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Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

Accueil > Actualités > Culture • • mardi 12 avril 2011 à 03h05min

Pour ressusciter ce grand artiste de renommée, Paco Yé, qui a évolué dans la troupe Farafina dans le quartier Bolomakoté (Bobo-Dioulasso), son ancienne élève, Krysia Dowmont a réalisé un film documentaire titré les traces du Camélon qui a travers paroles, images et musique, fait renaître l’artiste. La projection a eu lieu dans la salle Icare de l’Institut français Henry Matisse, le vendredi 8 avril 2011. En présence de plusieurs amis et connaissances du disparu.

Paco est mort et enterré en janvier 2002 à Génève. Il était marié et père de deux enfants. Il avait 40 ans. Jeune, il aimait beaucoup l’art, notamment la danse et la musique. Lorsqu’il quittait l’école, il passait chez Mahama Konaté (lui aussi décédé l’an dernier), le créateur de la troupe Farafina. Une troupe qui a fait la fierté de la culture burkinabé en Occident et qui continue d’ailleurs de le faire. « Son père ne voulait pas qu’il fasse de l’art, mais j’ai pu le convaincre parce que Paco avait un talent exceptionnel », a confié Mahama dans le documentaire. Tout doucement, le bonhomme s’est fait. Paco est devenu un grand artiste sollicité un peu partout dans le monde.

De la Suisse en passant par la Grande-Brétagne, le jeune artiste y a laissé ses traces. Farafina a été la seule troupe africaine à jouer au stade Wembley en Angleterre pour la libération de Nelson Mandéla. Le succès va durer dix ans Paco va devenir un caïman de deux rivières, selon Mahama. A cheval entre l’Afrique et la Suisse, il ne sera ni un blanc, ni un nègre. Il perdra donc toutes ses valeurs culturelles africaines. Il quitta la troupe et tenta d’évoluer en solo. Victime d’un accident, Paco a été abandonné par ses stagiaires suisses. Loin de sa troupe, il était psychologiquement touché. Dix ans dans cette impasse ont été pour lui, une descente en enfer. « Il a mal terminé sa vie », a déploré Mahama Konaté.

Pourquoi les traces du Caméléon ?

« Il fut mon professeur et mon ami. Nous étions beaucoup liés. Et j’ai toujours été éblouie par son talent », a confié la réalisatrice Krysia Dowmont. Avec sa disparition, et vu tout ce qu’il a fait pour la culture burkinabé, il était quand même nécessaire de raconter son histoire. Une idée que lui-même avait partagée en son temps. « Je lui ai dit, Paco, il faut laisser quelque chose de tout ce travail que tu as abattu », raconte Krysia. C’est ainsi, qu’à deux, ils ont décidé la réalisation d’un documentaire. Malheureusement, Paco va mourir dix jours avant le début du tournage. Deux ans après, elle reprit courage et revient à Bolomakoté à Bobo-Dioulasso pour le tournage.

Dans lequel sont intervenus témoins, amis, parents du défunt. « Nous avons vu Paco disparaître sous nos yeux, comme une tragédie et après dix ans de descente en enfer », a laissé entendre la réalisatrice. Elle poursuit en disant que le but de ce documentaire est aussi d’apaiser cette tristesse de l’avoir vu disparaître. Sa mort a été douloureuse. Fort malheureusement, de nos jours, on parle très rarement de lui aussi bien à Génève qu’en Suisse. C’est pourquoi, indique Krysia, ce film a été réalisé pour qu’on se souvienne toujours de lui. Elle dit avoir été émue qu’on ait dédié un kumdé à Mahama Konaté. Mais, selon elle, Paco a aussi joué un rôle important dans l’histoire de la culture burkinabé. Par exemple, d’après le documentaire, il fut le premier à organiser un stage de danse à Bobo-Dioulasso avec des stagiaires européens en 1984. A travers donc, ce film, Krysia espère que l’on reconnaitra ses mérites.

L’histoire semble se répéter

Tout comme Paco, nombreux sont les artistes danseurs, musiciens, comédiens très talentueux qui sont partis ainsi. Dans le néant. A peine connus, à peine le succès acquis, ils disparaissent. Pour André Bougouma, comédien et acteur de cinéma, ces situations s’expliquent par le fait que les artistes manquent de conseil. « Les artistes burkinabé et plus précisément bobolais manquent de suivi et de soutien », a-t-il indiqué. « La gloire d’un moment leur prend la tête, et ils pensent que tout leur est permis », poursuit-il. Pour Pascal Kaboré, artiste danseur et élève de Paco, l’art n’est pas la drogue, l’alcool, la cigarette, la débauche. Or Paco, à un moment donné avait lié amitié avec l’alcool. Il se promenait avec l’alcool dans sa poche. « Il a mal fini sa vie. C’est l’exemple d’un frère que je ne souhaite vraiment pas suivre », a souligné Pascal Kaboré.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

Vos commentaires

  • Le 12 avril 2011 à 03:42 En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

    ce que le film ne dit pas c’est que ce sont les paco yé qui ont trahi le reve de farafina de demeurer un groupe soudé jusqu’à nos jours. et mahama konaté n’a jamais digéré cette trahison.

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    • Le 4 mai 2011 à 15:38, par Alexio En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

      Pourquoi les talents disparaissent chez nous au Burkina.D apres Andre Bougouma ils manquent des conseillers(Impresarios).Ecoutez quand on est ambitieux sans apport de supports profestionels(BAKING),cest facile de se faire exploitert sans se recouvrer ses droits d artiste.Je me rappel a l epoque 68-70 a Bobo Bougouma jouait la batteri avec groupe Black-Boys a tounouma beaucoup d entre eux disparurent sans trace.

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    • Le 8 août 2011 à 21:05 En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

      Je viens de lire le premier message poster comme quoi paco yé fait partie de la dissolution du groupe, de 1 on ne peut vraiment savoir ce qui c est passé car ce confli étais entre les musiciens du groupe mais je sais que c est plutôt la jalousie qui amèner à de tel chose et apparament elle est encore présente dommage elle à déjà assez fait souffrir. En connaissant l artiste et l homme qu il étais bien vrais il avait ces défaut et ces tourments mais au niveau artistique on ne peut rien dire il avait un talent inné un don, de pouvoir jouer sentir et danser la musique comme peut y arrive. Il avait aussi coeur débordant de gentillesse et de vouloir partager ce qu il savait avec les autres.

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  • Le 13 avril 2011 à 00:17, par krystoile En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

    Les Paco ? De toute évidence l’auteur du précédent message anonyme ignore que l’unique Paco n’a jamais non plus digéré la dissolution de Farafina. C’est aussi de cette tristesse qu’il est mort. Le film le dit clairement à un moment.
    Il faut bien regarder et bien réfléchir avant d’écrire...

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  • Le 13 avril 2011 à 00:41, par Tolo En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

    Paco a plutôt cherché sa propre voie qui était celle du métissage. C’est vrai que Mama était plus traditionnaliste mais Paco était aussi un créateur. Je crois que le Burkina doit reconnaître tous ses fils. Et Paco était l’un des plus illustres. Jusqu’à présent, aucune formation burkinabè n’a atteint le niveau créatif et la renommée du Farafina de 1998. La reconnaissance de ce groupe qui a joué à Live Aid à Wembley est due aussi au talent de communicateur et de bête de scène de Paco. Mais personne n’a jamais remis en cause le fait que Mama Konaté était l’âme et la force vivifiante de Farafina, surtout parce qu’il était attaché à ses racines. Et Paco en premier ! Je crois que nous devons chercher à rendre un hommage mérité à toutes ces valeurs de notre culture et non pas susciter les polémiques inutiles.

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  • Le 13 avril 2011 à 09:35, par krystoile En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

    Merci Tolo. Place à la grâce et au talent.

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  • Le 13 avril 2011 à 14:06, par Seydou Steeve En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

    Salut à tous ! Pour une première, je pense que c’est inutile de discuté sur qui mettre la dislocation du groupe « Farafina ». Je suis un enfant du quartier et pour avoir vue et suivre de près l’évolution et la dislocation du groupe, je ne peux que dire que ce groupe a permis à plusieurs jeunes d’avoir confiance à la culture Burkinabè et à se lancer dans ce domaine. Félicitation à la réalisatrice de ce film et je formule le vœu qu’il soit diffusé à large échèle afin de permettre à d’autre de suivre la trace du « Caméléon ». Je pourrai enfin dire que « Paco pourra maintenant se reposé en paix ».
    « Paco, tu nous manque, tu nous laissé orphelins (tes enfants ta famille directe, ta famille du quartier, ta famille musicale, tes ami(e)s et tes fans), soit plus présent à jamais à nos côtés »

    j’ose esperé que tu ne sera pas oublié par le peuple Burkinabè à travers ce film

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  • Le 22 février 2013 à 21:29, par sosso En réponse à : Culture : Paco Yé, un artiste au bord de l’oubli

    Bonjour, je voudrais juste une info : ou se trouve l’ institut français Henri Matisse ? Merci de me répondre.

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