LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve.” Antoine de Saint-Exupéry

3 janvier 1966 : Histoire d’une symphonie inachevée

Publié le vendredi 3 janvier 2014 à 00h56min

PARTAGER :                          
        3 janvier 1966 : Histoire d’une symphonie inachevée

Le 3 janvier 1966, soit six ans après son accession à la « souveraineté internationale », la Haute Volta aujourd’hui Burkina Faso voyait sa jeune histoire politique basculée avec un soulèvement populaire.

La suite on ne la connait que trop : le premier président du pays est finalement poussé vers la sortie après plusieurs jours de manifestations. Selon toute vraisemblance Maurice YAMEOGO payait ainsi pour sa gestion décriée des affaires de l’Etat dans un contexte économique assez difficile.

Lui qui, contrairement à certains de ses pairs de l’époque avait refusé l’installation d’une base militaire française sur son territoire quittait ainsi le devant de la scène publique dans une ambiance survoltée. Il sera remplacé au pied levé par son Chef d’Etat-major, Sangoulé LAMIZANA

Mais finalement et plus de quatre décennies plus tard que reste-t-il encore de cette date dans l’histoire politique du Burkina ? Sans doute un sentiment mitigé.

D’un côté avec les forces sociales, les syndicats notamment, qui ont longtemps considéré la chute de Maurice YAMEOGO comme le résultat de la détermination populaire à se libérer de gouvernants avec lesquels elles n’étaient visiblement plus en phase.

Victoire ou défaite

Cet aspect de la symbolique du mouvement social j’en ai souvent discuté aussi bien avec des leaders syndicaux qu’avec des hommes politiques.

Les premiers en évoquant le sujet, ont toujours ce brin d’émotion qui les traverse. Comme si c’était hier…

De l’autre il y a le constat d’un vrai mauvais départ dont chaque entité (politique et syndicats) rejette la responsabilité sur l’autre. Une confusion entretenue par cette question longtemps posée et dont jusqu’à ce jour l’on a qu’une vague idée. Celle de savoir qui a lancé ce jour-là, ce fameux cri de ralliement « l’armée au pouvoir ! »

A l’heure actuelle personne ne peut le dire avec exactitude. Pas même ceux qui en détiennent encore de vagues souvenirs.

C’est peut-être là le signe qu’il faut accorder plus d’attention à la mémoire collective nationale ; aussi bien en ce qui concerne les péripéties du 3 janvier que sur bien d’autres pans de notre histoire. Lesquels restent malheureusement enfouis dans le secret d’une rétention volontaire ou involontaire et dont certains acteurs ont bien du mal à se défaire pour mille et une raison.

Du reste ce matin du 2 janvier 2014 en me rendant à la rédaction, j’ai tenté de jouer à l’ historien de service pour tenter d’expliquer (à ma manière) à deux adultes qui visiblement étaient en manque d’information, les raisons pour lesquelles la date du 3 janvier est fériée au Burkina. Toute chose qui prouve qu’il y a encore de nombreux neurones qui ont besoin d’être mieux connectées à l’histoire de leur pays. Messieurs les historiens, les politiques et les syndicats, vous êtes donc prévenus.

Juvénal SOME

Lefaso.net

PARTAGER :                              

Vos réactions (8)

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique