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Dr. Lakhdar Boukerrou, Directeur régional de USAID WA-WASH : « Nous avons de très bons résultats »

Publié le vendredi 27 février 2015 à 09h27min

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Dr. Lakhdar Boukerrou, Directeur régional de USAID WA-WASH : « Nous avons de très bons résultats »

Nous avons échangé, en marge du deuxième forum national de l’eau, avec le coordonnateur de l’USAID Afrique de l’Ouest pour l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène (USAID WA-WASH), Dr Lakhdar Boukerrou. Il aborde dans cet entretien, la participation au forum de USAID WA-WASH, ses actions sur le terrain.

Lefaso.net : Quels sont les pays et domaines d’intervention de WA-WASH ?

Dr. Lakhdar Boukerrou : Nous travaillons non seulement au Burkina, mais aussi au Ghana et au Niger. Notre programme se focalise principalement sur cinq axes : l’eau, l’hygiène, l’assainissement, la sécurité alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques. Nous avons aussi des volets qui sont transversaux comme le genre, l’incorporation du genre dans toutes nos activités et aussi le développement des capacités à différents niveaux. Depuis les communes jusqu’aux décideurs au niveau national.

Quelles sont vos réalisations en matière d’eau et d’assainissement ?

En matière d’eau et d’assainissement, notre objectif, c’est de travailler avec les différentes communautés à mettre à leur disposition des technologies à faibles coûts et qui viennent du Burkina. C’est-à-dire que nous avons formé des gens ici au Burkina à fabriquer par exemple des pompes à corde, des pompes à pédale, des filtres, des lave-mains, des filtres, etc. pour que les populations aient accès à l’eau potable. Nous avons aidé à développer des entreprises locales, à Ouagadougou, à Koudougou, à Boromo qui fabriquent ce matériel qui a un coût très raisonnable. La pompe à corde coûte à peu près 56 000 francs CFA et est quand même abordable. Nous nous sommes dit qu’il faut penser aussi aux gens qui n’ont pas accès à l’eau potable et qui n’ont pas suffisamment d’argent pour se permettre ces technologies ou d’autres infrastructures comme le forage qui coûte 15 000 dollars. Pour ce faire, nous avons développé toute une chaîne de distribution de comprimés pour traiter l’eau à domicile. Ces comprimés, nous les distribuons à travers 900 vendeurs au niveau de plusieurs régions. Ces comprimés coûtent 10 F la pièce et chaque comprimé traite vingt litres d’eau. Il faut se dire que la personne qui n’a pas accès aujourd’hui à l’eau potable, ne peut pas attendre qu’on vienne lui installer un forage dans une année, deux années, trois années, quatre années ou cinq années. Vous avez entendu ce matin les enfants parler de diarrhée, ce sont de vrais problèmes. Il faut donc trouver des solutions innovantes qui ne coûtent pas chères et qu’on peut mettre en place tout de suite, en attendant qu’on ait le forage, l’adduction en eau potable. Et nous avons aussi travaillé avec d’autres partenaires techniques et financiers quand c’était possible pour la mise en place d’adduction d’eau potable comme la région de Dori où nous avons amené de l’eau à plusieurs villages à travers des adductions d’eau potable, des bornes fontaines, avec 4 000 personnes. Nous avons jusqu’à présent nous avons de très bons résultats en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Et vos résultats en matière d’accès à l’assainissement ?

En matière d’accès à l’assainissement, c’est la même stratégie c’est-à-dire qu’on met à la disposition des personnes au niveau du village le matériel pour construire les latrines. Dans tout ce que nous faisons, nous ne payons pas 100% parce que les gens doivent contribuer, même si c’est pour creuser la fosse. Nous, nous subventionnons une partie et eux ils paient pour une autre partie. Donc, dans les villages où nous intervenons, que ce soit dans la région de la Boucle ou dans la région de l’Est du pays, c’est une subvention que nous avons au programme, que ce soit directement nous-mêmes, avec nos partenaires locaux comme EAA où nous avons planifié de construire des centaines de latrines et dans le programme à l’Est du pays avec notre partenaire IRC et une co-subvention de l’Union européenne, nous avons un planning de subvention de 4 500 latrines. Il faut toujours réfléchir à ce que les bénéficiaires peuvent faire pour eux-mêmes, il faut les encourager à se développer, à mettre en place ces choses-là.

En termes de chiffres, combien de personnes avez-vous aidées à avoir accès à l’eau potable et à l’assainissement ?

Je n’ai pas tous les chiffres en tête, mais les résultats atteints sont nettement au-dessus de nos prévisions. Cela parce que nous travaillons avec des partenaires locaux et notre cible, ce sont les populations locales. Au niveau local, c’est d’encourager les gens à se mobiliser pour la construction des latrines, encourager les gens à acheter les comprimés de traitement d’eau à domicile, encourager les gens à s’investir dans les technologies à faible coût pour l’alimentation en eau comme les pompes à corde. Nous faisons donc beaucoup de travail sur le terrain pour encourager et dynamiser les personnes pour que justement ils s’investissent. Nos chiffres sont au-delà de 100% de nos chiffres dans presque tout ce que nous faisons.

Dans le domaine du renforcement des capacités aussi ?

Là aussi nous avons formé plusieurs milliers de personnes. Il y a la formation des formateurs au niveau des universités : 2IE, Université de Ouagadougou. Ensuite, il y a aussi les bourses que nous offrons aux étudiants de ces universités, y comprise Aube Nouvelle, ex-ISIG. Ce programme de bourses est co-financé par la LONAB. Nous acceptons également dans le cadre de ce projet des stagiaires. Nous avons accepté jusqu’à présent plus de 120 stagiaires dans tous les domaines : la communication et relations publiques, l’eau, l’hygiène, assainissement, gestion des projets. Cela contribue au développement des capacités. En outre, nous travaillons dans la formation des décideurs dans la gouvernance de l’eau. Nous avons formé des parlementaires, et d’autres acteurs de la décision au niveau national et local. Nous œuvrons aussi à la formation de fermiers pour la sécurité alimentaire. Bref, nous avons un vaste programme de formation qui touche plusieurs domaines parce qu’il faut avoir une vue d’ensemble et globale du secteur, au lieu de se focaliser sur un seul secteur. Il ne faut plus parler seulement d’accès à l’eau. Pour avoir accès à l’eau, il faut avoir aussi des personnes qualifiées pour gérer au niveau des communes. Et ce sont des milliers de personnes qui nécessaires pour développer le secteur. Il est vrai qu’on a déconcentré les services d’eau. Mais, où sont les personnes au niveau des communes qui gèrent cette question ? A mon avis, ce sur quoi il faut aussi se focaliser, c’est l’investissement dans les ressources humaines.

A quoi répond votre participation à ce forum national de l’eau ?

Notre objectif, c’est de s’assurer que le message que nous avons concernant ces idées que je viens de partager avec vous, passe. C’est partager l’information, partager les connaissances, partager les méthodes. Cela ne veut pas dire que nous avons les meilleures méthodes, les meilleures approches. C’est juste pouvoir partager avec d’autres qui ont aussi d’autres méthodes. Cela va permettre aux participants du forum de sortir avec quelques idées sur les expériences des uns et des autres.

Propos recueillis par Grégoire B. Bazié
Lefaso.net

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