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Autant le dire… : Est-ce la solution à la crise actuelle ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Justin L. Zongo • • mercredi 16 mars 2011 à 01h15min

Le gouvernement a décidé depuis ce 14 mars de la fermeture des écoles du préscolaire au secondaire et de toutes les universités publiques du Burkina. En plus, tous les services sociaux servis dans les universités sont suspendus. Du coup, les étudiants qui logeaient dans les cités universitaires ou qui se nourrissaient dans les restaurants universitaires se retrouvent dans la rue. Les élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire sont d’office en congés anticipés du deuxième trimestre. Dans le même cadre, un communiqué précise que la nouvelle programmation du calendrier de l’année scolaire sera portée à la connaissance des parents d’élèves, des élèves et de tous les acteurs du système éducatif.

Dans la même foulée, Hermann Yaméogo se défend dans la presse parce qu’on l’accuse d’être derrière le mouvement des élèves et étudiants. Si Hermann reconnaît son soutien à Laurent Gbagbo pour le combat qu’il mène en Côte d’Ivoire et pour l’Afrique de façon générale, il nie être derrière un mouvement que le gouvernement a mal géré. Autrement, il demande au pouvoir de chercher ailleurs ses boucs émissaires. Lui Hermann en tout cas, n’y a rien à voir. Pourtant, sans le nommer, le Congrès pour la démocratie et le progrès, dans une déclaration assez musclée et qui rappelle les temps forts du marxisme-léninisme (ou si vous voulez de la Révolution démocratique et populaire) accuse des politiciens en perte de vitesse, camouflés derrière le mouvement des élèves et étudiants pour sortir de l’ombre.

Le CDP met en garde contre toute récupération du mouvement et appelle les défenseurs de la démocratie à barrer la route à tous ceux qui, par des moyens détournés veulent mettre en péril cette démocratie chèrement acquise. Et patati patata.
En effet, à l’évidence, on remarque que le débat, ou du moins la crise a quitté les bancs, les cours des écoles et les amphithéâtres pour se retrouver dans les agendas et les blocs-notes des politiciens.

Comme une occasion que certains d’entre eux attendaient pour se régler complètement les comptes. La question fondamentale qui se pose est celle de savoir si c’est de cette manière qu’on arrivera d’ici la fin des congés à la fin de la crise. Ou tout au moins à une amorce de solution qui permettra à nos enfants, nos jeunes frères et tous les autres acteurs de l’éducation de reprendre le chemin des classes. A la recherche du savoir qui fera d’eux des hommes de demain capables de nous remplacer valablement. On aurait bien voulu le croire, mais malheureusement, si les politiciens s’approprient la crise, il faut le dire tout de suite, on est parti pour une année, sinon pour au moins deux années de crise.

Car, tout compte fait, il s’agit de reformes politiques et institutionnelles. Et principalement de la probable révision de l’article 37 de la Constitution. Si c’est le cas, que les politiciens permettent, une fois au moins, à la vérité de jaillir dans le dossier du jeune Justin Zongo. Et de tous ceux qui sont malheureusement morts dans cette crise qui, si on y avait pris garde dès le début, n’aurait pas atteint les proportions qu’on connaît aujourd’hui.

Combien de commissariats ne sont-ils pas partis en fumée, paralysant ainsi le travail administratif que nous irons demander dans ces mêmes commissariats ? Combien de gouvernorats n’ont-ils pas été incendiés avec toute la documentation administrative qui s’y trouvait ? Combien de biens privés n’ont-ils pas été perdus par le fait des manifestants ? C’est tout simplement dommage qu’on soit arrivé à ce niveau hautement triste pour un pays aux ressources limitées. Dans tous les cas, les Burkinabé ont toujours su surmonter les obstacles qui se sont dressés face à eux. C’est pourquoi, on ose croire que le mercure va redescendre avec d’ici là, les premiers résultats des investigations du juge d’instruction. Il paraît déjà que des policiers ont été déposés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou.

Dabaoué Audrianne KANI

L’Express du Faso

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