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CSI : L. A. Tiao plaide pour la dépénalisation des délits de presse

Accueil > Actualités > Multimédia • • vendredi 10 décembre 2004 à 09h30min

L.A. TIAO

Le président du Faso Blaise Compaoré a reçu hier jeudi 9 décembre 2004, le rapport d’activités 2003 du Conseil supérieur de l’information (CSI). A cette occasion, Luc Adolphe Tiao du CSI a fait le point sur la situation des médias et demander au chef de l’Etat une levée des peines d’emprisonnement des journalistes dans la révision prochaine du Code de l’information.

Et le président du Faso de répondre qu’il n’exclut pas une rencontre avec la presse national tout en insistant sur le professionnalisme dans les métiers de l’information et le libre accès des citoyens aux médias.

Le Conseil supérieur de l’information (CSI) a présenté, jeudi 9 décembre 2004 son rapport public annuel au titre de l’année 2004 au président du Faso, Blaise Compaoré. Par ce rapport, le Conseil a soumis à l’appréciation du président du Faso, l’état d’exécution de ses missions, la situation des médias, leur évolution ainsi que les perspectives et les recommandations pour une meilleure régulation de l’information au Burkina.

En recevant le rapport 2003 du CSI, le chef de l’Etat s’est félicité de la régularité du fonctionnement de l’institution. Il a par ailleurs apprécié à leur juste valeur les recommandations et les suggestions contenues dans le rapport.

Tout en exprimant sa gratitude "aux membres du Conseil, aux responsables de l’administration et à l’ensemble du personnel, Blaise Compaoré n’a pas manqué de les inviter "à promouvoir toute initiative qui favoriserait un développement et un épanouissement continus et maîtrisés du paysage médiatique national...". Cela devra se traduire sur le terrain par davantage de professionnalisme dans la délicate pratique des métiers de l’information et de la communication d’une part, et d’autre part, par plus de liberté et de possibilité d’accès des citoyens aux médias. Un volet auquel le président Compaoré affirmera dans son allocution attacher une attention particulière.

Car dit-il, "face à l’explosion des bouquets de chaînes de télévisions numériques qui prennent d’assaut, le moindre espace de diffusion à travers les ondes, le Burkina Faso n’est pas épargné... J’invite le Conseil à veiller dans la mesure du possible à la qualité des contenus de ces chaînes afin de préserver notre jeunesse de la tendance à l’uniformisation des valeurs culturelles mondiales". C’est seulement à ce prix que les médias locaux travailleront à promouvoir et à valoriser la qualité et la diversité des valeurs culturelles du Burkina. Actualité oblige. Blaise Compaoré a profité de l’occasion pour félicité la presse nationale et internationale qui se sont fortement mobilisées pour le succès du Xe Sommet de la Francophonie. Ce qui a permis une meilleure information des populations sur les enjeux de la Francophonie.

Du rapport 2003 du CSI

La crise ivoirienne, l’incendie du marché central de Ouagadougou, la scission survenue au sein de l’ADF/RDA, les journées des groupes parlementaires, les congrès des partis politiques, les activités du chef de l’Etat et du gouvernement, celles des partis politiques, des institutions républicaines et de la société civile ont constitué la charpente de l’activité des médias en 2003. En outre, le rapport 2003 relève que les médias burkinabè ont consacré un grand espace au traitement de l’information relative à la crise ivoirienne du fait de ses répercussions sur la géopolitique et socio-économique sous-régionale.

Le président du CSI, Luc Adolphe Tiao a toutefois souligné dans son intervention "qu’à partir d’agrégats de temps d’antennes et de parole obtenus dans les programmes des médias audiovisuels publics", il ressort un contraste entre le rôle et la place des différents acteurs politiques. Selon M. Tiao, "si le gouvernement, en raison de l’exécution quotidienne et concrète de missions d’intérêt général, occupe un peu plus de la moitié des temps d’antenne et de parole dans les programmes des médias publics, le pluralisme et l’équilibre de l’information n’en demeurent pas moins une réalité au Burkina". C’est pourquoi, Luc Adolphe Tiao a demandé que la prochaine révision du Code de l’information puisse prendre en compte certaines dispositions.

Il s’agit entre autre de la suppression des peines d’emprisonnement des journalistes pour crimes autres que ceux relatifs à l’incitation à la haine, au génocide et contre l’unité nationale, leur accès aux sources d’information et aux lieux des différentes manifestations et cérémonies ainsi que la protection des journalistes dans leur métier.

Loin de mettre les journalistes au-dessus de la loi, Luc Adolphe Tiao pense qu’une telle disposition imposerait aux hommes de médias une plus grande responsabilité dans le traitement de l’information et du respect de l’éthique et la déontologie des métiers d’information et de communication.

Le président du CSI, M. Tiao, a aussi plaidé en faveur d’une rencontre entre le chef de l’Etat et la presse nationale, dans un cadre convivial. Selon lui, cette rencontre permettra de tisser incontestablement des passerelles au bénéfice du dialogue social. En réponse, le chef de l’Etat n’a pas exlu une telle éventualité. "Je serai heureux de rencontrer la Presse", a déclaré en substance, Blaise Compaoré.

Satisfecit pour Sidwaya...

Passant à la loupe, la situation des médias, le président du CSI, Luc Adolphe Tiao s’est réjoui des efforts déployés par le gouvernement pour moderniser les studios de la Radio nationale du Burkina (RNB), assurer la couverture radiophonique et télévisuelle intégral du territoire national, et doter les Editions Sidwaya d’une nouvelle imprimerie. Il s’est dit satisfait du quotidien d’Etat Sidwaya qui "a su s’ajuster au contexte de concorde et de pluralisme d’opinions tout en assurant sa vocation de service public".

Ibrahiman SAKANDE (ibra.sak@caramail.com)
Nadoun S. COULIBALY (coulibalynadoun2002@yahoo.fr)
Sidwaya

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