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L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Luc Adolphe TIAO, Premier ministre • • jeudi 12 mai 2011 à 01h03min

Est-ce la nouvelle tactique du gendarme : aller au-delà de ce qui est « dit » pour ne pas avoir à s’aventurer dans le marécage du « non-dit » ? Tout autant habile stratège politique que parfait diplomate - il en a plus que jamais l’allure et l’aisance - Djibrill Bassolé, dont j’ai rendu compte hier de sa prestation devant les journalistes parisiens (cf. LDD Burkina Faso 0251/Lundi 9 mai 2011), « sait ce que parler veut dire ».

En mettant l’accent sur la jeunesse des manifestants lors des derniers événements, qu’il s’agisse des « élèves » ou des « militaires », et la nécessité qui est celle du gouvernement de répondre à leurs attentes innombrables et justifiées, il dégage en touche la problématique politique des derniers événements pour privilégier l’aspects « vie chère » et, accessoirement, l’effet de mode des « révolutions arabes ».

Mais le gouvernement de Luc Tiao ne pourra pas faire l’économie d’une réelle réflexion sur cette problématique politique. Certes, Bassolé ne l’évacue pas totalement - il évoque même le « fameux » article 37 - mais en parlant de « soubresauts », il minimise volontairement des événements qui ont quand même fait… « sauter » - brutalement - le gouvernement de Tertius Zongo. Je l’ai dit, déjà, c’est la règle du jeu démocratique : Zongo a été nommé par Blaise Compaoré qui, lui, est élu au suffrage universel. Et Bassolé n’a pas dit autre chose. Mais s’il ne dit pas, in fine, que Blaise était dans le collimateur des manifestants, le gouvernement sait que le nœud du problème se situe, bien évidemment, au plus haut niveau de l’Etat. Comment pourrait-il en être autrement dès lors que le « chef » gère le pays depuis près d’un quart de siècle et qu’il y a une attente de la population à ce niveau-là ? Et que cette attente n’est pas satisfaite. C’était déjà probant lors du drame du « mardi noir » (1er septembre 2009) ; cela l’est plus encore aujourd’hui.

On peut s’étonner que le palais de Kosyam confie au gouvernement la communication sur une affaire qui concerne, au premier chef, la présidence du Faso. Sauf à penser qu’en envoyant Bassolé en première ligne (après tout, c’est aussi un ex-« corps habillé »), Compaoré entend ménager l’avenir : c’est dans les situations de crise que les hommes d’Etat se révèlent (Blaise est bien placé pour le savoir !). L’argumentaire officiel est qu’en agitant l’article 37 on évite l’implosion du CDP, le « parti » présidentiel, et qu’on prive ainsi d’ambitions politiques trop avérées tous ceux qui pensent qu’ils méritent un avenir national. Or Blaise entendrait choisir le successeur qui serait proposé à la candidature. Le raisonnement est valable dès lors que, évitant l’implosion du CDP, on parvient à éviter, aussi et surtout, l’implosion sociale du pays. Or chacun a conscience que, cette fois, le vent du boulet a sérieusement fragilisé le Burkina Faso.

Hier, lors de sa conférence de presse à Paris, Bassolé l’a dit : des « signaux très forts » ont été adressés aux responsables politiques du pays et il y a prise de conscience qu’il y a désormais une crise de confiance. Interne et externe. L’homme fort de l’Afrique de l’Ouest, l’instigateur de toutes les médiations, celui qui a propulsé son pays sur la scène diplomatique internationale, le partenaire des puissances occidentales, le promoteur d’une économie « émergente »… n’a pas vacillé mais a laissé penser à quelques uns qu’il n’était pas aussi costaud qu’ils pouvaient le penser.

Ce n’est pas « l’effet papillon », mais « l’effet Zongo ». Souvenez-vous. Candidat à la présidentielle du 15 novembre 1998, Compaoré promettait « un avenir tranquille ». Il présidait alors l’OUA et avait accueilli la CAN de football. La presse internationale faisait la queue à Ouaga pour s’entretenir avec lui tandis que les commerciaux entassaient pages de pub et « messages ». Le PF était incontournable. Il va devenir « infréquentable » après l’assassinat, le dimanche 13 décembre 1998, de Norbert Zongo, journaliste et directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant. Blaise devient « un tueur froid », à la tête d’un « régime criminel » qui a montré son « vrai visage ». Reporters sans frontières (RSF) va surfer sur la vague : « Monsieur le juge, maintenant que vous tenez le bras qui a tué, cherchez plus haut, vous allez trouver la tête… ». Ceux qui, pendant une décennie, se sont gavés à Ouaga, sont subitement pris de vomissements.

Douze années se sont écoulées. Blaise, après avoir bu la tasse et s’être retrouvé au creux de la vague, surfe à nouveau en plein soleil. Il est l’homme des médiations réussies (y compris en accueillant à Ouaga le capitaine guinéen Dadis Camara), l’homme de Paris (qui nomme un général de corps d’armée comme ambassadeur à Ouaga, faisant ainsi de la capitale burkinabè un pôle d’ancrage diplomatico-militaire pour lutter contre AQMI) et de Washington. Incontournable une fois encore. Trop incontournable sans doute. Et alors que la Côte d’Ivoire en terminait avec Laurent Gbagbo (une fin de parcours dans laquelle le Burkina Faso n’a pas manqué de jouer sa partition), voilà que le Burkina Faso laisse penser à l’opinion africaine et internationale qu’elle veut en terminer aussi avec Blaise. Et tout le monde de trouver des raisons à cela ! On évoque une crise politique, une crise sociale. Mais jamais le régime n’a vacillé sur ses bases et l’opposition ne s’est montrée en mesure d’assurer l’alternance. Malgré l’ampleur des événements - et sans répression étatique ce qu’il convient quand même de souligner et que personne ne souligne - les journées de 2011 n’auront pas été celles de 1966 quand, à la suite d’une insurrection populaire, Maurice Yaméogo a perdu le pouvoir.

Reste que le « pays des hommes intègres » souffre d’un mal profond : sa métamorphose politique, économique, sociale, culturelle exceptionnelle n’a pas bénéficié des « investissements structurants » qui auraient permis de la « digérer ». Les Burkinabè qui ont 25 ou 30 ans aujourd’hui ne sont en rien comparables aux Burkinabè qui avaient 25 ou 30 ans en 1987. Le pays s’est massivement ouvert (dans les zones urbaines) sur l’Afrique et le monde et les besoins sociaux des populations se sont considérablement accrus. Sans pouvoir être satisfaits compte tenu d’une situation sous-régionale qui, dans le même temps, s’est fortement dégradée. On avait laissé espérer à la nouvelle génération un Burkina Faso ancré dans le « tertiaire » ; Bassolé l’a rappelé hier, et ce n’est pas par hasard, le pays reste essentiellement agricole dans ses ressources et ses emplois.

Plus qu’une crise sociale, plus qu’une crise politique, les événements récents résultent d’une « crise de croissance » : en voulant aller trop vite, trop loin, les responsables politiques burkinabè se sont retrouvés nulle part (en évitant, cependant, pour l’instant, de se retrouver dans le mur). Mais ce n’est pas pour autant qu’il faille penser que l’économique doit l’emporter sur le politique. Bien au contraire. « Ouaga 2000 » ne peut pas être le modèle de développement du Burkina Faso du XXIème siècle. Il faut revenir aux fondamentaux politiques et sociaux. Associations, syndicats, partis sont devenus des cadres socialement vides dans lesquels aucun jeune Burkinabè aujourd’hui ne peut avoir le désir de s’investir (ce ne sont même plus des tremplins vers le pouvoir depuis que l’affairisme l’a emporté sur le militantisme et que « l’engagement personnel » - avec ce que cela implique comme dérives - prime sur l’engagement collectif). La fracture sociale peut être encore réduite ; une déchirure serait irrémédiable !

Les responsables politiques doivent être conscients qu’il faut cesser de prendre les Burkinabè pour un peuple autiste. Ils ne veulent plus d’une « démocratie de substitution » dans laquelle Ouaga 2000 décide seul de ce qui est bon pour eux. Ils ne veulent pas non plus d’une opposition qui ne rêve à rien d’autre que de s’installer à Ouaga 2000 !

Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

Vos commentaires

  • Le 12 mai 2011 à 06:52, par ORAN En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    Simplement BRAVO pour la qualité de la l’analyse, la profondeur mais aussi la simplicité de l’article.

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  • Le 12 mai 2011 à 10:42, par ZYP En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    Belle analyse. Nous suggérons à nos gouvernants qui croient que nous vivons au 19 è siècle de revoir leur manière de gérer le pays sinon ils seront surpris dans leur réveil.

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  • Le 12 mai 2011 à 10:46 En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    Je relève cette phrase dans votre message pour laquelle je suis vraiment d’accord " l’Opposition ne s’est pas montrée en mesure d’assurer l’alternance" Je voudrai dire à Maitre Benéwendé SANKARA d’arrêter ce qu’il est entrain de faire en demandant le départ de Blaise COMPAORE je trouve ça honteux !! de toute façon Blaise est à son dernier Mandant. s’il veut modifier l’article 37, nous descendrons tous dans les rues.
    Je ne suis partisane d’aucun parti politique.
    C’est pas par cette voie qu’il va accéder au fauteuil présidentiel.Qu’il entende son tour
    d’ailleurs à mon avis Bénéwendé ne pourra rien faire de mieux que Blaise.
    Il est entrain de se discrédité sur le plan politique et la chance pour lui d’être élu président du faso sont de plus en plus mince.
    Avant je l’admirais mais plus du tout maintenant

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  • Le 12 mai 2011 à 11:33, par Thom SANK En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    Quel bel article
    Rien à dire sur l’analyse faite dans l’article
    Il me semble que les autorités ignorent que le Burkina devient de plus en plus un volcan couvert de neige.
    La democratie est un luxe, lorsqu’elle fait appraître des comportements affairistes des hommes politiques qui achètent la conscience du peuple avec des teeshirts et autres gadgets, alors que la démocratie vraie selon Jean Jacques ROUSSEAU "il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il nen existera jamais".
    Pour qu’un état soit véritablement démocratique, selon Jean Jacques Rousseau il faut que :
    La dimension de l’Etat soit décrite de la manière suivante : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres.
    Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur.
    La structure de l’organisation de l’Etat doit se fonder sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités.
    Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir.
    Sous cet angle, c’est les petits états qui répondent le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres.
    On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger.
    Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.
    Donc, voilà comment les tenants du pouvoir doivent refléchir au lieu de faire 100 pas sans le peuple

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  • Le 12 mai 2011 à 12:17, par Semence d’amour En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    "Les responsables politiques doivent être conscients qu’il faut cesser de prendre les Burkinabè pour un peuple autiste. Ils ne veulent plus d’une « démocratie de substitution » dans laquelle Ouaga 2000 décide seul de ce qui est bon pour eux. Ils ne veulent pas non plus d’une opposition qui ne rêve à rien d’autre que de s’installer à Ouaga 2000 !"

    Jean-Pierre BEJOT

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  • Le 12 mai 2011 à 12:44, par Kabre Justin En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    Au Burkina, les gens ont toujours peur et s’abstiennent d’indiquer le sommet comme étant la cause des troubles que traverse le pays. En effet, 24 ans de pouvoir, c’est beaucoup. Après une pareille durée au pouvoir, il faut savoir se retirer et passer la main à une nouvelle génération de dirigeants. L’apprentissage du pouvoir sera certes difficile par les nouveaux venus, mais cela est nécessaire pour faire avancer le pays.

    Le fait que plusieurs couches socio-professionnelles descendent à plusieurs reprises dans la rue montre que le PF n’a plus la main. On peut juste se leurrer en prétendant ouvrir des négociations avec les groupements syndicaux mais la réalité reste immuable et connue de tous : le pays doit changer de tête.
    A bon entendeur, salut.

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  • Le 12 mai 2011 à 13:34, par verity En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    j’aurais voulu mr Bassolé que vous sachiez que si ces récents évènement ont eu lieu, ce n’est ni la faute d’aucun gouvernement, ni d’aucune personne, mais du chef de l’état sans l’accusé parce nous l’avons votez suite a la présentation de son programme de devellopement et il se trouve qu’il na pas suivi son programme et il a laissé le gouvernement dirigé le pays pendant qu’il était entrain d’arranger le problème d’autres pays, et les uns et les autes ont voulu profiter surtout ceux qui ont un poste élévé c’est pourquoi il ya plus d’autorité Blaise avait démissioné de la tête de l’état d’une manière fuguré on l’a jamais vu s’exprimé par apport a aucun évènement depuis 20 ans sauf quand sa chauffe, sa doit pas êtres comme ça le peuple a voté un président il n’a pas votez un ministre ! et c’est cette forme de mutisme de langue de bois qui a crée cette situation ex : (73 mort sur la route a Boromo Blaise n’a rien dit pas de deuil national)et tant d’autres.... aucune expression ça ne relève ni de la démocratie, ni de la sagesse, que de ne rien dire et d’envoyé ses ministres parler (je demande a mon frère bien aimée Blaise de sortir parler a son peuple d’annonce ses reforme, sanctionne, car aucun ministre ne peu arranger le problème du Burkina a part lui du fait que c’est lui qui les a installé et que c’est votre programme qu’il exécute que peuvent t’il faire ? si il dépasse tes bornes on les change, et s’il ne font pas ce que le peuple veut on les change, personne ne peu allez au delà de ta pensée de ta conception (le peuple a fin il cherche a manger pas le pouvoir de Blaise donc que Blaise donne a manger, subventionne le riz ouvre le marcher pour que beaucouo puisse importer le riz l’huile le sucre etc...et vous verez !!!!

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  • Le 12 mai 2011 à 22:26, par Mechtilde Guirma En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    « Il faut revenir aux fondamentaux politiques et sociaux ». Pour une fois Mr Bejot, je vous suis et même parfaitement. Cependant, avez-vous cherché à saisir et l’esprit et la lettre de la Refondation et les propositions des Refondateurs dont Hermann Yaméogo que vous semblez tant exécrer par qu’il est le fils de Maurice Yaméogo ? Un proverbe moagha dit chez nous que « Nous mettons un enfant au monde avec l’espoir qu’il fera mieux que nous mêmes ». Peut –être que ce que vous reprochez à Hermann, certains d’entre nous aussi avons eu en son temps l’occasion de le faire. Mais regardez l’horizon politique, les débats les passions et même les injures, l’homme écoute ne répond pas ou plus tôt répond par des actions concrètes dont la refondation qui reviendrait précisément à ce concept des « fondamentaux politiques et sociaux ». Et le peuple a beau souhaité cela, il faudrait bien un parti politique pour en faire un jour son programme. Mais la priorité d’Hermann est-ce vraiment de s’emparer du pouvoir sur le champ ? Moi je ne le pense pas, mais plutôt d’obtenir des réformes institutionnelles et républicaines qui puissent garantir les sollicitations du peuple. Quoi de mieux que cette refondation qu’Hermann et d’autres partis politiques ont introduit après avoir consulté, observer, écouté les acteurs des « fondamentaux politiques et sociaux » et obtenu leur approbation ? Soit dit en passant que même avec l’expérience et les conseils de son père, Hermann ne serait pas arrivé seul à penser comme vous qu’« il faut revenir aux fondamentaux politiques et sociaux ». La seule différence est que cette expérience et conseils paternels furent décisifs (même incontournables) pour lui permettre de saisir les enjeux et l’ampleur du phénomène bien avant vous et avant tout autre politique. Car il ne suffit pas d’être intelligent et instruit. À ce sujet on peut le reconnaître humblement que l’homme a eu une longueur d’avance dans la compréhension des choses que ses contemporains. Est-ce un crime ou une faute de le reconnaitre ?
    Et quand vous dite encore qu’il ne faut pas « qu’il faille penser que l’économique doit l’emporter sur le politique », tout à fait Mr. Bejot. Vous auriez compris également que les populations africaines luttent sur deux fronts. Le front contre les dictateurs à l’intérieur, et le front des présidents imposés de l’extérieur pour des buts économiques. Sur ce point précis, Maître Hermann est toujours resté incompris. Mais vous venez maintenant de le comprendre. Merci pour le peuple burkinabé.
    Mr Bejot, je ne vous reproche pas vos réactions. Tout au contraire je vous en félicite, elles animent des débats qui nous permettent chaque jour d’avancer au large des réalités qui nous préoccupent et nous assaillent. Encore une fois bravo, les enfants d’Afrique et l’Afrique toute entière vous le revaudront un jour.

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  • Le 13 mai 2011 à 18:18, par N’dabi En réponse à : L’habileté manœuvrière de Djibrill Bassolé n’évitera pas au Burkina Faso de devoir prendre en compte la dimension politique des « événements ».

    Ceux-ci étant, cette démocratie de façade, nous l’avions compris depuis fort longtemps. Toutefois, nous leur fessions confiance en se disant qu’ils auront la clairvoyance de ne plus revenir sur cet article 37 de notre constitution, ceci, on fera l’économie d’un retour à zéro.

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