmosphère.
Après plus d’une demi-heure d’attente, un conseiller du président vient livrer une déclaration dans laquelle, Cheriff Sy condamnait avec la dernière énergie la séquestration des autorités. L’essentiel de l’information y est mais elle n’a pas étanché la soif des journalistes. Quelques minutes plus tard, on les informe que le président du CNT est en lieu sûr. Le « quatrième pouvoir » est alors invité à se rendre sur la place de la révolution ou au niveau de l’échangeur de Ouaga 2000 où se trouvent des manifestants et des députés, décidés à « défendre la mère Patrie ».
Manifestants dispersés
Le mot d’ordre est lancé et respecté même si le musellement de certaines stations-radios a commencé. L’affront du RSP commence à prendre des proportions inattendues lorsque des tirs biens nourris déchirent le ciel dans le but de disperser les manifestants parmi lesquels certains députés qui étaient prêts à en découdre avec le RSP. « Même si nous allons mourir, nous irons aux élections…on ne prend pas le pouvoir par les armes mais par les urnes », nous a lancé le président du mouvement pour le progrès et le changement.
Les manifestants finiront par se disperser. De Ouaga 2000 à la Patte d’oie, ça courrait dans tous les sens. On murmurait que le RSP avait orchestré un coup d’Etat à moins d’un mois des élections et à seulement trois jours de la campagne présidentielle. Partout c’était la confusion.
Très vite, la communauté internationale, des leaders politiques et mouvements syndicaux condamnent cette « prise d’otage de la transition » qui présage un futur incertain quant à la bonne marche des élections.
Espérons que ce jeu de chat et de la souris prendra fin et les citoyens ont le regard tourné vers la Haute hiérarchie militaire.
Herman Bassolé
Lefaso.net

