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Crise sociale au Burkina Faso : Le gouvernement est-il mené par le bout du nez ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Justin L. Zongo • • lundi 30 mai 2011 à 19h06min

Le gouvernement est en train de courir après les revendications tous azimuts des différents corps sociaux. Le pire est que ces revendications, pour légitimes qu’elles puissent être, sont menées avec une violence inouïe. Il est plus que temps que le gouvernement arrête d’être mené du bout du nez et appelle à une trêve pour mettre à plat les choses, examiner toutes les préoccupations d’une manière froide et trouver les solutions idoines et durables.

Depuis les déplorables sorties des militaires en mars et avril 2011 et celles d’autres couches de la société qui ont entraîné des pillages et destructions de biens publics et privés, et occasionné de nombreuses victimes, l’on est interrogateur sur le devenir du Burkina Faso. Un pays qui, malgré les difficultés et l’adversité de la nature, s’était résolu à marcher fièrement, avec ses premières ressources que sont ses hommes et ses femmes, vers le progrès. Mais hélas, la violence est en train de prendre le pas sur la sagesse, la responsabilité et l’intégrité. Elèves, étudiants, militaires, commerçants, enseignants ont organisé des mouvements de protestation qui se sont soldés par des vols, des pillages, des saccages, des viols …

Le nouveau mode de revendication se fonde sur « brûler, détruire, piller tout sur son passage », peu importe si l’on sème tristesse, larmes et désolation. Un triste spectacle qu’il nous a été donné de voir le mardi 24 mai dernier avec la manifestation bruyante et déplorable d’élèves qui ont prétendu soutenir les revendications de leurs professeurs. Ils ont réclamé des têtes et exigé de se faire recevoir par le ministère de tutelle, par la force. Peut-on réellement cautionner de telles méthodes de revendication pour des enfants qui ont la prétention d’être les dirigeants de demain ?

Pour apaiser la situation, le Premier ministre leur a fait l’insigne honneur de les recevoir, pour non pas poser leurs problèmes propres mais exposer les préoccupations de leurs enseignants. Pendant combien de temps cela va-t-il continuer ?

Et si les personnels de la Santé, les gendarmes, les journalistes, et j’en oublie, qui ont également des préoccupations pertinentes et légitimes, se mobilisaient pour manifester bruyamment ? Vers où irions-nous ?

Le gouvernement doit arrêter de se faire mener par le bout du nez. Luc Adolphe Tiao et son équipe, malgré leur bonne volonté et les gages de bonne foi qui sont déjà donnés s’essouffleront vite. En outre, ils ne pourront pas satisfaire dans la durée des doléances qui sont examinées au compte-gouttes. Et même si par extraordinaire, l’Etat était à même de faire face dans la durée à ces exigences- ce dont l’on peut douter-, il est de la responsabilité de tous les Burkinabè épris de paix et d’amour pour leur pays, de mettre balle à terre. Mettre balle à terre pour permettre au gouvernement de recueillir toutes les attentes, de les examiner avec beaucoup de lucidité et de réalisme afin de trouver, dans la nécessaire concertation, des solutions réalistes et réalisables, sans démagogie aucune.

Comme l’a bien indiqué L’Observateur Paalga dans son édition N°7889 du mercredi 25 mai dernier « Le Burkina Faso est capable de présenter une bien meilleure figure que celle pâle, hideuse et terreuse qu’elle donne à voir depuis de longs mois au monde. Et c’est tout un chacun qui a le devoir de battre sa coulpe sur sa propre poitrine et non pas sur celle des autres ; car c’est tout un chacun qui est responsable, chacun à son niveau, de cette grave impasse politique, sociale et morale dans laquelle notre commune patrie se trouve enlisée. Choisir d’en rire, c’est forcément se moquer de soi-même par ricochet ».

Alors hommes et femmes fiers, intègres et libres du Faso, il n’est pas tard de vous ressaisir pour bâtir un nouveau contrat social. Le chaos peut donc être évité si vous le désirez.

Sou Sammy Serge

Vos commentaires

  • Le 30 mai 2011 à 19:24, par L’indigné En réponse à : Crise sociale au Burkina Faso : Le gouvernement est-il mené par le bout du nez ?

    Pendant qu’on y est dites au Ministre de la Jeunesse de l’emploi et de la formation professionnelle, que notre patience à des limites. C’est pas parce que l’on est encore calme qu’il va croire que tout se passe bien.
    La jeunesse croupi dans la misère, l’intrumentalisation d’une frange de cette jeunesse à des fins politiques, nous amène à prendre notre destin en main pour dire au gouvernement de prendre des mesures idoines, sinon les jeunes viendront dans la rue pour reclamer un emploi.

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  • Le 30 mai 2011 à 19:31, par raso En réponse à : Crise sociale au Burkina Faso : Le gouvernement est-il mené par le bout du nez ?

    Bien parler mon frère, le burkina faso à besoin d’une paix pour résoudre son problème et non pas dans le désordre.

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    • Le 31 mai 2011 à 00:09 En réponse à : Crise sociale au Burkina Faso : Le gouvernement est-il mené par le bout du nez ?

      On est reste enfants sages dans la paix(des cimetierres) et on ne nous a pas pris au serieux. Quand le volcan dort pendant trop d’ annees, les naifs croient qu’ il est mort. Voila, le peuple se met debout et personnellement je ne suis pas triste. Le peupe du Burkina n’est pas moins courageux que le peuple Togolais, Malien, Ivoirien, dixit un homme politique visionnaire.
      Le Liberal

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  • Le 30 mai 2011 à 20:27, par Moussa En réponse à : Crise sociale au Burkina Faso : Le gouvernement est-il mené par le bout du nez ?

    Je suis totalement d’accord avec votre analyse. L’Etat burkinabe n’a pas les moyens pour resoudre toutes ces revendications d’ordre financiaire meme s’elles sont legitimes.L’ETAT doit prendre des mesures radicales contre les responsables des troubles surtout les militaires. Sans ces mesures
    le gouvernement risque de perdre totalement son autotité et foncer directement dans l’inevitable.
    J’invite tous les burkinabe à faire preuve de patience en donnant plus de temps au nouveau gouvernement pour etudier ces revendications et trouver des solutions à long terme.

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  • Le 30 mai 2011 à 23:27, par Remi En réponse à : Crise sociale au Burkina Faso : Le gouvernement est-il mené par le bout du nez ?

    Et tout ça vient du fait que le président a, au lendemain de la 1ère sortie des militaires, decidé d’accéder sans condition à leurs revendiquations. Le nouveau chef d’etat major repondra "circulez ya rien à voir" à la question de savoir le sort reservé aux milos pilleurs. L’enjeu était bien entendu de faire taire les armes. L’effet engeandré c’est la failllite de l’autorité de l’etat avec ses conséquences : aujord’hui après les enseignants le personnel de santé s’organise pour avoir du beurre sur leurs epinards comme quoi chacun aspire aux mieux être.

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  • Le 1er juin 2011 à 02:37, par OZONA En réponse à : Crise sociale au Burkina Faso : Le gouvernement est-il mené par le bout du nez ?

    Les burkinabè doivent savoir ce qu’ils veulent. Quand le gouvernement fait la sourde oreille aux revendications des travailleurs, on le traite de tous les noms d’oiseaux. Quand, il concède à des revendications tout à fait légitimes comme celles des enseignants, on dit que c’est de la faiblesse. Moi je pense que la démarche actuelle du gouvernement de Luc Adolphe Adolphe TIAO est la meilleure. Dans un premier temps, on écoute et on essaie d’éteindre le feux. Dans un deuxième, on continue de négocier et de concéder encore à quelques revendications légitimes. Dans un troisième temps, on passe à la fermeté. Ce gouvernement, ne peut pas être tenu pour responsable de ceux qui ont laissé pourrir la situation qu’il gère tant bien que mal.
    ozona

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