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Les plantes aquatiques envahissantes, une gangrène pour le barrage de Boudiéri.

Accueil > Actualités > Environnement • • mercredi 16 septembre 2015 à 00h02min
Les plantes aquatiques envahissantes, une gangrène pour le barrage de Boudiéri.

Le barrage de Boudiéri est régulièrement menacé d’envahissement par des plantes aquatiques invasives. La population de Boudiéri avec l’appui de l’Agence de l’Eau du Gourma (AEG) a mené du 25 au 29 mai 2015 une opération de nettoyage. .

Les plantes aquatiques invasives, sont à l’origine de problèmes récurrents dans l’espace de compétence de l’AEG. Depuis plusieurs années, elles représentent une menace réelle car elles contribuent considérablement à la diminution de la qualité de l’eau des retenues.
Les plantes aquatiques invasives sont des plantes qui ont la capacité de coloniser rapidement une zone et de se

propager très loin des plants parents, tout en laissant la possibilité à d’autres espèces de cohabiter, voire de leur succéder.
Les causes de la prolifération de ces plantes aquatiques envahissantes sont liées :
- soit à un milieu physique dégradé (aménagement du lit, des berges),
- soit à une pollution ou une perturbation chimique des eaux ou des sédiments
- soit à une dégradation de la qualité de l’eau (présence d’éléments nutritifs en grande quantité).
Le développement des plantes envahissantes n’est pas sans conséquences, il a des impacts à divers niveaux à savoir :
- Impacts sur les activités

humaines : gènes pour la pratique de la pêche, l’Agriculture etc… avec les incidences économiques qui en découlent,
- Nuisances écologiques : vis-à-vis de la biodiversité : concurrence envers les espèces indigènes peu compétitives pouvant aller jusqu’à entraîner leur disparition,
- dégradation de la qualité du milieu, et notamment de la qualité de l’eau : pénétration moindre de la lumière, déficit en oxygène notamment la nuit (phénomène de respiration végétale sans photosynthèse) —Incidences hydrauliques : création de bouchons hydrauliques entraînant une perturbation localisée des écoulements, voire une augmentation ponctuelle des niveaux d’eau.
Il existe cependant plusieurs méthodes de destruction de ces plantes invasives. On peut citer :
- La méthode manuelle, qui consiste en l’arrachage des plantes sans recours à des engins moteurs ;
- La méthode mécanique, qui consiste soit en l’arrachage de la plante à l’aide d’engins mécaniques soit, au curage du plan d’eau ;
- La méthode physique qui consiste au comblement partiel ou total du plan d’eau par des terres ;
- La méthode chimique qui consiste à appliquer un herbicide, généralement par pulvérisation directe des plantes ;
- La méthode biologique qui consiste à lâcher dans le milieu un organisme qui va consommer la plante invasive et réduire, à terme, les populations.
La question des plantes envahissantes, compte tenu de ses implications environnementales, sociales, et économiques, et compte tenu des contraintes techniques et financières d’éradication doit être abordée de façon participative, en incluant les collectivités, les associations, les ONGs et les structures administratives compétentes.
Actuellement au Burkina Faso, il n’existe pas un dispositif formel de lutte contre la prolifération des plantes envahissantes. Les actions menées se font généralement par la méthode manuelle.
Cette méthode offre l’avantage de détruire immédiatement les plantes afin de permettre aux populations locales de continuer à mener leurs activités. Elle offre également l’opportunité de mobiliser les populations en vue de leur sensibilisation à la protection des retenues d’eau. Mais la méthode manuelle ne présente pas que des avantages. Elle est très couteuse en main d’œuvre et parfois très laborieuse. C’est une méthode qui doit être réitéré plusieurs fois car le résultat n’est pas pérenne.
A Boudiéri, les plantes envahissantes du barrage sont constituées d’une seule espèce : le Persicaria senegalensis (persicaire du Sénégal) appelé« koublougou » en langue gourmantché. De la famille des polygonacées, elles appartiennent au genre persicaria qui comprend environ 150 espèces. La persicaire du Sénégal originaire de l’Afrique est une plante terrestre et d’eau douce qui se rencontre généralement dans les milieux humides en bordures des étangs, des rivières, ravines et fossés.
C’est une plante herbacée vivace au port érigé pouvant atteindre trois (03) mètres de haut. Elle est polymorphe c’est-à-dire qu’elle peut prendre plusieurs formes. C’est également une espèce à développement rapide qui constitue une vraie menace pour la biodiversité du milieu qu’il colonise.
Le Persicaria senegalensis a colonisé une grande partie de la cuvette du barrage de Boudiéri sur au moins deux (02) hectares.
Fort de tous ces constats la Direction Générale de l’Agence de l’Eau du Gourma (DGAEG) en collaboration avec la Direction Provinciale de l’Environnement et des Ressources Halieutiques de la Tapoa (DPERH-Tapoa), le Service Départemental de l’Environnement du Kantchari et les populations riveraines du barrage de Boudiéri a entrepris des travaux de destruction de ces plantes envahissantes par la méthode manuelle. L’activité, qui s’est déroulé du 25 au 29 mai 2015, a connu une forte mobilisation de la population locale avec une participation importante des femmes.

Contact :

Agence de l’eau du Gourma
Site web : www.eaugourma.bf
Email : Info@eaugourma.bf
Tel : 24 77 68 17

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