Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «C’est bien d’être le meilleur, mais c’est meilleur d’être le plus original.» Youssoupha dans Mon Roi

ACCUSATIONS DE SOUTIEN AUX ELEVES ET ETUDIANTS : Le MBDHP portera plainte pour dénonciation calomnieuse

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Justin L. Zongo • • lundi 21 mars 2011 à 01h00min

Le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples(MBDHP) a convié la presse nationale à une conférence le 17 mars 2011 au Centre national de presse Norbert Zongo à Ouagadougou. Les animateurs étaient, le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré entouré d’autres membres du Bureau exécutif national. L’objectif était de tenir l’opinion nationale et internationale informée de la convocation qui a été adressée au président, Chrysogone Zougmoré, le 10 mars 2011 par la gendarmerie nationale, à travers sa section de recherches, afin de lui "faire communiquer une notification". A l’occasion, le MBDHP s’est aussi prononcé sur la crise que connaît le pays actuellement.

Dans la déclaration liminaire de la conférence de presse lue par son Président, Chrysogone Zougmoré, le MBDHP a rappelé que la situation nationale reste marquée par les manifestations liées à "la mort de Justin L. Zongo des suites de mauvais traitements que lui ont infligés des agents de police." C’était lors d’un échange que les premiers responsables du mouvement ont animé, le 17 mars 2011. Suite à ce décès, le pouvoir a cherché par tous les moyens à faire "baisser la température" et cherche toujours et vainement la solution à cette crise sociale.

C’est dans ce contexte que le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré a été convoqué à la section de recherches de la gendarmerie nationale pour "se faire communiquer une notification." C’est une attitude que le MBDHP juge indigne de la part du pouvoir. La solution au problème, selon les responsables du MBDHP, reste tout simplement la résolution des crimes de Koudougou au lieu de chercher un bouc émissaire pour faire endosser la responsabilité des manifestations. "Dès l’entame de la manoeuvre conduite par le capitaine Koagri Natama, assisté de l’adjudant chef-major Tiao et des adjudants-chefs François Kaboré, Noufou Sawadogo et Sansan Kambou", il sera péremptoirement notifié au président que "les manifestations observées à travers le pays sont suscitées, encouragées et organisées par le MBDHP à travers ses relais locaux".

C’est une accusation, martèle le président Chrysogone Zougmoré. Non content de cette accusation, "le capitaine Koagri Natama ira jusqu’à accuser les membres du MBDHP d’être impliqués, comme meneurs, dans l’organisation des marches et autres actes de vandalisme", dira le président du MBDHP. Cette attitude n’a de fondement que dans l’imaginaire de ses auteurs : "Notre mouvement n’a jamais organisé de réunions subversives et nos responsables n’ont jamais suscité, encouragé, encore moins planifié les manifestations actuellement en cours dans notre pays".

Le mouvement dit ne pas comprendre que pendant que ses sections locales ont été impliquées dans certaines localités pour le retour au calme, les autorités l’accusent d’inciter les élèves et étudiants à la mobilisation. Cela dit, pour les responsables du MBDHP, de telles allégations de la part du pouvoir ne datent pas d’aujourd’hui. C’est ainsi que le MBDHP a rappelé les exactions commises et provoquées par le pouvoir depuis les temps forts de la lutte contre l’impunité. Destruction de plaques d’indication du siège et des domiciles de militants à Koudougou, les agressions contre les responsables locaux à Dédougou, Fada, etc., des arrestations et bien d’autres.

"La diversion et la provocation ne passeront pas"

"Voilà que ça continue. Trop c’est trop", a signifié Chrysogone Zougmoré. Poursuivant, il rappelle que cette fois-ci, la diversion et la provocation ne passeront pas et qu’ils ne se laisseront pas marcher dessus comme des poussins". Face à ce qu’il convient d’appeler le retour des habitudes dégradantes des droits de l’Homme, les responsables du mouvement de défense des droits de l’Homme, s’insurgent contre les agissements du pouvoir. "Plutôt que de déclarer la guerre au MBDHP, le pouvoir devrait répondre aux questions qui ont poussé à la vague de manifestations à travers le pays. Pour eux, qui du pouvoir et/ou du MBDHP, a tué Justin Zongo ? Qui a tiré à balles réelles sur les manifestants à Koudougou, Poa et Kindi occasionnant cinq (5) morts ?

Qui est responsable de la mort de André Dabiré ?" En réagissant sur la situation nationale en général, le MBDHP note que si la situation actuelle se dégrade au fur et à mesure, cela n’est tout simplement dû qu’à l’impunité érigée en mode de gouvernance par le pouvoir de la 4e République. Aux familles de ceux qui sont tombés sous les balles lors des manifestations et de la "répression barbare", le MBDHP présente ses condoléances, condamne et dénonce les allégations mensongères des autorités tendant à ternir son image et à le liquider en l’assimilant à une organisation subversive, exige que vérité et justice soient faites dans l’affaire Justin Zongo et toutes les autres victimes.

A ses militants et structures, le MBDHP lance un appel à la mobilisation et "à se tenir prêts pour faire barrage au plan de liquidation du MBDHP orchestré par la 4e République". Le MBDHP met en garde, les autorités politiques en pouvoir contre toute attitude tendant à nourrir la violence. C’est ainsi qu’il invite "le maire de la capitale à arrêter d’armer sa milice afin d’éviter au Burkina Faso une guerre civile. Dans le cas contraire, "le maire sera tenu pour principal responsable de ce que ses milices auront à commettre dans la ville". Le MBDHP rappelle qu’un panel d’avocats reste disposé à défendre tous ceux qui ont été arrêtés, condamnés et même prêts à être jugés.

Quant à la fermeture des cités universitaires, le MBDHP proteste et la qualifie de scandaleuse et criminelle mesure. Quant aux éventuelles solutions qui pourront ramener le calme dans le Pays des Hommes Intègres, le MBDHP estime qu’il n’y a pas de solution magique tant que le pouvoir ne s’engagera pas à faire la lumière sur toutes les affaires. Il entend porter plainte pour dénonciation calomnieuse et faire une communication à la prochaine session de la commission africaine des droits de l’Homme de l’Union africaine, rencontrer les autres mouvements de défense des droits de l’Homme tels que la RADDHO.

Aimé NABALOUM (Stagiaire)

Le Pays

Vos commentaires

  • Le 21 mars 2011 à 09:12, par sidzabda En réponse à : ACCUSATIONS DE SOUTIEN AUX ELEVES ET ETUDIANTS : Le MBDHP portera plainte pour dénonciation calomnieuse

    Pauvre MBDHP.

    Une structure avec des objectifs nobles qui a servi de base à de nombreuses luttes gagnées. Mais le constat est tout autre maintenant.

    Que se passe-t-il ? Quand on agresse des journalistes (Urbain Bénito SOME, cameraman de la RTB que je connais personnellement, pour exemple) et quand on retire la camera de la RTB et que l’on se tait, l’opinion ne comprend pas. Quand... et on se tait. Qui ne dit rien consent.
    Ne tombons pas si bas parfois. Vous accusez le maire de Ouagadougou de constituer une milice. N’hésitez donc pas à nous montrer les preuves. Pourquoi attendre qu’on vous accuse avant de nous en parler.

    Pourquoi une telle excitation du MBDHP ? S’il est propre, il se justifiera. Je connais personnellement un representant local du MBDHP (je tais le nom) qui par son dynanisme exagéré, ses propos... pourrait agir au nom de sa struture, même si cela n’est pas avéré. Je pense qu’il faudra laisser la gendarmerie jouer son rôle. Chacun prone la justice, n’y soyons pas une entrave.
    La lutte est longue et ardue pour le respect des droits de l’Homme.
    QUE DIEU BENISSE LE BURKINA

    Répondre à ce message

    • Le 21 mars 2011 à 16:30, par simplecitoyen En réponse à : ACCUSATIONS DE SOUTIEN AUX ELEVES ET ETUDIANTS : Le MBDHP portera plainte pour dénonciation calomnieuse

      Vraiment je te dis les gens ne savent pas qu’il faut gagner du temps pour nos enfants au futur . C’est dommage que les gens se battent suivant leur propre sensiblerie au lieu d’envisager l’avenir pour leurs enfants et petits enfants.Tous ces gens ont des enfants et petits enfants auxquels ils veulent offrir un Burkina ensanglanté sous prétexte des droits de l’Homme.Rien pour l’apaisement ? Vous croyez que c’est par ces mots d’odre vous envisagerez un Burkina meilleur sans apaisement ? Vous serez responsable de la suite . Personne de vous n’a moins de 50ans et l’l’histoire vous jugera . Continuer vos rêves d’étudiants d’il y 35ans relisez vos actes de naissances.
      UN DE VOS FILS QUI VOUS AIME POURTANT !!!! Mais qui peut vous détester !!!!Quand vous donnez vos opinions faites toujours une thèse et une contre thèse comme vous nous avez appris. Ddonnez la chanceà tout le monde dans le débat ne jugés pas mal. Il me semble que de cette façon vous ne ferez pas mieux que ceux qui sont là . Dites la vérité !!!!! Sinon , vous décevez sans le savoir.

      Répondre à ce message

  • Le 21 mars 2011 à 15:37 En réponse à : ACCUSATIONS DE SOUTIEN AUX ELEVES ET ETUDIANTS : Le MBDHP portera plainte pour dénonciation calomnieuse

    OUI pour la lutte mais non à la violence

    Répondre à ce message

  • Le 21 mars 2011 à 18:15, par Yero Salomon En réponse à : ACCUSATIONS DE SOUTIEN AUX ELEVES ET ETUDIANTS : Le MBDHP portera plainte pour dénonciation calomnieuse

    C’est curieux de ne reconnaitre que la societe civile alimentaire comme la seule representative quand il s’agit de choses comme la CENI et ensuite dire que le MBDHP est la seule OSC a meme de faire bouger tout le pays en matiere de droits humain quand ca chauffe. Autant le reconnaitre et traiter cette structure a sa juste valeur.

    Répondre à ce message

  • Le 21 mars 2011 à 23:33, par sibiri En réponse à : ACCUSATIONS DE SOUTIEN AUX ELEVES ET ETUDIANTS : Le MBDHP portera plainte pour dénonciation calomnieuse

    Quand c’est public ça veut dire que tout le monde voit. Et on a vu ces "barbus élèves de 50 ans" au devant dans certaines localités et on connait aussi les milieux qu’ils fréquentent. Chers amis du MBDHP mettez de la discilpine dans vos rangs ou vous perdrez en crédibilité. Le combat tel qu’il est mené actuellement est totalement inaceptable par tout burkinabe quel que soit son bord politique. C’est pour le moins irresponsable !!!

    Répondre à ce message

  • Le 26 mars 2011 à 09:29, par La famille En réponse à : ACCUSATIONS DE SOUTIEN AUX ELEVES ET ETUDIANTS : Le MBDHP portera plainte pour dénonciation calomnieuse

    le MBDHP est actuellement devenue une association d’hommes aigris et sans morale. ce qu’ils attendent c’est de se lever chaque jour et trouver des problèmes dans leur propre pays. il n’existe plus de logique dans leur mission. quand on les voit à Tenkodogo aplaventris derrière des manifestants entrain de pousser nos enfants à détruire leur propre patrimoine que peut on penser de ces personnes qui naturellement ont des enfants et qui ne peuvent ou n’ont même pas le droit d’être éducateur d’un enfant. Je me rappelle quand on a tué des voleurs et des bandits de grands chemin ils se sont plaints. c’est peut être là leur camp qu’ils défendent. si le grand bandit a droit à la vie, le laborieux citoyen lui je pense en a plus. Laissez reposer le jeune Justin en paix et respectez la sagesse de son Père. du reste on peut penser que ces policiers assassins ont fait l’affaire du MBDHP en lui donnant de quoi faire. Justice pour Justin ZONGO.
    Vive le Burkina Faso dépourvu des opportunistes.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
10 ans après le décès de Justin Zongo : « S’il était vivant, il allait devenir quelqu’un pour prendre soin de nous », regrette sa mère
AN I DU DECES DE JUSTIN ZONGO : Les élèves et étudiants s’en souviennent
An I de l’affaire Justin Zongo : Les cœurs s’apaisent à Koudougou
Affaire Justin Zongo : Le point des dossiers connexes
Affaire Justin Zongo : Les enseignements d’un procès
Affaire Justin Zongo : L’Etat a-t-il bradé les policiers pour sauver sa peau ?
AFFAIRE JUSTIN ZONGO : Le procès d’un certain Burkina
Procès Justin Zongo : Les inculpés écopent de 8 à 10 ans d’emprisonnement ferme
Affaire Justin Zongo : Des peines de 8 à 10 ans pour les policiers
Procès affaire Justin Zongo[ Acte 2] : « Il m’appelait papa » (Officier Roger Narcisse Kaboré, accusé)
Procès de l’affaire Justin Zongo [ Acte 1] : Les trois inculpés rejettent en bloc les accusations »
Affaire Justin Zongo : la justice va trancher
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés