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Dialogue démocratique Diakonia-OSC : Des recommandations dépassées

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Justin L. Zongo • • mercredi 1er juin 2011 à 19h12min

« La société civile, force de proposition et acteur majeur du dialogue social dans le contexte de la crise sociopolitique nationale. » C’est autour de ce thème que s’est réunie, le 20 mai dernier à Ouagadougou, une cinquantaine, de représentants d’organisations de la société civile (OSC), de partenaires techniques et financiers, d’institutions étatiques et des personnes ressources. Une initiative de l’ONG Diakonia dans le cadre d’un dialogue démocratique.

A l’issue de la rencontre, les participants ont adopté ce qu’ils ont appelé un canevas d’actions prioritaires à mette en œuvre. Ils ont également fait des recommandations auxquelles nous allons nous intéresser particulièrement dans les lignes qui suivent.

En démocratie, selon le Sénégalais Boubacar Boris DIOP, « les points de vue les plus opposés ont chacun une légitimité qu’il convient de respecter ». C’est pourquoi, nous respectons les points de vue des OSC, formulés sous forme de recommandations à l’endroit des autorités politiques, de la société civile et des partenaires techniques. Mais ce respect ne saurait nous empêcher de jeter un regard critique sur ces recommandations, notamment celles à l’endroit des autorités politiques. Entre autres recommandations dont il a été question, la renonciation par les autorités du Conseil consultatif pour les réformes politiques ( CCRP), que les OSC de Diakonia jugent d’essence gouvernementale, à agenda préétabli et budgétivore ; la reconduction par les autorités du « Collège des sages originel pour la mise en œuvre de leurs recommandations en lieu et place du Conseil consultatif pour les réformes politiques » ; « l’organisation des états généraux de la démocratie burkinabé de 1991 à 2011 sous la forme d’une Conférence nationale ».

A bien analyser ces deux recommandations, on voit aisément que ces responsables d’OSC ont la nostalgie du passé, ce qui n’est pas mal, si ces recommandations cadraient avec la situation nationale actuelle et si le passé qu’ils exaltent rimait avec la situation tant politique que sociale actuelle. En effet, s’il est vrai que le rapport du Collège des sages a été salué par tous, même par ceux qui l’ont combattu à sa création et qui applaudissent aujourd’hui son rapport, il faut accepter reconnaître, qu’il (le rapport) est loin d’être une bible et que le Burkina Faso des années 99-2000 est loin d’être celui d’aujourd’hui, même si le pays est en crise. Que suppose « la reconduction du Collège de Sages originel » en 2011 quand on sait que certains de ses membres ne sont plus de ce monde et rien ne prouve que ceux qui y sont encore soient prêts pour la tâche. Le rapport du Collège des sages peut servir de base de discussions comme l’a si bien dit Me Hermann YAMEOGO de l’UNDD, mais il ne saurait être la panacée dans le contexte actuel.

L’idée de la reconduction du Collège des sages originel pour la mise en œuvre de leurs recommandations, si elle n’est donc pas saugrenue est donc en déphasage avec le contexte de l’évolution sociopolitique actuelle. Il en est de même de l’organisation d’une conférence nationale.

C’est vrai que des adeptes et fanatiques des conférences nationales souveraines des années 1990 étaient dans la salle ce jour, mais tout de même, qu’on ne nous ramène pas deux décennies en arrière sous prétexte que le Burkina est en crise. Et puis, qu’ont fait ces OSC pour contribuer à éviter cette crise ? Question d’un confrère à la conférence de presse organisée à l’issue de la rencontre. Ce confrère voulait mettre en exergue le fait que les OSC interviennent toujours en pompier, au lieu de prévenir par des actions concertées sur le terrain et un autre confrère de soutenir qu’il faut aussi un reboisement dans le milieu des OSC, comme l’a suggéré le président du MBDHP à cette rencontre, parlant de la classe politique. Ces différentes remarques de la presse lors de cette conférence n’ont pas plu à certains participants, particulièrement, M. WETTA du Ren-lac qui a eu des échanges houleux avec un confrère à l’issue de la conférence de presse, comme s’il était un adepte de la pensée unique. Inutile de dire que M. WETTA a déçu plus d’un témoin ce jour.

Le constat actuel est que ces responsables dits de la société civile sont très prolixes quand il s’agit de critiquer et même de vilipender les hommes politiques et le gouvernement, mais sont imperméables voire réfractaires quand on « ose » leur faire des critiques ou suggestions constructives. Un paradoxe à la burkinabè qui est loin de faire avancer la démocratie dont ils se gargarisent d’être les défenseurs. Alors, M. WETTA, « molo-molo », on se connaît tous dans ce pays ! tous !

Dans tous les cas, les responsabilités sont partagées dans cette crise. Si tel n’est pas le cas, ses conséquences touchent tout le monde, qu’on soit acteur politique, société civile ou citoyen lambda. Raison bien suffisante pour que chacun mette de l’eau dans son vin, s’il a vraiment envie que le Burkina retrouve sa stabilité. Le Burkina doit avancer et non le contraire, n’en déplaise à ceux qui veulent nous ramener à l’époque des conférences nationales.

Ben Alex Béogo
L’Opinion

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