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CEDO : La solution par l’enseignement à distance

Accueil > Actualités > Multimédia • • samedi 23 octobre 2004 à 09h16min

Une salle de classe. Des ordinateurs, un écran géant. Voilà comment se présente l’école du XXIe siècle. Une classe sans "enseignant" tel que nos aînés l’ont connu, mais avec du matériel informatique dernier cri. Au Burkina, le centre d’enseignement à distance de Ouagadougou (CEDO) se présente déjà comme le précurseur de ce type d’enseignement.

Sidwaya Plus à rencontré M. Amado Yaro directeur général de CEDO. Il s’explique et s’explique des avantages de "reste" à Ouagadougou et suivre des cours ... par de grands maîtres à travers le monde.

Sidwaya plus (S.P.) : Présentez-nous le centre d’enseignement à distance de Ouagadougou.

R. : Le Centre d’enseignement à distance de Ouagadougou (CEDO) est né de la volonté du Burkina dans le cadre de la lutte pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté. C’est une émanation de l’Association centre d’enseignement à distance de Ouagadougou. Sa particularité réside dans le but qu’il est géré par une direction générale mais aussi par une association de droits privés crée le 25 juin 2002 selon les dispositions de la loi 1092 portant sur la liberté d’association. C’est un centre qui comprend les représentants des pouvoirs publics, du secteur privé national et de la société civile. Il a comme atouts l’excellence et la formation parce que nous sommes convaincus que de plus en plus la formation est un élément important dans le dispositif des Etats pour lutter contre le sous-développement.

La gestion des ressources humaines est un élément dont tout le monde parle. Aujourd’hui nous sommes convaincus que former des hommes c’est former la nation. Une des particularités du centre c’est de rompre avec la tradition classique c’est-à-dire le face à face pour utiliser des moyens technologiques pour permettre à quelqu’un qui doit apprendre d’être sur place et d’apprendre à partir d’un enseignant qui est à Paris, New York...

Pour cela nous disposons d’un certain nombre de matériel et logistiques que sont une connexion Internet par micro-station, nous avons une salle multimédia qui peut revoir les personnalités les plus importantes. Nous avons une salle vidéo conférence qui va permettre aux apprenants de regarder et d’écouter les cours venant de l’extérieur. Enfin nous avons un réseau de télécommunication de haute qualité.

S.P. : Comment est-ce que le centre fonctionne ?

R. : Le centre fonctionne sur deux registres . Le premier registre c’est sur le plan technique. Il y a une salle de vidéo conférence avec deux grands écrans où les apprenants peuvent suivre les cours qui viennent de l’étranger. Et comme ce n’est plus la méthode classique nous travaillons avec un facilitateur chargé de réactiver tout ce que les gens n’ont pas compris. Avec la vidéo on n’a pas le temps d’avoir le feed-back. L’autre partie qui est plus pédagogique fonctionne à travers des séminaires pédagogiques que le gouvernement organise.

Et comme nous relevons du ministère de l’économie et du développement nous allons nous intéresser aux séminaires initiés par le gouvernement pour la formation de ses agents. Nous avons lancé une étude d’identification des besoins de formation et cette étude va nous révéler les modules de formation prioritaire que nous allons faire. Nous démarrons nos activités à partir de novembre.

S.P. : Quelles sont les filières disponibles au niveau du CEDO ?

R : Les domaines d’intervention sont les plus vastes possibles. Nous allons du droit, de l’économie, de la gestion, de la comptabilité jusqu’au tourisme à la sécurité. C’est en fait tous les domaines où il y a un besoin de formation. Je voudrais aussi rappeler que nous faisons partie d’un réseau mondial de la formation qui a été initié par la Banque mondiale depuis les années 1995. En Afrique les premiers centres ont été ouverts en 2000. Pendant trois ans la banque et le gouvernement appuient le centre et au bout des trois ans le centre doit s’autofinancer c’est le cas au Sénégal et au Bénin. Les cours sont dispensés sur place mais il y a aussi des cours qui nous sont envoyés par la Banque mondiale.

Beaucoup de gens nous posent la question de savoir si nous n’allons pas faire des formations diplomantes. Cela ne nous préoccupe pas pour le moment parce que le CEDO a été crée par le gouvernement pour des besoins de formation de courte durée de ses agents. Mais nous sommes en train de réfléchir pour voir si nous n’allons pas proposer un ou deux diplômes à la rentrée 2005-2006. L’expérience montre également que les gens n’ont pas besoin nécessairement de la formation longue. Ils ont besoin de formation thématique.

S.P. : Quels seront les secteurs-diplômats ?

R. : Les secteurs-diplômants vont dépendre de l’étude du marché parce que c’est ce qui intéresse les gens que nous allons mettre en œuvre. On peut penser à la gestion des entreprises.

S.P. : Quelles sont les conditions d’accès au CEDO ?

R. : Les conditions d’accès sont comme tous les centres de formation. Nous avons la chance d’être financés. Donc les coûts que nous faisons sont fonction du marché local. C’est par activité que nous fixons les prix. Il y a la situation des agents de l’Etat que nous formons. Nous allons établir un quota de 20 %. C’est-à-dire que l’Etat nous envoie gratuitement des agents dans une fourchette de 20 % que nous formons gratuitement. C’est pour aussi notre contribution à la formation des agents de l’Etat.

Mais il est évident qu’au fur et à mesure que nous allons avancer cela va devenir de moins en moins gratuit puisque nous allons nous autofinancer. Je rappelle également que les apprenants peuvent se faire subventionner par des centres de financement classique comme l’agence française de développement, les ambassades. Donc les coûts vont varier en fonction de toutes ces considérations.

S.P. : Comment les burkinabè ont accueilli le CEDO ?

R. : Nous n’avons pas vraiment démarré nos activités mais des études préalables ont révélé qu’il y a un besoin important au niveau du secteur privé et du secteur public. Lorsque vous regardez de manière empirique les fonctionnaires, les salariés qui s’inscrivent dans des centres de formation cela signifie qu’il y a un engouement pour l’apprentissage. Je pense que c’est une bonne chose que les burkinabè aient compris cela parce que la meilleure garantie pour lutter contre le chômage reste le diplôme et la formation. Donc les études ont démontré que c’est un centre qui a sa place. Il y a aussi l’expérience des autres pays au Sénégal, en Mauritanie, au Bénin, et en Côte d’Ivoire. Si dans ces pays ça a marché il n’y a pas de raison que ça ne marche pas ici.

S.P. : Qui peut s’inscrire au CEDO ?

R. : Tout le monde peut s’inscrire au CEDO. Lorsque nous initions une formation nous précisons le public cible. Donc c’est la nature de la formation qui détermine le public cible. Nous avons par exemple en projet une formation Internet aux petits enfants. A l’opposé aussi nous avons une formation de haut niveau sur la nature des relations entre les projets et les bailleurs de fonds. Là ce sont les coordonnateurs de projets, les DAAF ... Nous avons aussi en projet d’initier à nos grands responsables l’utilisation de l’ordinateur portable.

C’est en fonction de la nature de la formation que nous déterminons le profil du public cible. A la fin de la formation il y a une attestation que nous délivrons lors d’une cérémonie. Nous avons pour ambition l’année prochaine de former à peu près entre 50 à 75 personnes par mois. Nous avons les infrastructures au niveau du CEDO. Nous sommes logés à Ouaga 2000 dans un bâtiment R+1.

S.P. : Que gagne l’Etat en termes d’économie en envoyant ses agents au CEDO ?

R. : L’Etat gagne en réduisant d’abord les charges de la formation. Quand la personne peut rester sur place et se former ça revient très moins cher. Le deuxième avantage c’est que lorsqu’on réduit les charges ont peut former plus de gens. Au lieu des Bourses qui sont en nombre très restreint, la formation sur place profite à beaucoup de gens. Troisième élément c’est que nos formations correspondent aux problèmes que les gens vivent. Pendant longtemps les gens se formaient à l’étranger et parfois ça ne reflètait pas ce que nous voulions. Et c’est ce que nous essayons de corriger. Globalement l’Etat a fait de la formation un élément important dans le dispositif de la croissance économique.

En formant les gens sur place nous leur permettons d’être plus performant et de suivre l’évolution du lieu du savoir. Dans notre credo nous disons "le CEDO c’est un port d’import export du savoir et de la connaissance". Donc nous importons et exportons le savoir et pour nous c’est un élément important dans un pays. En résumé l’Etat gagne économiquement en réduisant les charges, l’Etat gagne en augmentant le nombre de personnes qui sont formées et naturellement ça permet d’élever le niveau de conception de travail.

S.P. : De façon concrète, si la direction générale des Editions Sidwaya veut par exemple former ses journalistes au CEDO, quelle est la démarche à suivre ?

R. : Si vous avez un formateur nous essayons de voir si ce formateur peut faire votre affaire. Si vous n’en avez pas nous vous trouvons un formateur à l’étranger de préférence parce que pour nous la formation aujourd’hui c’est l’échange d’expérience. Nous programmons les thèmes et ensemble vous allez échanger. En ce moment vous pouvez rentrer en contact avec les pays qui sont connectés au réseau que nous appelons Global developpment learning net work (GDLN) de réseau mondial de la formation pour voir comment dans ces pays comment ça se passe.

S.P. : On peut considérer l’enseignement à distance comme une révolution ?

R. : C’est une révolution parce qu’on a rompu avec la méthode classique qui est le face à face. Nous voulons allier les aspects technologiques, les techniques de l’information et de la communication à la réalité de ce qu’on peut faire apprendre à quelqu’un. C’est une révolution parce que ce à quoi on ne s’attendait pas au départ se réalise aujourd’hui. Le formateur n’a plus à faire à des gens qui ne connaissent pas mais à des gens qui ont de l’expérience et qui veulent partager cette expérience. Et ça c’est un élément important.

Deuxièmement c’est un chamboulement de la formation en général. Une autre révolution que cela va entraîner, c’est au niveau de la fonction publique. Desormais faut-il mettre quelqu’un en positon de stage ? Nous sommes en train de réfléchir avec le ministère de la fonction publique sur ces éléments. Habituellement lorsque quelqu’un va en stage la fonction publique délivre un arrêté de mise à position de stage.

Mais si la personne peut apprendre ici en étant ici et en continuant de travailler cela va chambouler les méthodes de travail classiques. pour nous ça remet en cause un certain nombre de concept. Si la personne doit rester sur place et se former faut-il la mettre en position de stage ? faut-il lui accorder une bourse ? Faut-il lui donner des perdiems ? Je pense que l’Etat qui est d’avis avec nous a des questionnements qui vont trouver des réponses le plus tôt possible.

S.P. : On a l’Université qui se décentralise. Sera-t-il de même pour l’enseignement à distance ?

R. : Tout a fait. Nous sommes en contact avec la présidence de l’Université pour partager cette connaissance, mettre en réseau les différentes Universités de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et bientôt Koudougou. Donc sur ce plan nous allons demander une audience pour nous accorder sur un certain nombre de solutions.

S.P. : Pourquoi le MEDEV comme ministère de tutelle et non le MESSR ?

R. : Il y a eu un débat là-dessus et c’est aussi une particularité du CEDO. Le CEDO relève d’une Association de droits privés ce qui est assez nouveau dans notre arsenal juridique. Le deuxième aspect qui fait que nous ne relevons pas du MESSR c’est que nous estimons que le MEDEV à la particularité de fusionner tous les efforts que l’Etat a mis sur place pour lutter contre la pauvreté. Notre credo c’est que le CEDO s’insère parmi les moyens que l’Etat a mis en place dans le cadre de la politique de croissance et de lutte contre la pauvreté. Maintenant nous allons travailler avec le MESSR, la DELGI...

S.P. : Vous positionnez-vous comme concurrent ou comme complément de l’Université ?

R. : Il n’y a pas de concurrence entre l’Université et le CEDO parce qu’on n’a pas les mêmes objectifs. Nous formons des gens qui sont déjà sur le terrain. Maintenant nous sommes complémentaires au regard des objectifs poursuivis par chacun. Si l’Université met sur le marché quelqu’un qui désire apprendre autre chose nous l’aidons dans ce sens.

S.P. : Vous êtes donc un centre de spécialisation ?

R. : Oui nous allons plus finaliser la formation. Nous allons aller beaucoup plus vers la spécialisation parce que aujourd’hui les Etats modernes vont beaucoup plus vers la fédération. Si on prend le cas des chercheurs on va vers des filières très précises, très techniques... C’est par là que nous allons. Et comme c’est des formations de très courte durée cela va permettre aux gens, au lieu de voir des généralités de voir ce qui est pratique. C’est une forme de spécialisation qui est liée aux réalités du terrain dans le cadre du développement économique et social.

Au niveau d’administratif nous relevons d’une association qui comprend l’Etat, le secteur privé national et la société civile. Il y a une direction générale qui est composée d’un directeur général, d’un coordonnateur de la formation, d’un ingénieur informaticien, d’une responsable administrative et financière, d’une assistante de direction. Nous espérons inaugurer le bâtiment à l’occasion du sommet de la francophonie.

Jean Philippe Tougouma
Christophe Tougri (stagiaire)
Sidwaya

Vos commentaires

  • Le 1er avril 2009 à 12:28, par Wale En réponse à : CEDO : La solution par l’enseignement à distance

    L’institut multiléral d’Afrique est un institut de formation dans l’association avec la banque mondiale, le Fonds monétaire international et la banque africaine de développement. Nous incluons l’étude de distance dans certains de nos programmes cette année. Nous voudrions examiner nos équipements de la banque africaine de développement (Tunisie) à de divers pays africains.
    Veuillez nous aider s’il vous plait avec le nom et l’email de la personne responsable de vos équipements d’étude de distance.
    Votre action tôt sera fortement appréciée.
    Merci,
    Adewale Shoboyejo
    Institut Multilatéral d’Afrique
    s/c Banque Africane de Dévéloppement
    Tunis, Tunisie
    Tel : +216 7110 3176/7110 2838

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