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Médias : La télévision BF1 a deux ans

Accueil > Actualités > Multimédia • • lundi 20 août 2012 à 22h29min

18 août 2010-18 août 2012, la télévision BF1 souffle ses deux bougies. Après deux ans de vie, la dernière née des télés commerciales du Burkina, marque un arrêt pour évaluer le chemin parcouru afin de se projeter vers l’avenir avec plus de sérénité et d’optimisme. Le panel organisé le vendredi 17 août dans la salle de conférence de Ouaga 2000 entre dans le cadre des activités commémoratives de cet deuxième anniversaire. A l’occasion, Dr Cyriaque Paré, promoteur du portail Lefaso.net s’est penché sur « la viabilité des télévisions privées dans le contexte économique du Burkina ». Mais avant, Dr Emile Pierre Bazyomo a animé une première communication sous le thème « l’interactivité des médias avec le public ».

La « télé qui ose » veut répondre davantage aux aspirations de ses auditeurs. Mais, elle entend également trouver la solution à l’équation économique, souci propre à l’ensemble des télévisions privées burkinabè. C’est sans doute ce qui justifie le choix de ses deux thèmes pour ce panel. Un panel qui a réuni essentiellement des journalistes, des étudiants mais aussi des personnalités politiques telles que le secrétaire général du ministère de la communication Adama Barro et l’ex-premier ministre Tertius Zongo.

Les émissions interactives dans les médias audiovisuels, les espaces interactifs tels que les forums dédiés aux lecteurs constituent une mode actuellement. L’auditeur ou le lecteur n’est plus passif. Mieux, il exploite de plus en plus ces nouveaux espaces relationnels mis à sa disposition par les médias. Aujourd’hui, la quasi-totalité des médias burkinabè disposent d’émissions interactives. Dans sa communication, Dr Emile Pierre Bazyomo a pu dénombrer des émissions d’information, d’explication, de divertissement mais aussi d’assistance. « Ces émissions permettent de fidéliser l’auditoire ou de le conquérir », soutient Dr Bazyomo.

Les télévisions ouvrent de plus en plus des espaces d’interaction avec les téléspectateurs. Sur Internet, les forumistes sont pratiquement les nouveaux maîtres, obligeant désormais les journalistes à compter avec eux. L’information fournie par le journaliste peut être démentie ou complétée par le forumiste. Fini donc la « tyrannie médiatique ». Grâce à ces espaces relationnels, le peuple prend en main son pouvoir en distribuant des bons et des mauvais points aussi bien aux journalistes, animateurs et autres diffuseurs de l’information qu’aux décideurs qu’il peut désormais sanctionner directement. Les citoyens arrivent ainsi à satisfaire leur désir de participer à la gestion de la cité. « N’importe quelle personne peut être maintenant à la fois producteur et diffuseur de contenu médiatique », comme l’a rappelé le communicateur du jour.

Mais, cette nouvelle donne n’est pas sans risque. « En même temps que vous donnez la possibilité à n’importe qui de pouvoir dire n’importe quoi sur n’importe qui, en même temps, il y a le risque que ce pouvoir soit saisi par les mal-intentionnés au détriment de la vie privée d’autrui, ou à des desseins personnels avoués ou non avoués. C’est pourquoi, il faut trouver des moyens pour faire en sorte qu’à partir de l’auto-régulation, de l’auto-responsabilisation de l’individu, qu’on ne puisse pas scier la branche sur laquelle on est installée, qu’on ne puisse pas transformer la liberté longuement acquise en une sorte de poison qui pourrait détruire la liberté d’expression », souligne Dr Bazyomo.

La deuxième communication animée par Dr Cyriaque Paré a permis de dresser un état des lieux du paysage audiovisuel, d’exposer la question du modèle économique et d’annoncer quelques perspectives possibles.

Selon les statistiques officielles fournies par le CSC et les observations personnelles, le paysage audiovisuel burkinabè est aujourd’hui riche de 27 télévisions, décomposables ainsi qu’il suit : 6 télévisons confessionnelles dont 4 sont fonctionnelles, une télévision associative, fonctionnelle, 15 télévisons commerciales dont 9 fonctionnelles, une télévision internationale et 2 opérateurs MMDS (qui vendent les bouquets satellitaires). A côté des télés privées, se déploient deux télés publiques : la TNB Ouagadougou et la TNB Bobo Dioulasso, avec 9 antennes relais à travers le territoire national. « Une telle offre plurielle, même si elle n’est pas toujours pluraliste fait néanmoins le bonheur des téléspectateurs qui, depuis quelques années, ont découvert les joies du zapping et aussi ses malheurs car détenir la télécommande revêt parfois un enjeu socio-politique ! », constate Dr Cyriaque Paré.

Si les téléspectateurs trouvent leur bonheur dans cette pluralité, ce n’est pas encore le cas des promoteurs de télévisions. « Si les télévisions confessionnelles et associatives ont d’autres sources de financement reconnues comme les contributions des fidèles, des partenaires et autres acteurs naturels, les télévisions commerciales affrontent une équation jusqu’ici quasi insoluble pour la plupart : trouver un modèle économique viable », constate Dr Paré.

Les rapports d’activités soumis au CSC font ressortir, pour la plupart, des comptes déficitaires. Dans un tel climat de « débrouillardise, de bricolage financier », la question du modèle du modèle économique de financement est plus que jamais d’actualité. Les modèles de financement des télévisions privées restent étriquées (publicité traditionnelle avec les spots, les reportages facturés, les ventes d’espaces pour des émissions spécifiques, messages promotionnels pour certains produits, bandeaux de textes défilants, etc. en plus de la subvention de l’Etat.

Chaque opérateur, avec plus ou moins de réussite expérimente certains de ces modèles. Dans ce csens, c’est Canal 3 qui semble tirer le meilleur parti en réussissant à équilibrer ses comptes depuis 2009. BF1, avec ses deux ans d’existence réussit tout de même à réaliser un chiffre d’affaire d’environ 150 millions de francs CFA. Mais, elle est pour le moment accroché « aux mamelles de ses principaux actionnaires ». Certes, l’environnement concurrentiel est difficile avec la pléthore de télévisions commerciales à Ouagadougou mais, il est possible de faire vivre des projets télévision privée au Burkina. Sans doute « à coup de beaucoup d’innovations, d’adaptation au marché local, aux réalités locales avec des produits et des programmes bâties sur la proximité. Et aussi avec un nombre d’acteurs plus réduit », se convainc Dr Paré.

Quant à Tertius Zongo qui a pris part aux débats, il a déploré le manque d’esprit d’entreprise de la plupart des détenteurs d’entreprises de presse burkinabè. Une entreprise de presse, a-t-il souligné, doit avoir un projet et le promoteur doit accepter prendre des risques.

Moussa Diallo

Faso-tic.net

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