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Développement local : L’état des lieux du transfert des ressources forestières aux communes

Accueil > Actualités > Environnement • • lundi 3 février 2014 à 01h02min
Développement local : L’état des lieux du  transfert des ressources forestières aux communes

La Direction des forêts (DIFOR) a, avec l’appui de son partenaire Tree Aid, organisé le 30 janvier 2014 à Ouagadougou au profit des membres de l’association professionnelle de journalistes et de communicateurs dénommée Média ’Vert, un atelier. Un atelier suivi d’une visite de terrain, dans la Commune de Nobéré située dans la province du Zoundwéogo, le 31 janvier 2014. Objectif, présenter le niveau du processus de préparation pour le transfert des ressources forestières aux collectivités locales.

Conformément aux dispositions pertinentes du Code général des collectivités territoriales, le Ministère de l’environnement et du développement durable (MEDD) a mis en place en janvier 2011, un Groupe de travail sur la décentralisation dans le secteur forestier (GDSEF). Groupe investi de la mission de préparer un environnement qui permette le transfert des ressources forestières aux collectivités locales. Dans ce sens, le Groupe s’est évertué à faire, et le point de la décentralisation dans le secteur forestier, et des propositions pour faciliter ce transfert. Au résultat, l’on retiendra avec ledit Groupe, l’existence d’une dynamique favorable à la promotion de la gestion participative et déconcentrée des ressources forestières. Mieux, précise Kisito Nébié, Directeur des Forêts, «  les populations locales cherchent à s’approprier les ressources forestières, pas seulement dans le but de les rentabiliser, mais surtout de les pérenniser  ».

Mais l’autre réalité, il importe qu’aussi bien les autorités communales que les communautés à la base, soient préalablement formées. Toute chose qui leur permettra d’acquérir des compétences techniques appropriées en matière entre autres, de délimitation des forêts, d’élaboration et de mise en œuvre des plans d’aménagement et de gestion des forêts, d’exploitation durable des ressources forestières. En effet, il est impératif de responsabiliser davantage les collectivités locales dans la mise en œuvre des actions en rapport avec la gestion des ressources forestières. Car après tout, il leur revient de s’approprier véritablement les ressources qui auront été transférées.

L’appui continu de l’Etat central

En attendant, M. Adama Doulkom, président du GDSEF se dit « persuadé de la possibilité du transfert des ressources naturelles aux collectivités locales », avec la précision que le ministère en charge de l’environnement continuera, après le transfert, d’appuyer les autorités locales dans la gestion desdites ressources. Mais, préconise-t-il, « Il est aujourd’hui important que l’ensemble des textes d’application du code forestier qui permettraient aux collectivités de pouvoir exercer dans le secteur forestier puissent être pris ». Et l’en croire, il y a des avancées notables en la matière.

Il y a lieu également, selon lui, que l’Etat central travaille à faire en sorte que les collectivités puissent nouer des partenariats dans le cadre de la mobilisation des ressources financières pour mettre en œuvre leurs différents plans et programmes se rapportant à la gestion des ressources forestières.

La commune de Nobéré, prête malgré quelques difficultés…

Déjà, pour la forêt de Vohoko dans la commune rurale de Nobéré, un plan d’aménagement et de gestion élaboré avec l’appui financier – à hauteur de 30 millions de FCFCA - de l’ONG britannique Tree Aid, est confronté dans sa phase d’opérationnalisation, au manque de moyens financiers. C’est du moins, ce qu’a confié Halimata Tapsoba, conseillère technique communale qui s’active dans le cadre de la gestion de ladite forêt, auprès et des autorités communales et des communautés à la base. Aussi, regrette-t-elle, les marges de manœuvre des autorités communales dans la prise des décisions relatives à la forêt sont très limitées. Toute chose qui, précise Désiré Ouédraogo, freine l’action de Tree Aid sur le terrain.

Malgré tout, l’ONG a contribué à l’organisation des populations riveraines de cette forêt de 6 103 ha. En effet, la gestion de ladite forêt est actuellement encadrée par une organisation établie, par les communautés villageoises, les dépositaires des us et coutumes, les producteurs, les acteurs socio-économiques locaux, les associations et groupements (Weogo la viim, comités villageois de gestion, comité inter-villageois de gestion, surveillants de zones). Mieux, la forêt dispose d’une convention locale de gestion, d’un plan de gestion, et d’un plan de renforcement des capacités des utilisateurs de la forêt. Autant dire que la commune de Nobéré est prête pour le transfert à son profit, de la forêt de Vohoko.

Fulbert Paré

Lefaso.net


Quelques bénéficiaires du « Projet gouvernance locale" de Tree Aid apprécient

Mme Aminata Ouédraogo :

Le projet nous a aidés beaucoup, puisqu’on a eu des formations pour transformer les produits forestiers non ligneux, comme les noix de karité, le néré pour faire du soumbala. On vend ces produits sur le marché local.

On est environ 65 femmes à mener ces activités dans le cadre du projet depuis maintenant 5 ans. Et cela nous permet de nous acheter des habits, de payer la scolarité de nos enfants. Chaque matin, on donne l’argent à nos enfants pour aller à l’école.

Mais nous avons encore quelques difficultés. On n’a pas tout le matériel nécessaire pour la transformation des noix de karité. C’est vrai qu’on a eu une machine, mais pour avoir les pièces de rechange de cette machine, c’est difficile. Et on n’a pas un réparateur sur place.

Nous souhaitons avoir une autre machine de transformation des produits. Cela pourra nous permettre d’avancer plus.

Mme Hadjaratou Yarbanga :


Le projet gouvernance locale est un projet qui rapporte beaucoup. Grâce au renforcement des capacités que nous avons eu dans le cadre de ce projet, nous arrivons à mettre sur le marché des produits de qualité, tels que le beurre de karité et le soumabala. La rentabilité du projet est assez vaste.

C’est vrai que nous produisons des produits de qualité ; mais nous avons des difficultés pour les écouler. C’est au niveau local que la vente se fait entre plusieurs productrices de différents produits. C’est vrai aussi, nous avons eu à faire des voyages d’étude comme cela a été le cas à Séguénéga où nous avons eu des échanges d’adresses pour faciliter la commercialisation du beurre de karité. Mais depuis, il n’y a pas encore eu de profit dans ce sens. Notre souhait est d’avoir d’autres canaux d’écoulement pour pouvoir mieux rentabiliser l’activité.

La disponibilité des matières premières dépend des saisons. Et l’autre option d’utilisation optimale des matières premières, consiste en la transformation du beurre de karité en savon. Pour cela, Tree Aid a entrepris d’installer une unité de production de savon ; mais nous n’avons pas encore reçu le matériel nécessaire.

Nous souhaitons que notre accompagnement se poursuive. Nous souhaitons que les gens ne se disent pas qu’ils sont fatigués de nous accompagner. Nous avons encore besoin de l’accompagnement pour pouvoir poursuivre nos activités.

Souleymane Zoungrana :

Auparavant, la gestion de la forêt n’était pas contrôlée. Mais avec l’organisation qui est faite dans le cadre de ce projet, nous arrivons à assurer la protection des ressources forestières.

Avant l’arrivée du projet, nous avions constaté la disparition de certaines espèces. Et nous avions commencé à reboiser. Mais avec la nouvelle organisation pour protéger la forêt, il y a un renouvellement des espèces. Et pour moi en tant que tradipraticien, cela est une donnée très importante.

Propos recueillis par Fulbert Paré

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