Zêdess : « Vingt ans de mots contre les maux »
"Apprenez à aimer les œuvres des artistes, et rendez leur hommage pendant qu’ils sont encore en vie." Tel est le message que l’artiste musicien burkinabè Zêdess a passé ce mercredi 2 février 2011 à l’Institut français de Ouagadougou, ex-Centre culturel français George Méliès. C’était à l’occasion de la célébration de ses 20 ans de carrière musicale, sur fond de sonorités de son nouvel album, dont il a procédé à la présentation.
L’artiste musicien burkinabè Zêdess a saisi l’opportunité de ses 20 ans de carrière pour mettre sur le marché du disque un Best of intitulé « 20 de mots contre les maux », de 20 de ses meilleurs morceaux qui ont fait le bonheur des mélomanes au Burkina Faso et à travers le monde. « Y a plus boulot »(1992), « Ouaga sans char » (1995), « Directeur voleur » 1997, « La musique » (2000), « Cadeau empoisonné » (2003), « Surfactureur » (2005), « Un Hongrois chez les Gaulois » (2006) sont entre autres les titres qui figurent sur cette œuvre particulièrement chère à l’artiste. Pour le reggae maker burkinabè qui a demandé d’entrée une minute de silence à la mémoire de tous les hommes de culture disparus, cette oeuvre figure en bonne place dans l’héritage qu’il entend laisser à la postérité.
« J’ai presque envie de dire qu’après la sortie de cet opus, je peux m’en aller moi aussi tranquillement », a indiqué celui qui porte le surnom de l’Etalon de la musique burkinabè, avant de fondre en larmes devant une assistance dont le soutien ne lui a jamais fait défaut tout le long de sa carrière. L’homme n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage au Professeur Jean Pierre Guingané, décédé le dimanche 23 janvier 2011, et grâce à qui Zêdess a révélé avoir continué à faire la musique, au moment où, découragé par une « cabale » contre sa personne il avait décidé de tout arrêter.
Pour Yama Paco Drabo qui a été son premier manager, Zêdess est un artiste truculent, qui refuse de se couler dans les canaux habituels. « Il a un franc parler qui dérangeait. Certaines personnes que j’ai approchées pour qu’elles le soutiennent m’ont dit qu’il était « impoli ». C’était difficile à l’époque, surtout que les maisons de production étaient rares. Mais Zêdess m’avait convaincu par son talent, sa constance et sa droiture. C’est pourquoi j’ai accepté de l’accompagner », a expliqué M. Drabo.
L’artiste musicien Eugène Kounker pour sa part, estime que Zêdess est l’un des artistes les plus professionnels et les plus connus du Burkina. « Il est l’un de ceux qui défendent le mieux la culture burkinabè à l’étranger » a renchéri Amity Méria, l’une des meilleures voix féminines du Burkina.
Zêdess, de son vrai nom Zongo Seydou, a enregistré son premier titre en 1990, pour le deuxième album de l’Orchestre de l’Université de Ouagadougou (OUO) où il a débuté sa carrière. Mais c’est en 1992, avec sa première cassette intitulée Y’a plus de boulot, qu’il va vraiment faire parler de lui. Depuis lors l’artiste fait son bonhomme de chemin, partageant sa vie entre le Burkina Faso et la Belgique où il réside. Et comme le vin, il continue de se bonifier avec le temps.
Inoussa Ouédraogo(Collaborateur)
Fasozine
