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Crise ivoirienne : En attendant le discours de Gbagbo

Accueil > Actualités > International • • lundi 14 mars 2011 à 00h40min

Il se sera passé peu de temps, très peu de temps après le mini- sommet de l’UA avant que le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, sorte de son mutisme. Pour jouer la carte de… l’apaisement. Le fait est suffisamment inhabituel pour qu’on le remarque. Vraiment curieux.

D’autant plus que les observateurs sont unanimes à reconnaître que la déclaration finale dudit sommet consacre un total désaveu à son endroit. C’est ADO, le pire de ses ennemis, qui a eu droit, à Addis Abeba, au tapis rouge à son arrivée.

C’est le même ADO qui recevra l’onction tant attendue, de l’instance panafricaine et qui, dans la foulée, s’envolera pour Abuja pour remercier de vive voix le président Nigérian pour son indéfectible soutien. Le président sortant, samedi soir, à travers un communiqué lu à la télévision publique par le porte-parole de son gouvernement, Ahoua Don Mello, a appelé « toute la population à rester calme et l’informe qu’il s’adressera bientôt à toute la nation ».

Ce même samedi, c’est Gbagbo himself qui affirmait, au sujet de son rival parti à Addis Abeba que « c’est un Ivoirien, il a le droit de partir et revenir à tout moment. Il est totalement et entièrement libre de revenir à Abidjan ». Dont acte.

Mais c’est bien là un revirement des plus inattendus. Nouvelle ruse politique de la part d’un homme passé maître dans l’art de la manipulation et de la fuite en avant ou réelle reconversion annonciatrice d’un dénouement prochain de cette crise ivoirienne ?

Bien malin qui saura le dire avec exactitude à l’heure actuelle ; car le cumul des évènements de ces derniers jours commande de rester circonspect et d’opter tout de même pour le doute prudent, vu que, c’est le même Gbagbo qui, peu de temps après le départ d’ADO, jetait l’oukase interdisant le survol du territoire ivoirien par les avions de l’Onuci et de la force Licorne.

Qu’est-ce qui aura, dans l’intervalle, fait redécouvrir au maître d’Abidjan que l’ennemi Alassane est, non seulement Ivoirien, mais en plus, a le droit, « totalement et entièrement », de « partir et de revenir » à sa guise ?

Gbagbo a-t-il réellement les moyens d’empêcher le survol du territoire ivoirien par les avions de l’Onuci et de la force Licorne ? Et si d’aventure il se savait dans la quasi-impossibilité d’appliquer l’interdiction édictée, pourquoi l’avoir annoncée pour ensuite devoir débander si piteusement ? Le mystère est total, mais ça sent la ruse à plein nez.

Plus, la concomitance des évènements est plutôt troublante. Pendant que Gbagbo et son clan mettaient balle à terre, les militaires qui leur sont fidèles lançaient une offensive contre Abobo, histoire de « sécuriser » une zone dont tout le monde sait qu’elle est un fief d’ADO. On reconnaît la liberté de se déplacer du chef et en même temps on rase les campements de ses partisans. Bizarre, ça aussi.

Sans oublier qu’avant même la fin des travaux d’Addis Abeba, les missi dominici du camp Gbagbo rejetaient en bloc l’offre de médiation faite par le panel. Que représente en réalité l’appel au calme de Gbagbo, et que renfermera le discours qu’il promet ?

Les heures ou jours à venir nous situeront sans doute. Mais, en tout état de cause, la crise ivoirienne donne toute l’impression de filer tout droit vers une phase nouvelle.

Elle peut prendre la forme de l’un ou l’autre de trois scenarii possibles : primo, Gbagbo, en grand seigneur, décide, au regard des dernières conclusions de l’UA, de tirer sa révérence et accepte de dégager du palais de Cocody, permettant au président élu d’assumer pleinement sa nouvelle charge. C’est l’hypothèse que tout le monde souhaite. Malheureusement, c’est bien celle qui a le moins de chance de passer.

On ne voit pas comment Gbagbo, après être allé si loin, après tout ce qu’il a dit, fait, commandé, pourrait se résoudre à une telle situation. L’hypothèse est presque surréaliste ; secundo, les deux armées des deux camps rivaux s’affrontent pour de bon.

Ce n’est d’ailleurs plus une hypothèse, puisque de fait, des affrontements sporadiques s’observent depuis un certain temps, non seulement à Abidjan, mais un peu partout à l’intérieur du pays. Mais ces affrontements peuvent se généraliser et engendrer une guerre civile qui embrase tout le territoire ivoirien, avec pour effet des conséquences incalculables.

Des extrémistes, il en existe dans les deux bords, et le cumul de leurs dérives respectives peut conduire à un véritable désastre pour les Ivoiriens et, au-delà, pour les ressortissants étrangers présents sur le territoire ivoirien ; tertio, un affrontement, mais d’un autre type celui-là, car opposant une coalition africaine aux troupes fidèles à Gbagbo, dans le but de déloger Gbagbo, l’usurpateur, du palais de Cocody.

Il ne sera pas de toute facilité. Et si l’idée a cours depuis un temps déjà, sans que pour l’instant, on ne l’ait appliquée, c’est bien là un indice qu’elle comporte de grands inconvénients que ses concepteurs n’ignorent pas.

Les jours à venir seront cruciaux pour la Côte d’Ivoire. Reste à savoir cependant si les décisions qui sortiront de l’intervention présidentielle seront en mesure de tirer enfin ce pays du bourbier dans lequel il s’est enlisé, et ce, depuis de si longues années.

Il faut, dans l’attente du discours de Gbagbo, croiser les doigts en touchant du bois. Peut-être bien que Dame Providence voudra enfin envoyer quelque deus ex machina dénouer le nœud gordien ivoirien, sans passer par la voie des armes. Difficile, mais faisable, les dieux sont capables de tout, mais à l’immense condition que les humains se montrent censés. Malheureusement, c’est de ça et bien de ça que dépend toute la question.

La Rédaction

L’Observateur Paalga

Vos commentaires

  • Le 14 mars 2011 à 01:23, par L’Africain En réponse à : Crise ivoirienne : En attendant le discours de Gbagbo

    Bel editorial. J’apprecie.

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  • Le 14 mars 2011 à 04:58 En réponse à : Crise ivoirienne : En attendant le discours de Gbagbo

    Très bonne analyse de la situation.On ne peut pas en dire mieux. Wait and see !!

    Répondre à ce message

  • Le 14 mars 2011 à 09:29, par cc En réponse à : Crise ivoirienne : En attendant le discours de Gbagbo

    qu’est ce que GBAGBO va dire dans son discours,on veut qu’il parte,beaucoup de ses proches ne sont plus d’abord avec lui(ex:le chef d’état major général de son armée)

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  • Le 14 mars 2011 à 11:32 En réponse à : Crise ivoirienne : En attendant le discours de Gbagbo

    salut, juste pour parler de N’guessan celui qui se prend pour un ivoirien, et qui est parti parler mal au groupe du panel, est un pire Burkina, son nom de famille est ZONGO ? Il est tellement mauvais que son père s’est suicidé a cause de lui. C’est un vrai imbécile.

    Répondre à ce message

  • Le 14 mars 2011 à 12:36, par Merline En réponse à : Crise ivoirienne : En attendant le discours de Gbagbo

    On dit à ABIDJAN : "Bagage qui est lourd, zyeux voient, c’est Bêla qui fait semblant".
    GBA-GBO (2 déflagrations) fait des annonces à l’adresse des "patriotes" : hommes et femmes", ceux-ci le prennent pour "Le libérateur et héros de l’Afrique", il doit leur donner le change. Alors il occupe l’espace pour démontrer qu’il peut tenir tête à tous les pays du monde.
    Voyez vous-même comment Alassane est rentré à ABJ. La Licorne a occupé l’Aéroport FHB, avec des chars, des véhicules tout-terrain et des hélicoptères tournoyant dans l’espace aérien afin de permettre à leur illustre hôte de se poser dans la plus grande quiétude. Tout Abidjan, Toute la Côte d’Ivoire a su à la minute que LA LICORNE OCCUPAIT L’AEROPORT D’ABIDJAN. Qu’est-ce que "l’Armée mexicaine de Côte d’Ivoire" a fait ou dit RIEN DE RIEN.
    Le FPI me fait penser à un tout petit chien qui aboie bruyamment et sans cesse, derrière un éléphant, le titillant, le mordillant, l’impassibilité de l’éléphant l’encourage à continuer jusqu’à ce qu’excédé, l’éléphant lui donne un bon coup de patte qui l’envoie valdinguer et s’écraser contre un arbre. Un autre adage voirien dit :" on ne demande pas s’il y a fusils chez les Blancs", en effet ils en sont les fabricants. Gbagbo et sa clique savent bien que si la décision était prise de maîtriser les FDS en Côte d’Ivoire, cela prendrait, tout au plus 01h00 à la LICORNE, 01h00 pour voir large.
    C’est ce qui rend ses slogans et ses sorties extrêmement dangereux pour ce pauvre peuple, à la cervelle lessivée depuis 1990, par le FPI et ses appendices : FESCI, SYNARES, COJEP, Jeunes Patriotes, Femmes Patriotes, Patriotes et consorts.

    Répondre à ce message

  • Le 15 mars 2011 à 00:14 En réponse à : Crise ivoirienne : En attendant le discours de Gbagbo

    le general mangou est mort

    Répondre à ce message

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