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Lettre ouverte à monsieur le Premier Ministre et au ministre de l’environnement et du développement durable : A qui appartient le parc animalier de Ziniaré ?

Accueil > Actualités > Opinions • Point de vue • mardi 30 décembre 2014 à 11h19min
Lettre ouverte à monsieur le Premier Ministre et au ministre de l’environnement et du développement durable : A qui appartient le parc animalier de Ziniaré ?

Excellence monsieur le Premier Ministre

C’est avec satisfaction que nous avons appris la décision prise en conseil des ministres de faire la lumière sur la disparition des défenses d’éléphants et de poursuivre les éventuels coupables. C’est la preuve d’un engagement réel de votre département dans la protection du patrimoine naturel. Le peuple tout entier a salué cette décision et est disposé à vous accompagner. Plus rien ne sera comme avant ; c’est dans l’optique de vous accompagner dans votre noble mission que je voudrais par la présente attirer votre attention sur le parc animalier de Ziniaré.

Depuis longtemps, la population du plateau central et partant, de tout le Burkina Faso, se pose plusieurs questions à propos de cette réserve.
Qui est le véritable propriétaire du parc animalier de Ziniaré ?
Pourquoi les droits d’entrée se paient à la mairie de Ziniaré ?
Où vont les recettes et quelles sont les retombées pour la population locale ?

La raison de la première question est simple. Le parc animalier de Ziniaré aurait été construit par l’ancien président Blaise Compaoré sur fonds propres. Les espèces fauniques qui s’y trouvent auraient été achetés par ce dernier. Il y a construit son palais à l’intérieur du parc et son petit frère y a également construit un château annexé au parc. Le parc est donc un héritage familial des Compaoré et cette famille estime qu’il est situé sur les champs de leur défunt père. Pourtant, il semblerait que Blaise Compaoré a rétrocédé le parc à la commune de Ziniaré. Le parc devrait donc être un patrimoine de la commune de Ziniaré. Si cette rétrocession est vérifiée, pourquoi les châteaux des frère Compaoré s’y trouvent et sont toujours considérés comme les leurs ? De même, c’est la force publique qui assurait la sécurité des lieux et non les agents des eaux et forêts. Il y a donc un amalgame qui mérite d’être levé et c’est cet amalgame qui entraine la deuxième question.

S’agissant de la question, à savoir pourquoi les droits d’entrée se paient à la mairie de Ziniaré, il incompréhensible qu’un parc animalier ait pour guichet d’entrée une mairie. À Ouagadougou par exemple, les droits d’entrée du parc de Bangréweogo ne sont pas payés à la mairie centrale. Alors, si le parc n’a pas été cédé à la commune de Ziniaré, pourquoi c’est la mairie qui perçoit les droits d’entrée. Ou bien, la mairie aussi, est-elle un patrimoine familial de certains ?

Il y a le site de sculpture sur granit de Laongo dont les tickets d’entrée s’achètent sur place devant le site. Ce qui est plus marquant, c’est que c’est la mairie qui décide qui peut ou non visiter le parc animalier. Pour visiter ce parc c’est une longue procédure. Excellence monsieur le Premier Ministre, est-ce une situation de droit cela ?

Excellence monsieur Premier Ministre, où vont les recettes et quelles sont les retombées pour la population locale ? Si la mairie perçoit les recettes du parc animalier de ziniaré, il serait démocratique de publier le montant annuel des droits d’entrée perçu depuis l’ouverture du dit parc. Ces recettes vont-elles dans les caisses de la mairie ? Si non, qui est l’ayant droit de la mairie de Ziniaré qui s’arroge cette manne ? Contrairement à ce que certains pourraient croire, la population de Ziniaré vit une vraie misère au sens propre du terme. Hormis quelques familles privilégiées d’un certain temps, les populations dans les villages sont dans l’extrême pauvreté. A 2 kilomètres du parc animalier, Il n’y a pas d’écoles, pas de routes ; pas de forages, pas de dispensaires. La plupart des élèves arrêtent leurs études au CM2 après le CEPE à cause de la distance entre le lycée public et les villages. C’est pourquoi nous à Ziniaré, nous nous demandons où vont les recettes et quelles sont les retombées pour la population locale ?

Excellence monsieur le Premier Ministre, loin de vouloir diffamer quelqu’un, je voudrais tout simplement vous dire que la population du Plateau central attend également beaucoup de cette transition. Apeurés, timorés, réduits au silence, beaucoup de ses fils et filles ont été victimes de la gestion clanique du pouvoir de la IVe république. Cette population a aussi subi la cruauté du régime Compaoré. Certaines familles ont été condamnées au chômage et à la misère en raison de leurs fréquentations. De nombreux jeunes ont fui la région par crainte du régime. Les familles qui refusaient la soumission sont humiliées, exclues, et réduites à la galère. C’est pourquoi, en tant que fils de la région, je voudrais lancer un appel au gouvernement de la transition pour que le Plateau central ne soit pas en marge du changement qui s’opère actuellement.

Dans l’attente d’une suite favorable, veuillez agréer, Excellence monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma profonde gratitude.

Par un digne fils de Ziniaré

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