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André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Etats généraux de l’enseignement supérieur • • vendredi 14 juin 2013 à 22h18min
André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

Homme politique, André Moïse Traoré-Nignan, est l’un des ténors actuels du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir. Il représente la majorité aux travaux des Etats généraux sur l’enseignement supérieur au Burkina qui se tient du 13 au 15 juin 2013 à Ouagadougou. Dans cette interview, il reconnait la part de responsabilité de la majorité politique dans les difficultés que traverse actuellement l’enseignement supérieur au Pays des hommes intègres.

Lefaso.net : On assiste chaque année à des manifestations d’étudiants pour protester contre la manière dont les universités sont gérées. Cela ne relève-t-il pas pour la plupart de l’incompétence des hommes qui sont nommés à la tête de ces établissements ?

André Moïse Traoré-Nignan : Ce ne sont pas les hommes qui manquent de compétence. Tous ceux qui ont dirigé nos universités sont compétents. Mais face à des difficultés qui les dépassaient ou qu’ils ne s’imaginaient pas, ils n’ont pas toujours pas eu de solutions. Parce que les solutions ne viennent pas toujours d’eux car ils doivent très souvent se référer à d’autres centres de décision. Et lorsque vous n’avez pas les moyens de votre politique, vous êtes toujours dépassé.

Certains estiment que la majorité, qui dirige le pays, est comptable de cette situation. Que répondez-vous ?

Nous sommes responsables puisque c’est nous qui désignons les premiers responsables de ces établissements. Comme je vous le disais, les problèmes ne résident pas dans les hommes que nous choisissons. Mais s’il n’y a pas les moyens adéquats et que les structures ne suivent pas, il est difficile de résoudre certains problèmes. Prenons juste la massification des effectifs des étudiants qui s’est produite ces dernières années. Nous sommes passés, en 10 ans, d’environ 9 mille étudiants à 40 mille. Cette massification n’était pas prévisible parce qu’elle a été occasionnée par un flux massif d’étudiants d’autres pays pour cause de guerre vers le Burkina Faso. Cela a fait que les normes ont été dépassées alors que les infrastructures n’ont pas suivi. Nous avons donc atteint un seuil difficile de gestion. Cela commande de prendre des mesures. C’est dans ce sens que les Etats généraux sont organisés.

Quelles solutions proposez-vous pour résoudre les problèmes de gouvernance des universités que vous avez diagnostiqués ?

D’une manière générale les solutions sont consensuelles. Les participants doivent travailler sur un document qui avait été élaboré et qui résumait les problèmes et proposait des solutions. L’essentiel de ces assises est que tout le monde a pris conscience qu’il y a des problèmes. Et il va falloir y trouver des solutions.

Vous avez aussi évoqué la sécurité dans les universités qui est un sujet préoccupant ces dernières années. Quelles sont les solutions qui se dégagent ?

Il a été arrêté qu’une société compétente soit recrutée pour s’occuper de ces questions de sécurité. Nous avions fait l’expérience des sociétés de vigile mais il se trouvait que ces sociétés avaient même des problèmes de gouvernance. Pour cela, nous avons insisté sur la nécessité d’engager une société compétente pour résoudre les problèmes de vol d’engins, d’agressions et autres. Cette société aura aussi pour mission de nettoyer l’université de ces personnes (fou, commerçants ambulants, commerçantes non autorisées de marchandises diverses) qui errent sur le campus. Car un centre universitaire n’est pas accessible à tout le monde. L’accès doit de ce fait être pacifié et réservé aux acteurs du monde universitaire.

Pour pacifier les universités, il a aussi été proposé de faire un moratoire dans lequel chacun prendra l’engagement de ne pas aller en grève et même d’arrêter les piquets de grève dont le rôle est de convaincre de façon pacifique tout le monde à aller en grève.

Le troisième axe de vos travaux était l’éthique. Qu’en est-il ressorti ?

Des éléments ont été mis à nu. L’université doit être un haut lieu d’intégrité où la sagesse est en avant. Car il a été à plusieurs reprises fait cas des notes sexuellement transmissibles. Il est clair qu’il faut promouvoir l’intégrité et il est inconcevable que des gens falsifient les notes des étudiants. Un code de déontologie doit être élaboré afin que les enseignants fassent des universités des lieux de morale et d’intégrité.

Des Etats généraux sortiront des conclusions. Confirmez-vous que la majorité veillera à leur mise en œuvre ?

Il est évident que ces recommandations seront mises en œuvre. L’expérience nous a amenés à mettre en place dans certains cas un Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations. J’espère que ce sera aussi le cas ici afin de nous permettre de veiller à la mise en œuvre des conclusions de ce qui sortiront d’ici.

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 15 juin 2013 à 09:35, par Génération Bantaré En réponse à : André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

    Monsieur TRAORE, "nettoyer l’université de ces personnes (fous, commerçants ambulants...). Vous auriez pu employer un terme plus respectueux.

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  • Le 15 juin 2013 à 10:02, par Génération Bantaré En réponse à : André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

    Monsieur TRAORE, "nettoyer l’université de ces personnes (fous, commerçants ambulants...). Vous auriez pu employer un terme plus respectueux.

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  • Le 15 juin 2013 à 10:32 En réponse à : André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

    Gérer c’est savoir prévoir. Or, ils ont été surpris par l’augmentation rapide du nombre des étudiants ces dernières années. C’est à croire que l’on navigue à vue sans être capable de se projeter dans le futur. C’est bien la preuve de l’incompétence notoire de nos dirigeants et dont ce monsieur est largement responsable en tant que CDPiste.

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  • Le 15 juin 2013 à 13:17, par YEL PIAN En réponse à : André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

    « Ce ne sont pas les hommes qui manquent de compétence.
    Mais face à des difficultés qui les dépassaient ou qu’ils ne s’imaginaient pas. Parce que les solutions ne viennent pas toujours d’eux car ils doivent TRES SOUVENT se référer à d’autres centres de décision.
    Nous sommes responsables puisque c’est nous qui désignons les premiers responsables de ces établissements.
    Mais s’il n’y a pas les moyens adéquats et que les structures ne suivent pas, il est difficile de résoudre certains problèmes. Prenons juste la massification des effectifs des étudiants qui s’est produite ces dernières années. Nous sommes passés, en 10 ans, d’environ 9 mille étudiants à 40 mille. Cette massification n’était pas prévisible parce qu’elle a été occasionnée par un flux massif d’étudiants d’autres pays pour cause de guerre vers le Burkina Faso.
    L’université doit être un haut lieu d’intégrité où la sagesse est en avant ».

    Monsieur, l’immensité des problèmes dans nos universités est telle que vous-mêmes vous êtes obligés de les reconnaitre. Autrement dit, comment une fille connue pour ses vertus peut-elle prétendre être vierge avec un ventre inhabituellement rond.
    Vous vous faites honneur de reconnaitre les problèmes de l’université ainsi que la responsabilité du pouvoir. C’est de l’honnêteté et de l’humilité politiques, c’est très bon !

    Voyez-vous la misère qui est entretenue dans nos universités par manque de compétence, mais l’intrusion politique : vous « désignez » les dirigeants de l’université, pour les diriger en leur privant du moindre pouvoir de décision et d’autonomie. Cela est fort triste pour une université, d’où les lumières sont censées éclairer les ténèbres, c’est plutôt les forces politico-ténébreuses qui depuis plus d’un quart de siècle assombrissent les temples des lumières par effet de la domestication grâce au pouvoir libido-digestif.

    Monsieur de la majorité politique, voilà tout le mal que le milieu politique dont vous reconnaissez l’ingérence dans les temples du savoir, a injecté dans le milieu universitaire et du reste dans la société burkinabé. Heureusement que vous partagez ce vieux diagnostic sur l’agonie du Faso, qui est connu depuis d’un Dr que vous avez la faveur de connaitre.

    Maintenant que le mal est connu, il faut vous hâter de vous ressaisir en rendant concret pour une fois, l’effectivité des recommandations issues des états généraux, parce que ce pays souffre déjà d’une overdose de recommandations, les armoires en sont pleines.

    Et une dernière observation : c’est fort surprenant de lire que la massification n’était pas prévisible. La croissance des effectifs dans nos universités n’est pas découplée de ceux des cycles inférieurs, et de la croissance démographique du pays. C’est une réalité que vous n’ignorez point. Faites un tour dans votre quartier dans une classe de primaire, vous comprendrez que la massification est aussi précoce. Cherchez dans ces classes, le nombre d’étrangers, vous vous rendrez compte qu’il ne faut point jeter la faute sur l’afflux d’étrangers. De 9mille à 40 mille, il est incontestable que des étrangers viennent de plus en plus au Burkina –et c’est bien pour le pays-, mais leur nombre n’influe point sur cette augmentation abrupte.

    Encore une fois, il faut chercher les raisons dans la politique générale de l’enseignement au Burkina depuis le primaire : vous avez décidé de ne plus faire doubler les enfants, vous réclamez un taux d’éducation élevés pour gagner des points dans le classement PNUD, etc. En fin de course, si l’on devait s’étonner c’est d’avoir seulement 40mille étudiants : parce que beaucoup d’enfants dont les parents vous identifient à leur daba (moyenâgeux) et aux épis de mil, n’ont pas cette malheureuse chance de voir l’université. La daba des parents ne permet pas aux parents d’avoir suffisamment d’épis, pour manger, à plus forte raison pour les envoyer à l’université.

    Et enfin, monsieur l’honorable, n’oubliez pas que les enfants de votre régime ne sont pas à dans ces universités. S’ils y étaient, l’influence de l’afflux des étrangers serait davantage négligeable voir oublié.
    Ces étrangers n’ont fait que prendre les places qu’auraient du occuper vos enfants, envoyés et accueillis ailleurs.
    Notre défi commun, gagner le combat de la qualité de l’enseignement supérieur par une offre quantitative et qualitative des infrastructures, des outils, et une amélioration du bien-être de l’étudiant burkinabé.
    Ensemble pour un enseignement de qualité made in Burkina.

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  • Le 15 juin 2013 à 18:36, par Marco En réponse à : André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

    Voila un monsieur d’une arrogance et d’une suffisance extraordinaire, comme y en a des tas dans ce parti au pouvoir, qui vient assister en touriste à des états généraux et qui n’a aucune proposition à faire, se contentant d’attendre les conclusions.
    C’est archi-faux et honteux de dire que "la massification des effectifs" n’était pas prévisible. Gouverner, c’est prévoir ! Avouez plutôt votre incompétence et votre indifférence au sort de la jeunesse estudiantine et l’avenir de ce pays.
    Et ne prenez pas les gens pour des idiots en faisant croire que cette massification est le fait des étudiants étrangers.
    Si tout le gouvernement pense comme vous, il n’ y a vraiment rien de bon à attendre de ces états généraux.

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  • Le 15 juin 2013 à 18:38, par Marco En réponse à : André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

    Voila un monsieur d’une arrogance et d’une suffisance extraordinaire, comme y en a des tas dans ce parti au pouvoir, qui vient assister en touriste à des états généraux et qui n’a aucune proposition à faire, se contentant d’attendre les conclusions.
    C’est archi-faux et honteux de dire que "la massification des effectifs" n’était pas prévisible. Gouverner, c’est prévoir ! Avouez plutôt votre incompétence et votre indifférence au sort de la jeunesse estudiantine et l’avenir de ce pays.
    Et ne prenez pas les gens pour des idiots en faisant croire que cette massification est le fait des étudiants étrangers.
    Si tout le gouvernement pense comme vous, il n’ y a vraiment rien de bon à attendre de ces états généraux.

    Répondre à ce message

  • Le 7 juillet 2013 à 12:49 En réponse à : André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l’enseignement supérieur »

    Wow ! voila des revolutionnaires cravats. C’est Sank qui a pwerdu seulement. Du moins momentanement car vous tous ces piranhas gras, vous allez fuir un seul midi sans demander vos restes. La nature a horreur du vide ou du plein pourri.

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