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Province du Yagha : L’ODJ dénonce la répression et la violation des droits légitimes de la jeunesse et des populations

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Mines, mineurs, miniers, énergie • Point de vue • mardi 14 octobre 2014 à 00h23min
Province du Yagha : L’ODJ dénonce la répression et la violation des droits légitimes de la jeunesse et des populations

L’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) exprime à travers cette déclaration sa grande préoccupation et son indignation face au silence coupable du pouvoir de la IVème république et des autorités politiques, administratives et policières de la province du Yagha face à la violation des droits démocratiques et socio-économiques des populations locales et des jeunes en particulier et la répression barbare exercée par des agents de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), acquis à la cause de la Société minière Kindo Adama (SOMIKA).

Dans un tel contexte, l’expropriation d’exploitants agricoles par le maire de la commune de Mansila a provoqué un conflit entre les autorités communales et les populations du village de Handallaye. Le conflit a dégénéré en affrontements violents qui ont coûté la vie à deux paysans ainsi qu’au maire-adjoint de la commune. Suite à ces affrontements, 19 paysans dont le secrétaire général du comité ODJ ont été interpellés et détenus actuellement à la maison d’arrêt et de correction de Dori. L’un d’entre eux est décédé en détention. Pendant ce temps, les auteurs des tirs sur les populations, notamment Kaboré Bakary, alors Préfet de Mansila, ne sont pas inquiétés.

Sur le plan de la gestion foncière, l’accès à la terre est devenu une chimère pour les masses populaires, certains maires et hommes d’affaires corrompus s’étant accaparés des grandes superficies de terres pour des fins spéculatives. Face à cette boulimie foncière d’entrepreneurs économiques et politiques, les agriculteurs et les éleveurs sont obligés de se contenter les maigres terres restantes, ce qui occasionne fréquemment des conflits sanglants qui donnent lieu à la manipulation des identités ethniques ou communautaristes par des politiciens véreux. Chaque année le Yagha enregistre au moins un mort suite aux conflits fonciers comme des plaintes judiciaires des populations (exemple de Tankougounadié) toujours pendantes ou classées sans suite au tribunal de grande instance de Dori. La crise sociale et foncière dans la commune rurale de Mansila est illustrative de la gestion foncière calamiteuse et corrompue sous le pouvoir de la IVème république.

Au regard de la paupérisation et de l’’insécurité générale, le boom minier du début des années 2000 a suscité l’espoir chez les populations locales, notamment les jeunes, et une ruée vers l’or. Cependant, ce rêve va vite se transformer en cauchemar. En effet, depuis l’implantation de SOMIKA en 2006 au Yagha les populations locales vivent l’enfer : interdiction d’orpaillage dans des zones non couvertes par la licence de SOMIKA, confiscation injustifiée de minerai, fouille de femmes orpailleuses jusqu’à leurs sous vêtements, monopole d’achat de l’or, confiscation temporelle ou définitive d’instruments d’orpaillage, paiement tardif de minerai, retenues systématiques sur les produits de l’orpaillage (sorte d’impôt qui correspond à 2 sacs de minerai sur 10 extraits), prix d’achat imposé, répression barbare, harcèlements policiers et judiciaires, constitution de milices privées à travers la distribution d’armes à feu à des jeunes mineurs par SOMIKA, arrestations et emprisonnements arbitraires, disparitions par suite d’enlèvement et assassinats d’orpailleurs, etc.

Au cours de l’implantation de SOMIKA en 2006, la commune rurale de Solhan a subi la répression féroce d’agents de la CRS armés jusqu’aux dents qui se sont attaqués aux populations travaillant sur le site aurifère, répression barbare ayant causé 7 morts et des disparus par suite d’enlèvements. Cette affaire est restée sous silence et surtout sans suite judiciaire. Après Solhan, SOMIKA a colonisé progressivement les communes de Mansila, Boundoré, Tankougounadié et la province voisine de la Komandjoari. El Hadji Kindo Adama de SOMIKA a transformé le Yagha et la Komandjiari en Far West où il règne en véritable cowboy.

Tout cela se déroule en toute impunité, sous le regard coupable des forces de l’ordre et de la justice aux ordres. Quand la jeunesse populaire s’organise pour revendiquer ses droits elle est sauvagement réprimée. Les concertations avec les autorités locales comme le haut-commissaire, les préfets et maires ont été de véritables réquisitoires contre l’ODJ, et des tribunes de louanges à SOMIKA pour la construction d’écoles et autres modestes infrastructures sociales dans la province. Au regard, du pillage éhonté des ressources naturelles, des méthodes moyenâgeuses d’exploitation de ses employés et des dégâts environnementaux causés, les œuvres sociales de SOMIKA sont de la poudre aux yeux. Toutes ces gesticulations à coup de grande publicité à la télévision nationale du Burkina et les journaux visent simplement à travestir les faits et présenter ces négriers des temps modernes comme des hommes charitables, généreux, et détourner les populations laborieuses et les jeunes de la nécessité de s’organiser pour la conquête de leurs préoccupations pressantes contenues dans des plate-forme revendicatives en attente de réponses adéquates de la part des autorités locales.

Au regard de la gravité des faits, la situation interpelle fortement le pouvoir de la IVème république et ses représentants provinciaux et communaux auxquelles incombe le devoir de protéger et défendre tous les citoyens et respecter leurs droits démocratiques et socio-économiques.

L’ODJ dénonce les pratiques moyenâgeuses de SOMIKA et la complicité du pouvoir de la IVème république. Elle condamne fermement la répression de ses militants et des populations en général et exige la libération sans condition des détenus et la restitution des matériels de travail injustement confisqués. Elle soutient vivement les justes luttes des populations du Yagha et de la Komandjari contre les pratiques sordides et l’exploitation barbare de SOMIKA. L’ODJ appelle les jeunes à soutenir les justes luttes des populations du Yagha et de la Komandjari, à s’organiser davantage et se mobiliser massivement autour d’elle pour la défense ferme de leurs intérêts matériels et moraux.

Non au pillage de nos ressources naturelles par des prédateurs hors-la-loi !

Non à la répression et à la violation des droits légitimes de la jeunesse populaire et des populations du Yagha !

Vive la jeunesse intrépide et combative du Burkina Faso !

Vive l’ODJ !

Ouagadougou, le 12 Octobre 2014

Le Bureau Exécutif National

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