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Modification de l’article 37 : Le CO.FE.DE.C appelle à une unité d’action

Accueil > Actualités > Politique • • jeudi 19 décembre 2013 à 01h13min

Le Collectif des femmes pour la défense de la constitution (CO.FE.C) réagit à travers la présente déclaration à la probabilité d’une modification de l’article 37 de la Constitution. Il exhorte les organisations de la société civile à se mobiliser dans un cadre unitaire et légal de lutte.

REACTION DU COLLECTIF DES FEMMES POUR LA DEFENSE DE LA CONSTITUTION (CO.FE.DE.C) AUX PROPOS DU PRESIDENT DU FASO A DORI

Le 12 décembre 2013, au cours d’une conférence de presse donnée après la commémoration du 11 décembre à Dori, le président du Faso a confirmé, à la suite de son petit frère François Compaoré, de son parti le CDP et de la FEDAP-BC, sa volonté de modifier une fois de plus notre Constitution en son article 37 par voie référendaire.

Cette volonté affichée par Monsieur Blaise Compaoré, au-delà de donner de la Constitution, la piètre image d’un simple journal intime dans le lequel il fait les annotations qu’il veut selon ses projets, constitue une grave menace pour la démocratie dans notre pays. Il n’est pas superflu de rappeler que la teneur actuelle de l’article 37 de notre Constitution est d’une part, l’expression de la volonté du peuple en 1991 et d’autre part la cristallisation d’une récente histoire douloureuse de notre pays. En effet, le peuple du Burkina Faso s’est exprimé le 02 juin 1991 par référendum, et depuis, ce choix populaire pour l’alternance inscrit dans la Constitution n’a jamais été appliquée dans notre pays. D’où vient-il alors la nécessité de consulter ce même peuple pour une option qu’il avait clairement exprimée et qu’il ne lui a jamais été permis d’expérimenter ?

Le Collectif des Femmes pour la Défense de la Constitution (CO.FE.DE.C) dont la raison d’être est la protection de notre Constitution contre les tripatouillages pour l’enracinement de la démocratie dans notre pays, s’indigne de cette volonté de la part du premier protecteur de notre loi fondamentale, d’ainsi la bafouer dans le but d’asseoir son pouvoir à vie, et par conséquent, élève une vive protestation contre cette énième atteinte à la Constitution.

Pour le CO.FE.DE.C, les propos du président du Faso, en cette occasion solennelle de la fête de l’indépendance de notre pays, traduisent une fois encore, le refus de la démocratie dans ses principes par le président Blaise Compaoré et ses compagnons et la volonté manifeste de patrimonialisation du pouvoir.

C’est pourquoi, nous, femmes du Burkina Faso, convaincues de la nécessité de respecter les règles du jeu démocratique pour préserver la paix sociale dans notre pays :
-  Interpellons, le président Blaise Compaoré, sur son rôle constitutionnel de protecteur de cette même Constitution de laquelle il tire sa légitimé ;
-  Demandons à Monsieur Blaise Compaoré, notre mari et le père de nos enfants, de n’agir que pour la préservation de la fragile paix sociale nécessaire pour l’épanouissement de nos enfants.
-  Appelons les organisations de la société civile (Front de Résistance Citoyenne « FRC », Comité d’Action pour le Peuple « CAP », organisations syndicales, etc.) et les organisations politiques opposées à ce projet, à se mobiliser dans un cadre unitaire et légal de lutte ;
-  Appelons toutes les femmes du Burkina Faso à se mobiliser pour faire échec à tout projet de tripatouillage de la Constitution et particulièrement la levée du verrou constitutionnel limitatif des mandats présidentiels.

Convaincu de la nécessité d’une unité d’action, le CO.FE.DE.C se joindra à toute initiative de la société civile ou de toute autre organisation visant à faire échec à la manipulation annoncée de la Constitution.

Pour le CO.FE.DE.C, la Présidente

Marie Madeleine SOMDA

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