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SYNATEB : "Le gouvernement roule les syndicats dans la farine"

Accueil > Actualités > Opinions • • vendredi 25 mars 2005 à 09h05min

Par le biais de cette déclaration sur les nouvelles mesures des concours professionnels, le bureau national du Syndicat national des travailleurs de l’Enseignement de base relève des contradictions dans les dires et les actes du gouvernement.

"Militantes et militants, sympathisantes et sympathisants du SYNATEB,
camarades travailleuses et travailleurs de l’éducation de base,

Le Bureau national du SYNATEB, à travers sa déclaration du 4 juillet 2004, vous informait de sa non participation à la commission de relecture de la loi 013/AN/ du 28 avril 1998 portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la Fonction publique, unilatéralement décidée par le gouvernement de la IVe République pour les raisons suivantes :

1°) Les syndicats n’ont pas eu connaissance de l’avant-projet de relecture du gouvernement. Si ce document avait été remis aux syndicats, cela nous aurait permis d’en faire une étude sérieuse afin de voir si la relecture prend en compte réellement les intérêts des travailleurs. Sinon l’approche du gouvernement qui consiste à reverser tous les documents au niveau de la commission pour que chaque partie se batte pour faire prendre en compte ses préoccupations, n’est que la meilleure façon de rouler les syndicats dans la farine. Ce qui est sûr, tous les articles clés resteront en l’état.

2°) L’un des principaux points de discorde entre le gouvernement et les syndicats est la contractualisation des fonctionnaires. Il est bon que tout un chacun sache d’ores et déjà que depuis l’entrée en vigueur de la loi n°013 en 1998, la plupart des nouveaux agents recrutés par la Fonction publique sont des contractuels. Petit à petit, tous les travailleurs ne seront que des contractuels de l’Etat, taillables et corvéables à merci. Et pendant que le gouvernement met l’accélérateur sur la décentralisation et la définition des emplois afin de contractualiser massivement les fonctionnaires, il veut endormir les consciences des travailleurs à travers une semblante relecture de la loi.

Acceptera-t-il de sauter le verrou de la contractualisation qu’il dit être son option politique ?
3°) Le gouvernement tient à ce qu’il n’y ait pas de troubles dans le pays jusqu’à la tenue du sommet extraordinaire de l’Union africaine ( UA) sur l’emploi à Ouagadougou, au mois de septembre 2004. Pour tromper l’opinion internationale sur les difficultés réelles que vivent les travailleurs burkinabè et s’assurer d’une véritable quiétude pendant toute la période, il prend les syndicats au dépourvu en leur proposant une période de deux (02) mois pour relire la loi, une autre manière de tromper leur vigilance.

Pour l’émancipation des travailleurs

C’étaient là quelques raisons parmi tant d’autres qui ont motivé notre décision. Nous disions à l’époque que nous tenions à l’œil tous ceux qui y prendraient part, car la majorité des syndicats de la Fonction publique avaient pris leur distance et étaient en état de veille. Nous soutenions que dans tous les cas, nous continuerions de nous battre jusqu’à l’obtention d’une loi qui soit véritablement favorable à l’émancipation des travailleurs.

Aussi, contrairement aux propos du ministre de la Fonction publique, faisant croire que tous les syndicats ont signé un moratoire de cinq (05) ans pour les concours professionnels, nous tenions à relever avec force que le SYNATEB n’avait jamais signé un tel document. Nous avons plutôt marqué notre constance dans le rejet de la loi. Nous interpellions le ministre afin qu’il porte à notre connaissance lesdits signataires pour éviter de semer la confusion dans les esprits.

C’est justement à cause de tous ces marchés de dupes que nous tenions à nous mettre en marge de telles manipulations.
Aujourd’hui, l’Histoire nous donne entièrement raison après la relecture. En effet, selon le compte rendu du Conseil des ministres du 16 mars 2005, le gouvernement a adopté un projet de décret modificatif des dispositions du décret n°103/PRES/PM/MFPDI/MEF du 29 avril 1999 portant modalités d’organisation des examens et concours par rapport aux conditions d’âge et de diplôme exigées.
En attendant d’entrer en possession de ce nouveau décret, celui-ci dispose, toujours selon le Conseil des ministres, que le Bac ou le BEPC ne sera réclamé qu’aux seuls agents recrutés après son entrée en vigueur, c’est-à-dire ceux recrutés en 1999.

Camarades,
L’année dernière, lorsque le gouvernement avait annoncé les nouvelles conditions de candidature exigeant le Bac comme condition de candidature à l’accès à la catégorie A de la Fonction publique, l’ensemble des syndicats dudit ministère avait fait observer qu’il ne pouvait en aucune manière exiger le Bac à des agents qui ont été recrutés sur la base du BEPC.

Cette prise de position unanime et courageuse en faveur de la défense des intérêts des travailleurs avait été très positivement appréciée et saluée par l’opinion nationale. Mais qu’est-ce qui a pu motiver les syndicats ayant participé à la relecture, à "lâcher" les contractuels recrutés à partir de 1999 ?
Nous pensons qu’eux seuls pourront expliquer aux travailleurs le bien-fondé de cette attitude.

"Pure diversion"

Les arguments développés par le ministre de la Fonction publique, tendant à faire croire que l’introduction du Bac comme condition de candidature ne vise que la recherche de l’excellence, n’est que pure diversion. Le profil attendu des élèves- fonctionnaires dépend exclusivement de la formation reçue dans les écoles de formation professionnelle. Au lieu de réformer les écoles professionnelles dont les programmes de formation n’ont pas grand-chose à voir avec les profils attendus, Monsieur le ministre s’en prend à des innocents et fait d’eux des boucs émissaires.

Que pense Monsieur le ministre, des Instituteurs certifiés qui, sans le Bac, arrivent à se classer parmi les 250 élèves-instituteurs principaux ou parmi les 100 élèves-inspecteurs de l’Enseignement du premier degré ? Peut-il dire qu’ils sont incompétents, alors qu’ils ont concouru avec des milliers de candidats dont certains sont bardés de diplômes universitaires mais qui échouent ?
Le relèvement de l’âge limite de candidature aux examens et concours professionnels de 45 à 47 ans, et celui de l’entrée dans la Fonction publique, de 35 à 37, ne sont qu’une conséquence logique du relèvement de l’âge d’admission à la retraite.

Camarades, « Nul n’a le droit d’être heureux tout seul ». C’est pourquoi le SYNATEB invite l’ensemble de ses militants à se mobiliser pour faire échec à cette loi égoïste, ségrégationniste, antisociale et anti - travailleur dans le sens du rétablissement de la justice sociale. Si le gouvernement veut réellement imposer le Bac comme condition d’accès aux emplois de la catégorie A, qu’il recrute des enseignants avec le niveau Bac .
En tout état de cause, le SYNATEB exhorte tous les travailleurs de l’éducation de base à se tenir prêts pour les actions futures et pour tout mot d’ordre que commanderait l’évolution de la situation.

NON à une Fonction publique à double vitesse.
NON à la marginalisation des agents contractuels.
Tous unis et déterminés, nous vaincrons !"

Pour le Bureau national

Le Secrétaire général

Tahirou TRAORE

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