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Situation nationale : « Ou l’opposition ne sait pas ce qu’elle veut, ou elle veut tromper les citoyens »

Accueil > Actualités > Opinions • • vendredi 28 janvier 2005 à 08h54min

En examinant les points de vue de l’opposition politique toutes tendances confondues, sur les grandes questions en débat au sein de la classe politique on ne peut qu’être surpris et même très surpris.

Dans le présent propos nous proposons d’examiner les questions suivantes : la longévité politique de Blaise Compaoré la gestion des municipalités, l’administration de la justice, le statut du chef de file de l’opposition et la candidature de Blaise Compaoré à l’élection présidentielle de 2005.

De la longévité politique de Blaise Compaoré

S’il est vrai que la majorité politique a voulu cette longévité politique et a œuvré pour qu’elle se réalise, en présentant la candidature du Président du Faso à l’élection présidentielle passée et en la soutenant, il est tout aussi vrai que l’opposition politique a permis et favorisé cette longévité. En effet, en 1991 et en 1998 l’opposition a pratiquement refusé de présenter un challenger au président du Faso. Alors, dans ces conditions, ce qui devait arriver arriva, et l’opposition politique a certainement une part de responsabilité dans la longévité politique de Blaise Compaoré. En conséquence, elle peut accuser le CDP mais elle doit s’en prendre aussi à elle-même.

De la gestion des municipalités

A propos de la gestion des municipalités, le pouvoir, le CDP et l’opposition politique font le même constat, mais ont des appréciations différentes de ce constat. Le constat est que la gestion des municipalités a connu et connaît beaucoup de difficultés dans bon nombre de communes. Ici, c’est le conseil municipal qui ne peut pas se réunir, compte tenu des divergences de tous ordres, ailleurs des malversations de maires qui ont entraîné leur révocation. Pour le CDP et le pouvoir, ces difficultés doivent être appréciées positivement car le Conseil municipal ne saurait être considéré comme un club de politiciens-copains qui s’entendent pour spolier les communes.

C’est pourquoi des militants CDP se sont opposés à des militants CDP dans la gestion des communes. C’est pourquoi aussi l’organe de tutelle à travers le Conseil des ministres a joué correctement son rôle en dissolvant ou en révoquant les maires fautifs avec poursuites judiciaires si nécessaires. Pour l’opposition politique, cette attitude du CDP et du pouvoir est condamnable et significative d’une mauvaise gestion des communes.

En réalité, c’est l’attitude contraire qui doit être condamnable car, elle aurait entraîné un laisser-faire et une certaine gabegie dans la conduite des démocraties locales. En conséquence, le CDP et le gouvernement doivent être encouragés pour leur attitude courageuse. Aussi les citoyens doivent-ils en tenir compte lors des élections locales prochaines.

De l’administration de la justice

L’aspect qui retient l’attention c’est la « lenteur » de la justice dont l’expression la plus actuelle est l’existence de dossiers pendants depuis 1987 au moins : dossier Thomas Sankara, dossier Norbert Zongo ... D’abord, le fait que ces dossiers soient entre les mains de la justice constitue une avancée dans l’administration de la justice, le contraire pouvant être possible.

Ensuite, si ces crimes sont rendus imprescriptibles, cela veut dire que ces dossiers connaîtront nécessairement tôt au tard leur dénouement avec ou sans alternance politique. On peut légitimement déplorer le rythme lent du traitement de ces dossiers. Mais là, l’explication (non la justification) réside dans leur caractère complexe.

Du reste, les erreurs judiciaires étant souvent irréparables de façon satisfaisante, mieux vaut une administration lente de la justice avec un maximum de garantie, qu’une administration accélérée avec d’importants risques d’erreurs judiciaires. les tribunaux populaires de la Révolution peuvent certainement séduire. malheureusement, leurs jugements ont été pour l’essentiel révisés.

Du statut du Chef de file de l’opposition

L’opposition, toutes tendances confondues doit avoir le courage de dire au citoyen ceci : • il existe une loi intitulée "loi portant statut de l’opposition politique" ; • cette loi consacre légalement l’opposition, définit ses droits, reconnaît les mêmes droits à tous les partis d’opposition, et définit en son article 13 "le Chef de file de l’opposition" ; • cette loi n° 0007-2000/ AN du 25 avril 2000 ne contient aucune disposition relative au statut du chef de file de l’opposition ; • les seules dispositions relatives au chef de file et non à son statut sont d’ abord l’article 12 qui stipule que « le Chef de file de l’opposition est le premier responsable du parti de l’opposition ayant le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale.

En cas d’égalité de sièges, le Chef de file de l’opposition est le premier responsable du parti ayant totalisé le plus grand nombre de suffrages exprimés aux dernières élections législatives. Ensuite, l’article 13 dispose que "le Chef de file de l’opposition prend place dans le protocole d’Etat lors des cérémonies et des réceptions officielles". C’est dire que le seul décret d’application à prendre, est un décret modificatif du décret portant protocole d’Etat.

Pour revenir au statut du chef de file de l’opposition, aucune mesure législative ou réglementaire ne peut le définir, au risque de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’opposition. En revanche, une concertation au sein des partis de l’opposition, peut leur permettre de déléguer certains de leurs droits au chef de file qui les exercera en leur nom. Comme exemple, les partis d’opposition peuvent décider que le chef de file est leur porte parole.

De la candidature de Blaise Compaoré à l’élection présidentielle de 2005

A propos de cette question, l’opposition politique adopte une logique inverse de celle qu’elle a utilisée lors des élections précédentes. En 1991 et en 1992, l’opposition a refusé d’affronter Blaise Compaoré à travers les urnes, en s’abstenant de présenter des candidats. En 2005, elle veut présenter des candidats mais refuse que Blaise Compaoré ne se présente. Alors, les questions qu’on peut légitimement se poser sont les suivantes : l’opposition veut-elle l’alternance politique ou veut-elle un président, pourvu que ce président ne s’appelle pas Blaise Compaoré ? L’opposition devrait répondre à ces questions pour situer le peuple burkinabé.

Un observateur de la scène politique

Djibril Ouédraogo
L’Observateur Paalga

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