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Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Population et développement • • dimanche 2 juin 2013 à 22h16min
Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

La planification familiale n’est pas un sujet nouveau. Il date de quelques décennies déjà. L’explosion démographique nationale l’invite à nouveau au cœur des préoccupations. Elle est censée stopper une envolée des naissances qui ruinent bien d’efforts de développement.

La moyenne de six enfants par femme serait trop élevée pour induire un impact sensible de la croissance sur le quotidien des Burkinabè. Il semble que toutes les études montrent que l’indice de développement croît peu si la démographie n’est pas tenue dans une certaine proportion.

C’est ainsi qu’il est expliqué qu’avec le taux de fécondité au Burkina, un taux de croissance économique annuel qui soit en deçà des deux chiffres aurait très peu d’impact.

Le cas du Burkina est d’autant plus crucial que la majeure partie de sa population est jeune, avec une part importante des moins de 15 ans. Aussi, la croissance de la population se trouve-t-elle mise au cœur de la problématique du développement.

Sachant que la satisfaction des besoins de l’enfant, en termes d’éducation, de santé, de nutrition, d’encadrement et de prises en charge diverses, exige de moyens colossaux, inverser la courbe de la fécondité devient un impératif. Le choix pour cette inversion n’est pas optionnel.

Le Burkina désormais à l’obligation de maîtriser ses naissances. Mais comment ? ? Là est la grande question. Pourtant, on ne voit pas les actions des partis politiques pour amener les populations à s’approprier cette problématique.

Les questions politiques plus sensibles que celles du bien-être familial

La structuration de nos partis est telle que les questions essentielles sont traitées en marge, sinon pas du tout. Au moment où fait rage le débat sur le Sénat, on se demande à quand les questions économiques et sociales à deux ans d’une échéance aussi déterminante que la présidentielle.

On aurait compris qu’en dehors de savoir que le succès d’un programme de gouvernement repose sur la prise en compte de l’aspect population, l’opposition actuelle puisse, au lieu de s’arc-bouter contre le Sénat, annoncer au peuple sa dissolution, au cas où il lui accorderait sa confiance en 2015.

Au lieu de cela, elle préfère s’inscrire dans la politique-fiction de savoir à l’avance que le Sénat est le cheval de Troie pour relire l’article 37. On ne peut que se désoler de savoir que notre opposition ait oublié, si ce n’est qu’elle ne sache pas, que le parti politique constitue un moyen à travers lequel, le citoyen a pouvoir de changer la politique d’un pays. Par vocation ou par pratique, l’électeur est attaché aux partis organisés et c’est de là qu’il choisit ses représentants.

Mais peut-il le faire en connaissance de cause, lorsque les férus de l’alternance préfèrent l’accessoire à l’essentiel ? ? Déterminer sa politique, ne suppose-t-il pas pour un parti, d’annoncer ses intentions sur les grandes questions ? ? Même si le sujet de la planification familiale est moins vendable que l’agitation autour de la deuxième chambre, son objectif de donner plus de bien-être familial nous intéresse.

Des débats loin des préoccupations des populations

Peut-être et même sûrement que le débat sur le Sénat ne fait recette qu’à Ouagadougou. En Afrique, l’opposition s’est toujours trompée dans sa stratégie en pensant que la capitale en ébullition peut suffir.

Bien sûr, on comprend qu’ils ont parmi eux, des penchants pour le putschisme, et le putsch n’a-t-il pas son lit majeur dans la ville principale ? ? Si elle pense lancer sa campagne sur le Sénat et aboutir au but, elle occulte un fait majeur ? : le centre de l’électorat ne se trouve pas à Ouagadougou.

Aussi longtemps qu’existeraient les partis politiques, le citoyen restera attaché à ces associations. Il veut les entendre et surtout à propos de leurs besoins existentiels.

Et il n’en fait sûrement pas partie une chambre, qui malgré la noblesse de sa vocation, demeure une institution et comme toute institution, censée ne servir qu’à ceux sachant lire et écrire.

En l’occurrence, prendre les devants par rapport à l’échéance à venir aurait été une stratégie en se souciant d’autres choses que la publicité douteuse disant que le Sénat équivaudrait à la modification de l’article 37.

Maintenant, il est évident que l’opposition n’est pas tenue de rester sur la voie de traiter des sujets d’intérêt. Du reste, il serait vain de l’y obliger, si tant est qu’elle sait déjà où elle va et à quoi elle compte aboutir.

C’est que dans les conditions d’une démocratie normale, ce qu’une majorité a construit, une autre peut bien le détruire, qui nous aurait fait l’économie de ce procès en sorcellerie, que tout ce qui vient d’en face a pour finalité l’article 37. Au démeurant, le débat sur la révision de cet article doit être rapidement vidé.

Sans doute qu’enfin, pourront alors avoir un peu de visibilité, la planification familiale, la mise en place par le gouvernement de sa politique de population et les contre-propositions de l’opposition, les questions sociales d’éducation, de santé et l’adoption d’une assurance maladie universelle. Elles parlent plus aux populations que le Sénat.

Souleymane KONE

Vos commentaires

  • Le 1er juin 2013 à 10:50, par Alexio En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

    Le planning famillial un mal necessaire pourque nous puissons maitriser la pauvrete.Le changement radical des mentalites. Les politiciens ont fuis a leur mission sur cette rubrique. Les chefs religieux ne doivent pas mettre les batons dans les roues. Le Rwanda de Paul Kigane a su sensibiliser son peuple avec des methodes resposables qui conscientisent la population sur la realites des faits sosiaux. Faisez les enfants en fontion de votre pouvoir economiques.Irresponsable d en faire si cette condition n est pas reunie, L etat doit agir en consequence.

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    • Le 1er juin 2013 à 17:34, par Tapsoba® (de H) En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

      Voici encore un thème à la mode.plannification familiale.Qu on se comprenne bien,je ne suis pas contre les limitations des naissances dès lors qu on est incapable d assurer un bien être à sa progéniture.Mais ,la vraie question se trouve ailleurs.Il ne suffit pas de crier plannifions ou limitons les naissances pour que par coup de baguette magique,on sorte de notre léthargie économique.Non on ne peut y arriver sans combiner cet aspect à d autres questions non moins primordiales.La rédistribution des richesses équitablement.Car,on aura beau limiter les naissances sans justice sociale,une justice sociale qui permettra à tout un chacun de se sentir dans une république où le droit à l éducation ne sera pas une vue d esprit,où l Etat assure une bonne éducation(ce qui implique un bon traitement du monde éducatif) au peu d enfants que nous mettrons au monde,on demeurera les bons derniers même avec un taux de croissance à deux chiffres.Peu d enfants mais utiles demain,en un mot.À preuve nous avons des pays 8 fois plus petits que le Burkina,en superficie,mais plus peuplés que le Burkina avec une densité de populations au km² plus denses de surcroit mais sont développés économiquement avec des pib par habitant au dessus de la moyenne des pays développés.On fait comme s il n y a pas de couples à enfant unique qui ne parviennent pas à assurer l éducation de leur unique enfant au Burkina ?Imaginons que nous puissions tranformer nos richesses convoitées partout ,qu est-ce qui nous empêcherait d être économiquement prospères même sans plannification ? Dans les pays arabes où il n y est pas question de planning,ils ne vivent pas mieux parce qu ils savent redistribuer leurs richesses provenant des recettes du pétrole en offrant des meilleurs formations à leur jeunesse ?Exemple d un Pays comme le Qatar ,qui a plus d 1 million d habitants pour une superficie d un peu plus de 11000 km² soient 161h/km².Au Burkina aussi ,on pourrait le faire avec les mines d or à profusion.

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      • Le 1er juin 2013 à 22:56, par Tapsoba® (de H) En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

        ...transformer nos matières premières... plutot

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      • Le 3 juin 2013 à 12:28 En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

        Déjà le Burkina n’arrive pas à survivre avec ces 16 millions d’habitants ou plutôt survit en dégradant l’environnement avec la désertification bien en marche avec 100.000 ha de terre dégradé par an. Que ferons nous en 2050 avec une population proche de 50 millions d’habitants si la moitié est transformée en désert par notre comportement aggravé par les changements climatiques et une bonne partie par les pollutions de toute nature liée à nos mines d’or mal exploitée qui profite qu’à une minorité.
        Le régime de Blaise n’a rien fait depuis 25 ans pour réduire ce taux de croissance qui est aujourd’hui un des plus élevé au monde avec 3,1% par an. Prendre l’exemple du Qatar est un très mauvais exemple car c’est lui qui utilise le plus de pétrole au monde par habitant (loin devant les américains déjà gros polleurs) et, donc, pollue le plus en aggravant le réchauffement climatique.

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      • Le 4 juin 2013 à 06:56, par Enervé ! En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

        Belle analyse, a croire que vous êtes un véritable spécialiste des sujets de développement. Bravo à vous M. Tapsoba.
        Pour vous rejoindre, je suggère que la famille Compaoré se décide purement et simplement de cesser de faire main basse sur NOTRE OR je vous jure que nous pourront envoyer nos enfants dans un système éducatif gratuit et obligatoire avec 20% du budget nation sans aide extérieure et ce pendant une bonne dizaine d’année. Mais hélas tant pis pour nous car tout le monde sais ce qui se passe mais personne ne se prononce, on préfère se retrouver dans les gargotes pour
        critiquer le système en place sans agir.
        Juste interpeler la population que tant que nous ne déciderons pas d’agir vivement nous restons à admirer cette famille et ses proches. Je ne pense pas que ce soit ce que nous méritons.
        Vive le Burkina, la patrie nourricière.

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  • Le 1er juin 2013 à 12:03, par abu khadija En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

    le planning familliale est certe un bon moyen pour l developpement de toute nation. toutes les ideologies adherent a cela, la base de la famille etant l’homme et la femme, on doit revoir cette question car nous assistons de plus en plus a des naissances hor cellule familliale. c’est difficile que ces naissances soient bien controler. il faut surtout encourager la cellule familliale, avec la cellule de base on pourra mieu maitriser la question de la plannification.

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  • Le 2 juin 2013 à 04:31 En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

    encore un journaleux qui se contorsionne pour casser de l’opposition en sautant de coq a l’ane et il me semble que l’internaute tapsoba de-h a bien résumé le problème car avec cette mal gouvernance même si le burkina comptait maintenant 7 millions d’habitants,la misère actuelle allait être la même voire plus. prenez la superficie de la chine taiwan,elle fait 10 fois moins que la nôtre mais ils sont plus de 22 millions et ils n’ont pas de pétrole des mines d’or et malgré tout ils mangent a leur faim et ils nous envoient les miettes a manger. comment ils ont fait pour s’en sortir alors que dans les années 60 ils étaient au même niveau de développement du senegal d’des années 60 ? ils ont misé sur l’intelligence. sortons donc de ces faux débats parcequ’un pays structuré se construit avec des hommes avec une politique de développement et la bonne gouvernance avec une justice sociale. ce n’est donc pas faire de la provocation que nous sommes sous peuplés et parler de planning familial est une escroquerie intellectuelle pour masquer ses propres tares. tenez je donne un exemple sur la politique d’aménagement du territoire,est ce vous trouvez normal ces construction anarchiste en horizontal de nos habitations où chaque individu veut sa parcelle pour construire son toît et pire nous avons un gouvernement irresponsable qui se permet de construire quelques centaines de logements sociaux sur des centaines d’hectares. alors que le mieux serait des constructions en hauteur,voilà un bon planning parceque dans quelques années on sera obligé de casser ces habitations et bien d’autres habitations individuelles alors que nos vauriens de gouvernants ont passé leur temps a engloutir des dizaines et des centaines de milliards pour rien pcq ils ont tjrs manqué de vision,aveuglés qu’ils sont par comment faire pour encore voler piller les ressources du pays.

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  • Le 3 juin 2013 à 09:07, par ATT En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

    la CHINE a plus d’un milliard d’habitants sa forte démographie l’a permis d’être la deuxième puissance au monde .ouvrez l’oeil et le bon au lieu de vouloir suivre ces idéologies Maçonniques de lutte contre la procréation .

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  • Le 3 juin 2013 à 12:37 En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

    Commencez par éduquer toutes les filles au Burkina. C’est par cette porte que le changement est le plus rapide. Peu de femmes éduquées acceptent de faire 6, 8 ou 10 enfants de nos jours.

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  • Le 3 juin 2013 à 13:54, par ZAK En réponse à : Planification familiale : Un vrai sujet d’intérêt oublié par les politiques

    Arrêtez de déverser votre haine sur l’opposition ; ce n’est pas elle qui gouverne.
    Vous prétextez un sujet, très sérieux par ailleurs, pour régler vos comptes avec l’opposition. On comprend bien que vous n’avez aucune critique à faire à l’encontre du pouvoir en place, mais vous savez bien que c’est lui qui détient les commandes et a la possibilité de changer les choses, s’il se souciait un tant soit peu de l’avenir de ce pays et de sa population.

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