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Présidentielle 2012 au Mali : Soumaïla Cissé : d’hyperfavori à simple challenger ?

Accueil > Actualités > International • • vendredi 2 septembre 2011 à 02h40min

Le mandat de Soumaïla Cissé à la tête de l’UEMOA, prorogé à Lomé lors du Sommet des chefs d’Etat, prend fin en principe le 31 août 2011. Des nouveaux commissaires ont d’ailleurs été installés hier 1er septembre 2011. En attendant de connaître le remplaçant de Cissé, qui pourrait être le Sénégalais Abdou Sakho ou son rival nigérien, Abdallah Boureima avec un avantage pour le premier qui semble tenir la corde, (il connaît par exemple la maison UEMOA), le second ayant actuellement des ennuis judiciaires, (pour une histoire de détournement de deniers publics). La balle est dans le camp des Chefs d’Etat qui trancheront en dernier ressort.

Soumaïla Cissé, lui pourra désormais se consacrer à la conquête de la présidence malienne, qui lui a échappé en 2007. Du reste, cette ambition n’a jamais quitté l’enfant de Niamfuké, qui, même depuis l’avenue du professeur Ki-Zerbo à Ouagadougou, dirigeait l’Union pour la république et la démocratie (URD), son parti, né de la colère pour cause de "trahison" lors de l’entre-deux tours de la présidentielle de 2002.

Le patron de l’URD quittera-t-il le quartier Koulouba de la capitale burkinabè pour gravir la colline éponyme à Bamako ?

On aurait pu répondre à la question par l’affirmative si, à l’approche de cette échéance politique fondamentale, il ne s’était pas trouvé des personnalités qui se sentent investies d’un destin national : déjà, l’ancien ministre des Finances et du Commerce trouvera sur son chemin l’autre déçu de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), Ibrahim Boubacar Keita (IBK), qui, avec le Rassemblement pour le Mali (RPM), sera à sa troisième tentative pour gravir la colline du pouvoir.

Pour certains analystes, c’est en 2002 que ce dernier aurait dû décrocher la timbale. Il pourrait néanmoins jouer au faiseur de roi ; autre candidat qui hypothèque les chances du champion de l’URD, c’est Diouncounda Traoré, actuel occupant du perchoir. Bien qu’il ne soit pas le candidat naturel de l’ADEMA, primaires obligent, il tient les commandes de la première force politique du Mali et connaît les arcanes politiques du pays. En fait, le seul risque est que l’ADEMA ne lui joue le coup de jarnac comme ce fut le cas contre Soumaïla Cissé en 2002 ;

enfin, un outsider pourrait bousculer la hiérarchie et s’imposer : Modibo Sidibé, ci-devant Premier ministre d’ATT. A 58 ans et ayant toujours été ministre sous Konaré, ce grand commis de l’Etat a, dit-on, la bénédiction de l’actuel président et de son prédécesseur.

En tant que policier, s’il s’est jeté dans l’arène, selon certains observateurs des pachydermes du Djoliba, c’est qu’il a obtenu le feu vert d’ATT. D’ailleurs, on subodore qu’il pourrait bénéficier de l’appui du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), ce rassemblement de formations politiques qui ne jurent que par ATT et qui le poussaient d’ailleurs à charcuter l’article 30 de la Constitution, qui limite tout mandat présidentiel à deux.

Si l’on adjoint les "petits" candidats tels le "voyageur interplanétaire", le monsieur Microsoft Afrique, Modibo Diarra, Boubakadry Traoré (fils de Moussa Traoré), Cboguel Maïga... l’ascension de la colline de Koulouba s’avèrera plus coriace qu’il y a quelques mois, quand certains candidats étaient encore embusqués, pour Soumaïla Cissé qui devra vraisemblablement compter avec une ou des alliances ; car, nécessairement, second tour il y aura.

La succession d’ATT est donc très ouverte et en l’absence d’un deux ex machina malien, chaque candidat a ses chances.

D’hyperfavori, Soumaïla Cissé devient un simple challenger parmi d’autres au regard de la cartographie politique actuelle du pays.

C’est dire que l’identité de celui qui s’installera le 8 juin 2012 dans le fauteuil présidentiel pourrait désarçonner plus d’un analyste politique.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga

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