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Troubles politiques au Bam : CDP contre CDP

Accueil > Actualités > Opinions • • mercredi 20 octobre 2004 à 06h52min

A l’instar des villes comme Bobo-Dioulasso, Ziniaré et Ouahigouya, le conseil municipal de Kongoussi est déchiré par des conflits entre conseillers d’un même parti, que l’auteur de ce libre propos qualifie de "CDP contre CDP". Il déplore et dénonce cette situation et invite les fils de la région à faire taire leurs divergences pour le bien de la population.

L’atmosphère sociopolitique du Bam est toujours délétère. Triste constat ! Et pourtant nous avions cru que des conséquences consécutives aux crises politiques qui ont secoué la province, les différents protagonistes avaient tiré des leçons et s’étaient assagis pour revenir à des considérations moins égocentriques pour l’intérêt supérieur de la commune. Hélas, nous avons eu tort de penser ainsi.

Amère désillusion ! Les dernières tractations que nous avons constatées lors de la mise en place du bureau provincial du CDP achèvent de nous convaincre que l’infection est profonde et nécessite une thérapeutique à fortes doses. C

’est avec ces troubles, qui eurent dégénéré en conflit fratricide, n’eût été l’intervention musclée des forces de l’ordre, que même le profane a su qu’au Bam il y a deux CDP. Cela nous laisse augurer que notre province souffrirait et encore d’une haine politicienne viscérale qui divise ses fils.

Les "cdpistes" ne voient que leurs intérêts personnels

Nous n’aurions dit aucun mot sur le CDP si ces crises n’avaient aucune répercussion sur la vie de notre commune(puisque cela ne regarde que le parti et ses militants). Mais l’histoire a voulu que ce soit ce parti qui s’impose depuis un certain temps sur l’échiquier politique national. Il a le pouvoir et le gère à sa guise. Il enregistre chaque jour de nouveaux adeptes. Certains y vont pour protéger leurs affaires, d’autres pour avoir la promotion, d’autres encore pour se permettre impunément des détournements crapuleux.

Avec tous ces "cdpistes" qui poursuivent chacun son intérêt personnel et non une idéologie politique, ce grand parti se retrouve fragilisé par ce qui devrait faire sa force, à savoir le grand nombre des adhérents, puisque leurs intérêts personnels sont divergents et même antagoniques. Les conséquences sont évidentes : les conflits de leadership et les coups bas.

C’est ainsi qu’il est courant de voir des militants influents du CDP battre campagne pour le parti le jour, et la nuit venue, ils passent de concession en concession pour faire la contre-campagne en orientant l’électorat vers d’autres partis parce qu’ils estiment que leurs intérêts du moment n’ont pas été pris en compte.

Pour revenir plus spécifiquement au cas de Kongoussi, nous dirons avec regret que les deux blocs semblent inconciliables. Souhaitons que nous nous trompions !

Faites preuve de grandeur d’âme

Et pourtant le développement est quasi impossible dans la division, l’inimitié et la haine. C’est une pure question de logique. Si un bloc tient les commandes, l’autre le combattra avec la dernière énergie et vice versa. Nous n’avons aucun parti pris.

Seulement nous souhaitons vivement qu’en 2005, un conseil municipal soit mis en place, qu’il soit dirigé par le CDP ou un autre parti, que les deux blocs soient équitablement représentés ou qu’un bloc soit légèrement privilégié, puisqu’en démocratie c’est le peuple qui décide par les urnes ; donc il appartient à la population de Kongoussi de décider. Nous souhaitons aussi et surtout que ce conseil puisse fonctionner jusqu’à la fin de son mandat. De grâce, épargnez-nous des délégations spéciales.

Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort, dit-on. Nous avons vu l’expérience de la délégation spéciale cette année. Nous invitons tous les fils de la localité, et singulièrement les protagonistes de la politique au niveau provincial, qu’ils résident à Kongoussi, à Ouaga ou ailleurs, à faire preuve de grandeur d’âme, de tolérance et à œuvrer à la réconciliation et à l’union.

Car au-delà de la commune, c’est toute la province qui serait en panne si les positions restaient toujours tendues de la sorte. Il y a des structures au Bam dont le fonctionnement est grippé faute d’entente, comme par exemple le Comité de gestion (COGES) du CMA, qui n’existe plus ; de même des programmes de développement sont bloqués.

Au lieu de voir les intérêts personnels d’aujourd’hui, voyons plutôt les intérêts de la commune et de la province dans l’avenir, c’est-à-dire les intérêts de nos frères, de nos enfants et des enfants de nos enfants. Travaillons-y de toute urgence, avant les municipales de 2005, car c’est bientôt arrivé. Malheur à ceux qui œuvrent à la ruine de leurs peuples, de leurs frères. Toute la population de Kongoussi vous observe et vous jugera.

Nicolas Sawadogo
BP 158 Kongoussi

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