Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Les obstacles sont les choses effrayantes que vous voyez quand vous détournez les yeux de votre objectif. » Henry Ford

Le REN-LAC s’est essoufflé

Accueil > Actualités > Opinions • • mardi 15 mars 2005 à 07h32min

Le REN-LAC a fait un travail énorme dans la lutte contre la corruption. Il en a rendu la divulgation possible. Petit à petit, toute la population du Burkina Faso est devenue consciente que la corruption existe au Burkina Faso et qu’elle est mauvaise pour le pays.

Mais le rôle de la divulgation n’est plus aujourd’hui l’exclusivité de REN-LAC. Par exemple, le PNUD, le Comité national d’éthique (étatique), la HACLC (étatique) publient aussi des rapports sur la corruption, mais toutes ces publications et ces rapports "n’arrivent pas à enclencher un processus de sanctions administratives ou judiciaires" (HACLC).

Il ne s’agit pas uniquement de publier des crimes (la corruption est un crime), il faut aller plus loin. Je suis allé chez le Procureur pour parler de ces rapports publiés. Il m’a dit qu’il ne pouvait réagir sur toutes les publications sur la fraude ; il ne peut même pas toutes les lire et il a complètement raison. Il y a tellement d’écrits dans les journaux !

J’ai parfois l’impression que le REN-LAC a un peu le défaut de beaucoup de Burkinabè : le REN-LAC a peur des "histoires" ; la paix semble plus importante que la vérité.

Même en son sein, le REN-LAC évite les questions épineuses et se tait. Beaucoup de ses membres ne paient pas leur cotisation statutaire. Ils ne sont pas membres d’une commission interne, alors que les statuts disent que chaque membre doit siéger au moins dans une commission.
Le REN-LAC fait quand même un très bon travail, par exemple en ayant produit un film-vidéo sur Norbert Zongo. Le REN-LAC fait aussi de très bonnes enquêtes et parfois même il les publie, par exemple dans le Pays N°3306 du mercredi 2 février 2005, on peut lire : "les tourments d’une chinoise escroquée".

Dans le processus de règlement judiciaire d’une affaire de coups et blessures survenue contre deux Chinois de la place, de l’argent a circulé et les torts n’ont pas été réparés jusqu’à présent. Et ceci se passe à la Justice de Ouagadougou. Il faut quand même de l’audace pour publier un tel rapport. Le REN-LAC sait faire des enquêtes et des dossiers bien ficelés sur la fraude et il les publie parfois.

Depuis plusieurs années, des personnes , même des membres, ont insisté pour que le REN-LAC aille plus loin. Les instituts étatiques sont sous le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et ceux-ci peuvent empêcher un dossier d’avancer. Mais le REN-LAC est indépendant.

Le REN-LAC ne peut pas porter plainte, mais, il y a une méthode pour arriver à un jugement. Je prends un exemple : je me promène dans la rue et je demande le chemin à un monsieur ; au même moment, un camion passe, renverse le monsieur et il meurt. Le camion continue, mais j’ai le temps de prendre le numéro d’immatriculation du camion. Je ne peux pas porter plainte, mais je peux faire un petit rapport sur l’événement, apporter ce rapport au Palais de justice chez le Procureur général et donner des explications supplémentaires.

Le Procureur est obligé de faire une enquête et si l’affaire est concluante, il introduit l’affaire en justice. Le REN-LAC a parfois des dossiers très détaillés, même avec des preuves. Au lieu de seulement publier un dossier, il peut déposer ce dossier chez le Procureur au Palais de justice, et celui-ci est obligé de faire une enquête et d’introduire l’affaire en justice.

Je demande au REN-LAC de se redynamiser, d’aller plus loin dans la lutte contre la corruption. Le REN-LAC en a les moyens. Déposez vos dossiers bien ficelés à la justice.
Entre temps, travaillons pour le développement du Burkina Faso. Consommons burkinabè.

Bonne nouvelle : Au Cambodge, le processus de poursuite pour génocide contre les responsables Khmer rouges qui ont tué plus de deux millions de personnes, va commencer avec l’aide financière de plusieurs pays.

F. BALEMANS,
B.P. 332 Koudougou (frans_balemans)

Vos commentaires

  • Le 17 mars 2005 à 18:00 En réponse à : > Le REN-LAC s’est essoufflé

    Le Père Belmans a parfaitement raison dans sa critique de l’action actuelle du REN-LAC. Je suis de ceux qui sont de tout ceux avec cet organisme très important pour notre pays. Mais si activités étaient pertinentes au début parce qu’il s’agissait d’une première phase de dénonciation pour sensibiliser les gens, il urge qu’elles prennent un aspect plus incisif afin d’amener les tenants à commencer à sanstionner les cas de corruptions. Car il faut savoir que l’état éssaie chaque fois de couper l’herbe sous les pieds du RENLAC et dire "voyez moi je fais quelque chose". La mise en place des nombreuses structures étatiques qui dénoncent la rentre dans cette stratégie. Alors Messieurs du RENLAC amenez-les à juger aussi leurs voleurs.
    J’ai cependant une inquiétude quant aux capacités actuelles du RENLAC a allé plus loin car la structure a été infiltré et noyauté par des forces qui n’ont rien à voir avec la lutte contre la corruption. En effet je me suis laissé dire que le changement survenu à la tête du RENLAC a entrainé la naisance de querelles inetrnes et la mise à l’écart de certains élements de l’ancienne équipe.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso.net TV
 Articles de la même rubrique
Terrorisme : Les populations civiles sont les premières victimes, se désole Boubacar Samba
Burkina Faso : C’est le moment de réussir à construire la cohésion sociale ou périr, estime Elhadji Boubacar
Terrorisme : Un avenir difficile pour le JNIM et l’EIGS
Insécurité : La procédure de flagrant délit est-elle applicable aux actes de grand banditisme ? interroge le magistrat Zakaria Bandaogo
Burkina Faso : Bâtir un nouveau leadership, préconise le journaliste et consultant André Marie Pouya
Burkina : « Pour une réconciliation nationale vraie et sincère, aucun type de justice ne devrait être une fin en soi ! », foi de l’ATR/DI
Renaissance africaine : Un citoyen plaide pour « une Afrique de demain nourrie à la pensée de Cheikh Anta DIOP »
Sommet de N’Djamena : Fin de partie pour les terroristes, exulte Ibrahim Keïta
Limitation des partis politiques : Formons plutôt des « citoyens techniquement compétents et politiquement conscients », avise Ousmane So
Enseignement supérieur : Quelques pistes pour des institutions réellement au service du développement du capital humain
Djihadisme au Sahel : Propagation ou repli ?
Rencontre des pays du G5 Sahel et de la France : La communauté peule du Sahel lance un appel
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés