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Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

Accueil > Actualités > Portraits • • mardi 19 août 2014 à 21h11min
Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

La province de la Bougouriba a connu une poche de sécheresse entre le mois d’avril et juillet. Malgré la reprise de l’activité pluviométrique en ce mois d’aout, l’impact du stress hydrique se fait toujours sentir sur les plantes qui n’ont pas bonne allure. Dans le village de Gnaba cependant, un champ donne l’impression d’avoir échappé à la sécheresse. C’est celui de Bertrand Somé. Sa technique de récupération des sols dégradés marche. Cet ancien cheminot déflaté a reçu une formation dans le domaine des coopératives agricoles en Israël. Une expérience concluante qu’il essaie « d’ensemencer » dans sa communauté avec l’initiative Babaliba.

Volubile, une grosse croix autour de cou, Bertrand Somé marche avec assurance. Sa plantation se porte bien. Son champs de maïs est presqu’au stade de maturité. Sur un terrain dégradé à rentabilité presque négative, il a réussi par une technique élémentaire à le restaurer et à en faire un terrain riche et propice à la culture de différentes variétés. « Notre technique consiste à aller ramasser les déchets organiques en ville, dans les ménages et les graines pourries de coton de la SOFITEX (Ndlr. Société burkinabè des fibres et textiles) et à les épandre sur toute la superficie d’exploitation ». La technique marche, il n’y a qu’à voir l’état des exploitations qui s’étendent sur 9 ha sur les 14ha que compte son domaine. Ses plantes n’ont pas souffert du stress hydrique. Maïs, sorgho, soja, riz sont les différentes spéculations développées par cet agriculteur, qui choisit la variété de la semence à haut rendement en fonction de la nature du sol. Même quand il ne pleut pas pendant un certain temps, son terrain, grâce au compost et aux graines pourries de coton, est un réservoir d’humidité qui permet aux plantes de bien croitre. Il se réjouit de cette technique qui marche, mais contient sa joie parce que ses voisins qui n’ont pas utilisé la même technique ont des champs en agonie.

De l’expérience israélienne des coopérations agricoles

Bertrand Somé n’a pas toujours été agriculteur. Il l’est devenu après avoir été licencié du chemin de fer suite à sa privatisation. Responsable conducteur de train, formateur, administrateur, il avait été responsabilisé comme délégué syndical chargé de la formation au sein du bureau du syndicat national des cheminots. C’est dans ce cadre qu’il participe à une formation en Israël sur le rôle du travailleur dans le développement socioéconomique de son pays. C’est après l’obtention d’une bourse octroyée par un institut israélien qu’il s’imprègne par la suite de l’expérience des juifs dans le travail communautaire agricole. « On a appris, la philosophie et la technique que les juifs ont utilisées pour réussir dans le domaine agricole et pour figurer au niveau des puissances productrices de nos jours. Il faut partir des coopératives, unir les forces, seul on n’est rien. On a constaté que toutes les activités agricoles en Israël sont organisées en coopérative de production. Les communautés sont organisées en village communautaire. De l’éducation à la santé en passant par l’alimentation, tout est communautaire ». Ce sont les Mushavs (communautés de coopératives agricoles qui associent plusieurs fermes individuelles et intégrant plusieurs fonctions, telles que la production de bien, la protection sociale, la vente de marchandise à prix réduits, la mise à disposition de matériel agricole, etc.) ainsi que les kibboutz (communautés agricoles où il n’existe pas de propriété privée et qui est censée pourvoir à tous les besoins de ses membres). Ces expériences, l’ancien cheminot tente de les reproduire dans sa communauté au profit de tous. Il est convaincu que le monde rural, à cause de la pauvreté qui en est le facteur commun, ne peut s’épanouir et sortir de la misère si les forces ne sont pas mises ensembles. L’acquisition et la mise à disposition des moyens de production utilisables par pour tous les membres de la communauté est son premier chantier. C’est ainsi que l’initiative a pu acquérir un tracteur en 2008, même s’il est actuellement en panne. Une ferme a vu le jour, mais ne fonctionne pas encore à cause du manque d’eau dans le village. « On a senti l’éveil de conscience de la communauté qui a adhéré », reconnait M. Somé qui regrette toutefois la rareté de la main d’œuvre dans la localité à cause de l’exode des jeunes vers le Ghana.

Le premier ministre en visite dans le champ de Bertrand Somé a promis un forage au village à la fin de la saison. En attendant la réalisation de cette promesse, l’Israélien de Gnaba plaide pour la construction d’une retenue d’eau dans la localité pour les activités agricoles de contre -saison ainsi que l’appui à son initiative qui pourrait faire cas d’école.

Tiga Cheick Sawadogo

Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 20 août 2014 à 06:05, par amadou En réponse à : Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

    « On a appris, la philosophie et la technique que les juifs ont utilisées pour réussir dans le domaine agricole et pour figurer au niveau des puissances productrices de nos jours. Il faut partir des coopératives, unir les forces, seul on n’est rien. On a constaté que toutes les activités agricoles en Israël sont organisées en coopérative de production. Les communautés sont organisées en village communautaire. De l’éducation à la santé en passant par l’alimentation, tout est communautaire » ca nous rappelle la révolution et Tom Sank. Il faudra revenir á des choses simples plutôt que d’attendre toujours des bailleurs de fonds pour de grands projets qui exproprient les paysans au profit des bandits et pilleurs que l’on appelle "businessmen". Regardez ces gâchis "Bagrépole, Samandeni, la vallée du Sourou qui ne démarre pas depuis plus de 30 ans...et que dire du barrage de Kompienga où des îlots se forment...honte á ces intellos qui montent des projets rien que pour se faire des sous......oui au dévéloppement communautaire et á l’organisation stratégique des forces de productions agricole en groupements d’intérêts économiques.

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  • Le 20 août 2014 à 06:21 En réponse à : Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

    Il faut juste apprecier son champ pourquoi le qualifier d’israelien tout en connaissant ce que ca peut lui couter après.

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  • Le 23 août 2014 à 15:17, par tantiedetitao En réponse à : Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

    Félicitations à Bernard Somé. Sa technique ressemble à un paillage ( couverture du sol par des déchets végétaux sur 5 à 10 cm ce qui conserve l’humidité et limite la pousse des adventices, donc diminue le besoin de sarclage).On peut aussi faire du compost selon la technique de Gorom-Gorom ( Pierre Rabhi et Georges Zongo), puis pailler... Tous ces moyens permettent de restaurer la terre pour nourrir les gens. 26 écoles du Loroum, 1 à Sebba ont ainsi fait de magnifiques jardins pour nourrir leurs élèves. Courage à tous !

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  • Le 4 septembre 2014 à 17:29, par SOME En réponse à : Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

    je ne comprends ce que veut le journaliste a faire ce titre bidon ! Et comme le disent bien d’autres intervenants, il n’y a rien de nouveau dans cette technique. On la connaissait dans nos villages avant la colonisation. C’est ce que Thomas sankara avait fait sous la revolution et il etait aidé et conseillé par Pierre Rabbi etc. C’est pire qu’une HONTE !
    SOME

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  • Le 24 mars 2015 à 09:24 En réponse à : Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

    Ce genre d’initiative est à encourager, et les techniques enseignées et vulgarisées sans délai.

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  • Le 7 avril 2015 à 09:33, par Abbé Emile BOMBIRI En réponse à : Bertrand Somé : l’Israélien de Gnaba

    Bonjour cher ami ;En plus de la microfinance, nous nous retrouvons dans le domaine agricole. merci et bon courage !

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