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Au palais de justice : Un faux journaliste condamné à six mois avec sursis

Accueil > Actualités > Multimédia • • vendredi 29 octobre 2004 à 07h41min

Le tribunal correctionnel de Ouaga a jugé, le 22 octobre 2004, un prévenu du nom de Henri Joël Yerbanga épinglé pour diffamation à l’égard de magistrats et escroquerie. Pour parvenir à ses fins, il s’est tout simplement fait passer pour un journaliste des Editions "Le Pays". Il a été reconnu coupable des faits à lui reprochés et condamné à 6 mois avec sursis.

Henri Joël Yerbanga. Ce nom est familier à beaucoup de personnes travaillant ou fréquentant le Palais de justice de Ouaga. Bon nombre de magistrats, de greffiers, d’avocats, d’agents de la sécurité pénitentiaire ont eu affaire à celui-là que l’on peut qualifier, sans exagération, de rat du palais. L’auteur de ces lignes a croisé son chemin en avril 2001, date à laquelle nous avons pris le relais de l’animation de cette rubrique. Des liens d’amitié sont nés. Le sieur Yerbanga les utilisera tout simplement pour commettre des indélicatesses tant sur notre dos (voir encadré) que sur celui d’autres personnes.

C’est le cas, par exemple, de la diffamation à l’égard de magistrats et d’escroquerie pour lesquelles il a été pris et jugé récemment. Ce dernier délit, qui a engendré le premier, est parti de la proposition faite à une vieille justiciable d’intervenir auprès d’un magistrat pour obtenir la mise en liberté provisoire de son enfant détenu à la Maison d’arrêt et de correction de Ouaga (MACO). A cette fin, l’intermédiaire qui s’est fait passer pour un journaliste du "Pays" et de surcroît le chroniqueur judiciaire, demande 86 000 F CFA pour assurer le carburant du magistrat comme on le dit couramment. La vieille dame s’exécute. L’argent encaissé, l’intermédiaire s’en va effectivement voir le magistrat en question et lui expose le problème.

Sans détour, ce dernier lui dit que ne s’occupant pas du dossier, il est mal aisé d’intervenir et le renvoie tout simplement à son collègue. Est-il allé voir ce dernier ? N’y est-il pas allé ? Toujours est-il qu’il n’y a pas eu de liberté provisoire pour le jeune détenu. Lasse d’attendre, la vieille s’est mise à médire le premier magistrat qui ignorait que son nom a été utilisé dans une transaction. Celui-ci faillit tomber à la renverse lorsque la justiciable, qui l’a identifié grâce à des tiers, prit son courage à deux mains et vint aux nouvelles.

Remis de ses émotions, il répéta ce qu’il avait dit à l’intermédiaire qui s’est fait également passer à son niveau comme un journaliste du "Pays" et à qui il a aidé financièrement plus d’une fois. La dame s’excuse pour ce qu’elle a dit de mauvais, à tort, sur le magistrat. Ecoeuré par ce comportement, le magistrat piège celui qu’il considérait jusque-là comme son ami et le fait prendre par la gendarmerie. Après un mois de détention préventive à la MACO, le sieur Yerbanga s’est retrouvé de l’autre côté de la salle d’audience du tribunal de grande instance c’est-à-dire devant la barre dans le prétoire. Et cela pour répondre des faits de diffamation à l’encontre de magistrats et d’escroquerie.

Le prévenu a reconnu les faits et s’est confondu en excuses. Le substitut du Procureur du Faso a, malgré tout, demandé au tribunal de le connaître coupable et lui infliger une peine de 24 mois de prison ferme. Finalement, la présidente l’a condamné à 6 mois avec sursis. Signalons que c’est le beau-frère du prévenu qui a remboursé la somme prise à la vieille dame.

Par Séni DABO


Usurpation de titre : C’était donc lui !

En février 2004, nous publions un avis au public, dont le libellé n’avait pas été compris par certaines personnes, sur l’usurpation de l’identité dont l’auteur de ces lignes a été victime. A l’époque, la description de l’usurpateur qui nous avait été faite nous a fait penser un moment donné au sieur Henri Joël Yerbanga. Faute de preuves formelles, nous nous sommes ravisé en se disant que si l’intéressé n’arrêtait pas ses agissements, il finirait par être démasqué. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que nos soupçons étaient fondés au regard des agissements du sieur Yerbanga. Un retour sur les circonstances de l’usurpation d’identité nous permet également de l’affirmer.

Le premier contact entre l’usurpateur et la personne qui nous a alerté en février dernier a eu lieu dans une salle d’audience du Palais de justice de Ouaga. L’usurpateur, selon toujours notre source, s’est présenté à elle, sous notre identité et lui a également présenté un numéro du quotidien "Le Pays" dans lequel il y avait un compte rendu d’audience. Après, il rendait régulièrement visite à notre source à son service toujours sous notre identité.

Malheureusement, l’usurpateur ignorait qu’au sein de ce service il y a une soeur d’un travailleur des Editions "Le Pays". Celle-ci informa son frère qu’un de ses collègues vient régulièrement bavarder dans son service. A son tour, ce dernier voulut tout juste nous faire savoir qu’il a une soeur dans le service où nous allons fréquemment. Il ne nous a pas pris au sérieux lorsque nous lui avons dit ignorer même la situation géographique du service en question. Il a fallu qu’il amène notre photo dans ce service pour que sa soeur et une collègue de cette dernière lui fassent savoir ne nous avoir jamais vu dans leurs locaux. Ce qui a convaincu notre collègue de notre sérieux.

C’est à l’issue de cette "confrontation" qu’a été publié l’avis au public. Depuis lors, l’usurpateur n’y a jamais mis les pieds.
S’il a déserté ce service, il n’a pourtant pas cessé ses agissements. Il a tout simplement changé de méthode. Jugeant risqué de se présenter sous notre identité, il s’est fait passé pour un journaliste du "Pays" surtout au palais. Comment procédait-il ? Il s’arrange pour s’afficher chaque fois à nos côtés dans ce lieu où nous sommes plus ou moins connu à force de le fréquenter. Des personnes qui nous connaissent personnellement (magistrats, avocats, greffiers, etc.) et nous voyant toujours ensemble ont fini par le prendre pour un journaliste du "Pays".

Il n’a fait que jouer sur cela. Ayant toujours un numéro de ce quotidien en main qu’il est prêt à offrir, il écume les couloirs et les bureaux soit pour rechercher des informations pour son journal dans lequel il dit écrire sous un pseudonyme qu’il prend soin de ne pas dire ou pour exposer des difficultés existentielles et obtenir souvent un appui financier. Au regard de tout ce qui précède, nous pouvons dire aujourd’hui que c’est le nommé Henri Joël Yerbanga qui avait usurpé notre identité.

S.D
Le Pays

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