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Il faut le dire : Le quota genre a encore du chemin à faire !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Elections 2012 > Communiqués • • mercredi 12 décembre 2012 à 02h02min

Sous la pression de ses partenaires techniques et financiers et des organismes de défense des droits de la femme, le Burkina Faso a adopté le 16 avril 2009, la loi sur le quota de 30% de femmes sur les listes électorales. Afin de faciliter son application, ladite loi a été revêtue d’un caractère coercitif. Ainsi en ses articles 5 et 6, il est stipulé que tout parti ou regroupement de partis politiques qui ne respecterait pas le quota de 30% perdrait 50% du financement public. Dans le même temps, il est également prévu un bonus de 50% pour ceux qui iront au-delà de ce pourcentage.

Cette loi vise à enrayer l’inégalité à l’égard de la gent féminine, car jusque-là, elle est peu représentée au niveau des sphères politiques décisionnelles à cause des pesanteurs socioculturelles, psychologiques ou économiques. Les structures nationales en charge de défense des droits des femmes se sont vite félicitées de cette adoption, puisqu’elle peut faire reculer la discrimination contre l’autre sexe dit faible. Mais une chose est d’avoir une loi en vigueur, une autre est son application judicieuse pour le bien-être de tous.
Les élections municipales et législatives ont permis de mettre à nu les manquements liés au non respect de la loi sur le quota genre.

En effet, l’élaboration des listes électorales a fait des gorges chaudes dans certains partis, où des hommes n’ont pas hésité à faire comprendre que les femmes sont faites pour gérer les ménages. Ils ont alors placé malgré eux des femmes sur des listes, pour pouvoir bénéficier du financement public. Et les places qu’occupent ces femmes laissent à désirer. En fait des partis ont positionné les 30% de femmes sur leurs listes, mais à des positions dont les chances d’être élues sont quasiment nulles. De plus, Elles ont aussi déploré le manque de soutien financier et matériel pour les accompagner pour leur pleine participation à la vie politique nationale.

Le résultat est que certaines femmes leaders ont vu leur espoir s’écrouler comme un château de cartes, à l’issue de ces dernières consultations électorales. Dans le Houet par exemple, seule une femme figure parmi les six députés que compte la province. Ces échéances électorales ont donc prouvé que les textes règlementaires ne suffisent pas à améliorer la condition de la femme, puisqu’elles sont impuissantes face aux stéréotypes et préjugés qui guident le comportement de beaucoup de Burkinabé.

Pour changer la donne, il n’y qu’une seule voie, celle de l’éducation. Il s’agit là d’un moyen pour changer les mentalités de la nouvelle génération mais encore mieux amener les femmes à prendre leur destin en main. Si elles sont bien instruites, maîtrisant les domaines politiques, elles pourront même faire mieux que la loi sur le quota. Représentant plus de 52% de la population burkinabè, elles pourront prendre malgré l’égoïsme des hommes, les rênes des sphères décisionnelles.

Aussi, il est nécessaire que les structures pionnières s’adonnent à la sensibilisation. Cette sensibilisation permettra le changement de mentalité et de comportement chez tout individu depuis les cellules familiales. De la sorte, cela pourrait être un gage de la construction d’un environnement social propice à l’épanouissement de tous : hommes et femmes. Sachant que toute communication de nature à faire changer les comportements dans le contexte burkinabè est un travail hardi et de longue haleine, la lutte contre les inégalités à l’égard des femmes pour aider leur pleine participation à la vie politique n’est pas gagnée d’avance.

Evariste YODA

Sidwaya

Vos commentaires

  • Le 12 décembre 2012 à 09:14, par Burkiin bila En réponse à : Il faut le dire : Le quota genre a encore du chemin à faire !

    Je suis d’avis avec la 1ere partie de l’ecrit mais là ou il dit qu’il faut un changement de mentalité au burkinabés pour accepter des femmes élues je m"y oppose. Cela revient a nous insulter. et je dis NON. penser vous que les femmes elues sont le seul fait des femmes ? NON. des hommes ont voté ces femmes. Comme tu le dis , il faut que beaucoup de femme soit bien instruite pour esperer occuper des postes electifs. Aussi force est de reconnaitre que la femme en majorité n’aime pas se mettre au devant des choses (meme si elle aiment se vetir pour qu’on les admire).
    Beh, les femmes montrez vous battantes et on elira. Sinon le quota de Nestorine Sangaré ne vous donnera rien.

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  • Le 12 décembre 2012 à 09:18 En réponse à : Il faut le dire : Le quota genre a encore du chemin à faire !

    Bonjour,
    La solution à la question du genre est de mettre tout le monde à l’école. Tout le reste c’est de l’agitation inutile.

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  • Le 12 décembre 2012 à 09:31, par Palin En réponse à : Il faut le dire : Le quota genre a encore du chemin à faire !

    Arrêtons pour une fois de perdre notre temps avec cette histoire de quota. Je suis favorable à l’accès des femmes aux postes électifs mais je crois que nous allons trop vite. L’essentiel du travail doit se faire à la base car les mentalités des femmes et de la société de façon générale ne sont pas suffisamment évolué. A titre d’exemple, je milite dans un parti politique et j’ai été témoin de toutes les difficultés qu’il y a à positionner une femme sur les listes électorales.
    Si ce n’est pas son mari qui s’oppose c’est elle même qui évoque le manque de temps.
    Pour moi, il faut mettre l’accent sur l’éducation des jeunes filles à la base ainsi elle sera suffisamment outiller pour faire la politique plus tard. Quant au quota, il faut le revoir à la baisse et faire en sorte qu’il soit progressif au fil des élections.

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  • Le 12 décembre 2012 à 12:42, par T /S Debo En réponse à : Il faut le dire : Le quota genre a encore du chemin à faire !

    je suis d’ accord qu il faut scolariser les filles et de les maintenir à l’école
    Il faut avoir un niveau pour lire les lois,pour discuter donc la solution c est appuyer la scolarisation et le maintient des filles à l école ,et non le quota.
    Aussi il faut sensibiliser la population pour donner une autre image de la femme en politique .Ca va prendre du temps mais il le faut ,lentement et surement

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  • Le 12 décembre 2012 à 13:22, par Moin En réponse à : Il faut le dire : Le quota genre a encore du chemin à faire !

    Les hommes qui réfusent que leurs femmes aillent en politique ont un peu raison non ? Ben oui, qui va laisser sa femme aller se faire culbuter par les vampires pour accéder à certains postes ? On a trop vu ça ici....

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