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Affaire Thomas Sankara : "Chercher la manifestation de la vérité n’a rien à voir avec meubler son temps"

Accueil > Actualités > Politique • • jeudi 14 juillet 2011 à 02h54min

12 députés du groupe parlementaire "Alternance, Démocratique et Justice (ADJ)" ont écrit, en avril 2011, aux parlementaires français pour demander l’ouverture d’une enquête parlementaire sur l’assassinat de Thomas Sankara. Par suite de cette démarche, 21 parlementaires français ont déposé, près de l’Assemblée française, une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête relative à l’affaire. Pour faire le point des démarches entreprises, le groupe ADJ a tenu une conférence de presse le mercredi 13 juillet dernier au siège du chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) à Ouagadougou.

C’est par un bref résumé du coup d’Etat du 15 octobre 1987, qui a débouché sur l’assassinat du président Thomas Sankara, que le président du Groupe parlementaire "Alternance, Démocratie et Justice (ADJ)", Hama Arba Diallo, a introduit la conférence de presse le mercredi 13 juillet 2011 au siège du chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) à Ouagadougou.

Il a épargné aux journalistes présents les "longues tergiversations, retournements de situations, faux fuyants et parodies de la justice burkinabè sur le dossier". "La réalité des "juges acquis", a toujours fait ses effets, souligne-t-il. Mais vous avez aussi suivi les brèves d’information régulièrement lâchées çà et là où tant l’implication de la France que du régime révolutionnaire au Burkina dérangeait. C’est ainsi que depuis longtemps également, notamment lors du symposium tenu en 2007 à l’occasion du 20e anniversaire de l’assassinat du président Sankara, il a été publiquement demandé à la France qu’elle ouvre ses archives pour permettre la manifestation de cette vérité".

C’est donc cette demande publique qui a été matérialisée par une lettre adressée au Parlement français par les douze (12) députés du groupe ADJ en avril dernier. Par suite de cette demande, vingt et un (21) parlementaires français (issus essentiellement de la Gauche démocratique, des Communistes et des Verts de France) ont déposé près l’Assemblée française une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête relative à la recherche de la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara.

Cette commission, de trente (30) membres, devra, selon les termes de la proposition de résolution, faire le point du rôle des services de renseignements français dans la mise en œuvre de la responsabilité de l’Etat et de ses services.

Au dire du CFOP-BF, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, par ailleurs membre du Collectif international des avocats défendant la famille de l’illustre disparu, qui a séjourné à Paris du 27 juin au 04 juillet dernier pour appuyer ce dossier devant le Parlement français, cette démarche, qui est plus politique que judiciaire, vise à établir trois vérités : celle historique, celle scientifique (juridique) et celle politique : "Elle nous permettra de savoir qui a fait quoi pendant que qui dormait".

La démarche entreprise par le Groupe parlementaire ADJ n’exclut pas toute autre démarche, à en croire son président, selon lequel pendant 24 ans, ils n’ont jamais cessé de rechercher la vérité : "Que ce soit en Côte d’Ivoire, au Togo ou ailleurs, ce qui est nécessaire sera fait pour la manifestation de la vérité".

Se prononçant récemment sur la démarche de l’Opposition, Simon Compaoré parlait de "gens qui veulent meubler leur temps".

Réponse de Me Sankara : "Chercher la manifestation de la vérité n’a rien à voir avec meubler son temps. Ceux qui le disent, ça n’engage qu’eux. C’est du mépris qu’ils affichent par rapport à notre peuple, qui est contre l’impunité et contre l’injustice. Il y a aussi des hommes sadiques et cyniques, et il faut les laisser avec leur état d’âme".

Hyacinthe Sanou & Wanlé Coulibaly (Stagiaire)

L’Observateur Paalga

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