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VIOLENCES SUR LES BURKINABE EN COTE D’IVOIRE : Le Burkina doit prendre ses responsabilités

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Côte d’Ivoire • • lundi 28 mars 2011 à 03h37min

Le président de l’association le TOCSIN, le professeur Albert Ouédraogo, a animé une conférence de presse le 25 mars dernier au siège de son association à Ouagadougou. Cette conférence a porté sur les derniers développements de la crise ivoirienne et leurs conséquences sur les burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. Elle a enregistré la présence du Consult honoraire de la Côte d’Ivoire à Bobo-Dioulasso, Jérémie Attoungbré et du président de l’Union des ressortissants de la Côte d’Ivoire au Burkina, François K. Touré.

Les Burkinabè souffrent le martyre en Côte d’Ivoire. En effet, le dernier recensement fait état de 33 morts, 39 blessés et 35 disparus. Au regard de ce triste bilan, il est urgent, selon le président du TOCSIN, le professeur Albert Ouédraogo, que le Burkina prenne ses responsabilités en tenant le président sortant Laurent Koudou Gbagbo, pour personnellement responsable de toute exaction que viendrait à subir un Burkinabè en Côte d’Ivoire. Un courrier officiel et /ou une déclaration solennelle devraient être faits à l’endroit de Gbagbo dans ce sens, a-t-il ajouté.

Le président du TOCSIN a d’entrée de jeu, fait observer une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes de la crise ivoirienne. Selon ses dires, l’ONUCI a recensé à la date du 24 mars 2011, 462 morts (Ivoiriens et non Ivoiriens depuis le début du 2e tour de l’élection présidentielle. Avec le slogan funeste "à chaque Ivoirien son Burkinabè", le régime de Gbagbo veut, a-t-il soutenu, faire de la ville d’Abidjan le nouveau Dachau de l’Afrique de l’Ouest pour les Burkinabè. Pour le professeur Albert Ouédraogo, le Burkina au nom du droit d’ingérence humanitaire et de son devoir d’apporter un soutien aux Burkinabè en danger, devrait se préparer éventuellement à intervenir en Côte d’Ivoire, si toutefois la vie de ses ressortissants était menacée.

La réactivation de l’opération Bayiri

L’opération Bayiri devrait être réactivée avec l’implication des organisations de la société civile afin de mobiliser la solidarité nationale, a-t-il souhaité. La question de la protection des Burkinabè, de l’avis du président du TOCSIN, par le passé, a souvent été confiée aux bons soins de la communauté internationale qui, a-t-il estimé, se soucie en réalité, très peu des victimes nationales ou africaines.

Un acte d’abandon et une démission coupable

La preuve en est faite avec la présence de l’ONUCI qui se révèle incapable d’assurer la protection des civils. Confier dans ces conditions, la protection des Burkinabè à l’ONUCI serait, a-t-il relevé, un acte d’abandon et une démission coupable de la part de l’Etat burkinabè à qui incombe la responsabilité de protection de tous ses citoyens (qu’ils vivent au Burkina ou non). Le professeur Albert Ouédraogo a traduit la disponibilité du TOCSIN à se joindre à toute action allant dans le sens de la protection de la vie humaine et à la défense des droits des Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. Il a rappelé que près de 350 000 Burkinabè sont arrivés au pays par le biais de l’opération Bayiri suite à la crise ivoirienne de 2000 dans le dénuement, la tristesse et l’humiliation mais les autorités burkinabè n’ont jamais porté plainte devant les instances internationales contre le régime de Gbagbo qui en est responsable.

De même, le droit des rapatriés et des victimes de la crise ivoirienne n’a jamais été évoqué, a-t-il déploré. Il a salué l’effort fourni par les autorités pour acheminer les Burkinabè de la Libye en affirmant que d’autres compatriotes attendent toujours d’être rapatriés. Il a dit déploré la rapidité avec laquelle les autorités s’empressent de se débarrasser des rapatriés qui n’ont même pas encore reçu leurs bagages. Il a aussi déploré le fait qu’il n’y a pas eu de communication pour mobiliser la solidarité nationale en faveur de ces rapatriés. "Le rapatriement est une catastrophe au même titre que les inondations. Veillons à ne pas discriminer la solidarité nationale, selon qu’on est Burkinabè de l’intérieur ou Burkinabè en provenance de la diaspora, a-t-il conclu.

Répondant aux questions des journalistes, le président du TOCSIN a laissé entendre que le besoin de rapatriement ne se fait pas sentir au Nord comme à Abidjan où beaucoup de Burkinabè n’osent pas mettre le nez dehors de peur d’être tués. Du reste, le TOCSIN ne demande pas un rapatriement immédiat des Burkinabè mais l’activation du dispositif de l’opération Bayiri afin de parer à toute éventualité. Le TOCSIN veut-il que le Burkina intervient militairement en Côte d’Ivoire ? La réponse est non. Le TOCSIN souhaite que le Burkina tienne pour responsable Laurent Gbagbo de toutes les exactions qui sont commises à l’encontre des Burkinabè, a soutenu son président.

Répondant à l’une des questions relatives à certains propos de Me Hermann Yaméogo, sur la crise ivoirienne, le président du TOCSIN a avoué que par moment, les postures du fils du père de la nation burkinabè, le surprennent. Le Consult honoraire de la Côte d’Ivoire à Bobo-Dioulasso, Jérémie Attoungbré et le président de l’Union des ressortissants de la Côte d’Ivoire au Burkina, François K. Touré, ont tous loué la tenue de cette conférence de presse. Ils ont félicité le TOCSIN qui, ont-ils soutenu, se préoccupe de la situation dramatique que vivent les Ivoiriens mais aussi les Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. Le consult a, par ailleurs, affirmé que certains Ivoiriens ont commencé à quitter la Côte d’Ivoire avec leurs familles en destination du Burkina.

Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

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