DIMA DE BOUSSOUMA : "Les chefs ont toujours fait de la politique"
Le Rassemblement pour la démocratie et le socialisme (RDS) a tenu une conférence de presse marquant la clôture de son 2e conseil national le 13 novembre 2011 au domicile du Dima de Boussouma, président d’honneur du parti, à Ouagadougou. Au cours de cette conférence, le Dima de Boussouma a dit ne pas voir de côtés négatifs liés à la pratique de la politique par les chefs traditionnels.
Certains Burkinabè estiment qu’il faut tenir les chefs traditionnels à l’écart de la politique et le Conseil consultatif sur les réformes politique (CCRP) a décidé, lors de ses assises, de permettre à ceux-ci d’avoir un statut. Mais ce n’est pas le sentiment du Dima de Boussouma, le président d’honneur du RDS. Pour lui, la chefferie traditionnelle était le système qui prévalait dans une partie du pays avant l’arrivée des colons. " Nous avons toujours fait de la politique. Quels sont les côtés négatifs en dehors de ceux qui pensent que le chef en faisant de la politique, les empêche eux, d’être élus ? Ce n’est pas vrai. A l’Ouest, il n’y a pas de chefferie mais des gens s’y font élire.
On dit que le chef de l’Etat a tous les chefs avec lui, que ce sont les bonnets rouges qui le font élire. Mais il a été plus élu à l’Ouest qu’à l’Est. Qui l’y a donc fait élire puisqu’il n’y a pas de chefs" ? Le Dima pense qu’il faut plutôt ramener les choses à leur juste proportion. "Commençons par étudier le phénomène parce que c’est un phénomène qui nous appartient, c’est notre culture, c’est notre coutume à tous. Cela n’appartient pas à une minorité de personnes mais à tout le peuple burkinabè qui doit s’approprier cette affaire de façon à pouvoir l’utiliser à bon escient", a-t-il ajouté. Selon le Dima, les chefs traditionnels suivent les débats liés à cette question mais ils n’ont pas encore élaboré leur statut qui sera pris en compte par la Constitution.
Le RDS ne siège pas au CCRP
L’institutionnalisation de la chefferie, a-t-il relevé, n’est pas un cadeau qu’on veut offrir aux chefs traditionnels car malgré le fait que la Constitution reconnaîsse la libre pratique des coutumes à condition qu’elles ne troublent pas l’ordre public, l’administration a toujours pu, au nom de cette disposition, empêcher les coutumes de s’exercer. Le président du RDS, Ouindilassida F. Ouédraogo a, pour sa part, confié que le parti ne siège pas au CCRP mais il reste favorable à ce qui sera décidé concernant le statut des chefs traditionnels. Il a dit que le RDS a, en perspective, de participer aux prochaines consultations électorales en envisageant des alliances avec d’autres formations politiques et espère que la biométrie adoptée par le Burkina permettra d’améliorer le processus électoral. Toujours au titre des perspectives, le RDS, a-t-il fait noter, compte s’implanter dans les 45 provinces du Burkina.
M. Ouédraogo a laissé entendre que le parti a mené plusieurs activités qui lui ont permis d’élargir ses bases et de se crédibiliser davantage auprès des chancelleries et partis politiques. Il a soutenu qu’au regard de la crise sociopolitique qui a secoué le Burkina et les événements qui s’en sont suivis, un changement s’avère nécessaire. "Il faut tout mettre en oeuvre pour civiliser les élections, faire cesser la gestion partisane des biens publics, arrêter les actes de prédation des biens publics et privés", a-t-il souhaité. Pour le président du RDS, les sanctions infligées à près de 600 militaires ne pourraient être efficaces que si elles sont accompagnées de la mise en place d’une armée réellement républicaine et du renforcement de l’Etat de droit.
Dabadi ZOUMBARA
Le Pays


