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La langue française au service de la démocratie et du développement

Accueil > Actualités > Diplomatie - Coopération • • mardi 16 octobre 2012 à 01h37min
La langue française au service de la démocratie et du développement

Le président du Faso, Blaise Compaoré, a participé au XIVe sommet de la Francophonie tenu du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Les questions de démocratie, de justice internationale, de sécurité, de développement ont été évoquées à cette biennale des pays partageant la langue de Molière.

Le Palais du peuple de Kinshasa, majestueuse bâtisse au cœur de la capitale congolaise, a accueilli la grande rencontre francophone 2012, la XIVe Sommet de la Francophonie, une première en Afrique centrale. Le sommet a enregistré 49 délégations comprenant 16 chefs d’Etat, dont le président du Faso, Blaise Compaoré qui a pris part, le 13 octobre, à l’ouverture du Sommet. Au cours d’un débat sur la « gouvernance démocratique et droit de l’homme », le président du Faso est revenu sur la situation au Mali. Pour Blaise Compaoré, la communauté francophone, dans son ensemble, doit se sentir concernée par le drame qui touche ce pays membre de l’organisation. Aussi, il a attiré l’attention sur le fait que les effets du drame malien peuvent se révéler dévastateurs pour un plus grand nombre de pays. « La crise institutionnelle et sécuritaire que connait le Mali, constitue un recul de la gouvernance démocratique et porte de graves atteintes aux droits humains et aux libertés fondamentales du citoyen », a-t-il indiqué. Avant de poursuivre : « C’est pourquoi, il est indispensable pour notre organisation (l’OIF) de s’investir pleinement dans les initiatives en cours, visant à rétablir la continuité de l’Etat de droit au Mali ». En sa qualité de médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le Mali, il a exprimé sa gratitude aux chefs d’Etat, ainsi qu’aux organisations qui ont accompagné les efforts de la médiation. Ce qui a permis d’aboutir à un retour de l’ordre constitutionnel et à la mise en place d’organes de transition au Mali, dirigés par une personnalité civile. La feuille de route de cette transition portera sur le règlement de la crise au Nord-Mali et l’organisation d’élections démocratiques.

Bientôt un dialogue inclusif, utile et constructif au Mali

Dans cette optique, Blaise Compaoré a l’intention, en concertation avec le président en exercice de la CEDEAO, le médiateur associé et le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, d’engager les parties au conflit, ainsi que les communautés vivant au Nord-Mali, dans un dialogue inclusif, utile et constructif. « L’instauration d’une paix durable au Mali, requiert de notre part, une approche politique et stratégique visant à résoudre les causes profondes du conflit et l’usage de la force pour combattre, efficacement, le terrorisme et le crime organisé, qui tirent leur origine de la faiblesse de la gouvernance politique et économique dans la région du Sahel », a proposé le Président Compaoré. Le chef de l’Etat burkinabè a salué la désignation d’un représentant du secrétaire général des Nations unies pour le Sahel, ainsi que les résolutions adoptées par le conseil de sécurité, en vue de promouvoir une paix durable. En outre, a-t-il souligné, « l’application des principes de la bonne gouvernance, dans nos pays respectifs, nous a permis d’engranger des acquis substantiels qui touchent le cadre formel et institutionnel de la démocratie, avec l’émergence d’une véritable société civile, ainsi que l’amélioration des systèmes électoraux ». Toutefois, a relevé le président du Faso, il reste à envisager les perspectives qui confortent la démocratie et la gouvernance en Afrique. Et cela, a-t-il insisté, impose l’adoption de réformes profondes, pour corriger les dysfonctionnements qui paralysent et disqualifient nos systèmes de gouvernance. « En cela, et face à la persévérance des multiples contraintes ou handicaps, l’engagement de tous nos Etats, dans des processus novateurs et adaptés, constitue un véritable espoir pour relever les défis de la bonne gouvernance démocratique et le respect des droits humains dans l’espace francophone », a soutenu le président Blaise Compaoré devant ses pairs.

Lors de la cérémonie d’ouverture, de ce XIVe Sommet, le plus heureux était le président congolais, Joseph Kabila Kabangué. « Quelle belle opportunité pour exprimer, ensemble, notre foi aux valeurs d’humanisme, de démocratie et d’égalité, consolider nos liens de coopération et de solidarité, affirmer notre unité par-delà notre diversité », a-t-il lancé. Le Président a rappelé que, prenant en compte les préoccupations présentes et à venir des Etats francophones, la République Démocratique du Congo (RDC) a recommandé que les échanges, à l’occasion du sommet, s’articulent autour du thème « Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale ». « Nous formons le vœu de voir notre organisation, au regard de ses missions propres et des Objectifs du millénaire pour le développement, proposer des solutions innovantes et concertées aux questions environnementales et économiques », a souligné le chef de l’Etat congolais. Il a longuement analysé le conflit à l’Est de son pays et face auquel, a-t-il dit, « on ne peut être membre de la Francophonie et ne pas s’en émouvoir, du fait de cette guerre injuste qui nous est ainsi imposée par des forces négatives à la solde des intérêts extérieurs. Une fois de plus, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants perdent la vie, ou sont en errance dans les montagnes du Kivu... ».

Principes et exigences de la Francophonie

Du haut de la tribune du sommet de la Francophonie, le président français, François Hollande, a exprimé le soutien de son pays au peuple congolais qui aspire, « comme chaque peuple, à la paix, à la sécurité et à la démocratie ». Pour Hollande, la Francophonie est bien plus qu’un patrimoine légué par l’histoire, bien davantage qu’un lien linguistique entre des populations qui, parfois, s’ignorent. Elle porte des valeurs, des principes, des exigences. « Parler le français, c’est une façon de penser, de concevoir le monde. C’est un message de liberté. C’est en français que les révolutionnaires de 1789 ont proclamé et donc écrit la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. C’est en français, en 1948, qu’a été rédigée la déclaration universelle des Droits de l’homme », a-t-il rappelé aux francophones réunis au Palais du peuple de Kinshasa. Le français est une langue africaine et le sera de plus en plus. En 2050, a ajouté le chef de l’Etat français, 700 millions de personnes parleront le français, dont 80% d’Africains. Il a indiqué que les efforts doivent être poursuivis pour accroître la libre circulation des « talents », artistes, étudiants, chercheurs dans l’espace francophone. La deuxième priorité est de faire de la Francophonie, un outil au service du développement. Cela, à travers la préservation de la planète et de la biodiversité, la lutte contre le réchauffement climatique, ainsi que la transparence dans les industries extractives pour lutter contre le pillage des ressources naturelles. La troisième priorité, concerne le règlement des crises, en particulier celles du Kivu et du Nord-Mali. « Les frontières de la RDC sont intangibles et doivent être respectées », a martelé Hollande sous des ovations nourries. Le « président normal » est favorable à l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies au Congo, (MONUSCO). Aussi a-t-il réitéré : « Nous devons affirmer notre détermination à lutter contre le terrorisme et à assurer au Mali, l’intégrité de son territoire ». Le chef de l’Etat français s’est réjoui des efforts de l’Union africaine et de la CEDEAO en particulier. Ces efforts ont abouti à un vote du Conseil de sécurité de l’ONU, permettant d’envoyer une force pour combattre les terroristes du septentrion du Mali. Qui plus est, pour François Hollande, « la démocratie, les droits de l’Homme, le pluralisme, le respect de la liberté d’expression, l’affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants », constituent une autre priorité.

Abdou Diouf rejette le « deux poids deux mesures »

La France qui s’est proposée d’accueillir le premier Forum des femmes francophones entend aussi œuvrer pour l’abolition de la peine de mort à l’échelle mondiale. A l’image des autres intervenants à la cérémonie d’ouverture, comme les présidents sénégalais, Macky Sall, tunisien Moncef Marzouki, du Premier ministre canadien Stephen Harper du vice-président du Conseil fédéral suisse, Ueli Maurer, et de la représentante du secrétaire général (SG) de l’ONU, Mme Irina Bukova, le SG de la Francophonie, Abdou Diouf, a également mis en exergue les valeurs et convictions de la Francophonie.

Le dirigeant de l’institution francophone a lancé un cri du cœur contre l’injustice et les inégalités, aussi bien au niveau économique que politique. Pour Abdou Diouf, « En laissant perdurer un déficit de démocratie dans les relations internationales, en reportant sine die la réforme du Conseil de Sécurité des Nations unies, la réforme du FMI et de la Banque mondiale, instances où l’Afrique doit occuper la place qui lui revient de droit, en entérinant le pouvoir autoproclamé de quelques-uns, parmi les plus puissants, de décider, sans réelle concertation, de l’avenir de tous, singulièrement des plus démunis, c’est encore la stabilité et la sécurité du monde que nous mettons en danger ». En Outre, Abdou Diouf a dénoncé ce qu’il a appelé la politique du « deux poids, deux mesures », du « deux poids, deux discours ». La Francophonie, a dit son secrétaire général, doit se mobiliser pour faire bouger les lignes, « parce que l’Afrique est en train d’écrire une part de son histoire et ce faisant, elle écrit une part déterminante de l’histoire de l’humanité ».

Bachirou NANA SIDWAYA
(Envoyé spécial à Kinshasa)

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