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Dominique Marie Mathilde Nyaméogo, Rédacteur en chef adjoint de la RTB/Télé : « J’aurais pu être une bonne magistrate »

Accueil > Actualités > Portraits • • jeudi 20 janvier 2011 à 22h54min

Pendant qu’elle avait l’esprit rivé vers la magistrature, une proposition fait basculer sa vie vers la télévision en 1989. Dominique Nyaméogo assure depuis mars 2009 le poste de rédacteur en chef adjoint de la RTB/télé. Plus qu’un chef, elle est vue par la plupart des journalistes comme une grande sœur. A celles qui voudraient embrasser le métier ingrat de journaliste, elle leur demande de fermer les oreilles et travailler deux fois plus que les hommes.

Dominique Marie Mathilde Nyaméogo est née en 1963 à Bobo-Dioulasso. Après l’obtention du BEPC en 1980 au Collège Notre Dame de Kologh-Naaba au Burkina Faso, elle embrasse une série littéraire. Elle décroche un BAC A4 et s’oriente à l’école supérieure de droit (actuel UFR/SJP) à l’université de Ouagadougou. Titulaire d’une maîtrise en droit des affaires, elle avait un penchant pour la profession de magistrat. Mais le destin en a décidé autrement. A son année de maîtrise, elle reçoit la proposition de travailler à la télévision nationale du Burkina. La télévision faisant partie de ses passions, elle accepte. C’est le tournant de sa vie. Deux autres sœurs vont embrasser le même domaine dont la réalisatrice de la TNB Flore Yaméogo. C’est d’ailleurs cette dernière qui lui a inoculé le virus de la télé.

Dominique Nyaméogo passe 11 ans à la TNB comme reporter et présentatrice de journal. Puis, en 2000, elle est nommée directrice de la communication et de la presse du ministère des transports et du tourisme. En 2002, elle rejoint le ministère de la promotion des droits humains où elle passera trois années à la direction de la communication. En 2005, elle repart à l’école au centre de formation professionnelle de l’information (actuel ISTIC) d’où elle sort conseiller de l’information et de la communication en 2008.

Huit ans dehors, sa passion commence à lui manquer. Dominique Nyaméogo fait son retour à la télévision le 08 septembre 2008 soit une semaine avant sa prise de service officielle. Suite à des reformes entreprises au sein de la RTB, en février 2009, on lui confie le poste de rédacteur en chef adjoint avec pour principale mission la programmation des reportages.

Chef des reportages, elle est surtout considérée comme une grande sœur pour la plupart. Elle encadre certains jeunes mais n’apprend pas moins d’eux car « quelque soit son âge, on apprend toujours de l’autre parce qu’on n’a pas fait les mêmes écoles, on n’a pas la même culture, on n’a pas évolué dans le même environnement », souligne-t-elle.
Le métier est noble certes, mais très prenant et ingrat. « Vous sortez tôt, vous rentrez tard et finalement vous n’avez presque pas de vie de famille et on ne vous le revaut même pas ». Constat : on décore très peu les journalistes. Pourtant « nous nous battons jour et nuit pour faire des autres ce qu’ils sont ». « La profession est comme ça mais on l’aime quand même », se résigne-t-elle.

Son véritable atout pour la télévision : la voix. On lui a fait la remarque dès son arrivée à la télévision nationale. Elle s’en est servie sans avoir la grosse tête, bénéficiant quelques fois des encouragements de certains ainés. Mais l’environnement n’était pas des plus propices. Elles n’étaient que trois femmes et « les hommes ne nous faisaient pas de cadeaux », se souvient-elle. Les sept premières années ont été difficiles, mais Dominique Nyaméogo est une vraie battante ; elle a donc réussi à s’adapter. Jusque là, elle a réussi tout ce qu’elle a essayé. « Même si les gens ne vous le reconnaissent pas, vous savez de quoi vous êtes capables. », déclare-t-elle.

Le journalisme est noble mais entouré de préjugés, surtout pour les femmes. Ecoutez ce que les gens disent, vous risquez de ne rien faire dans votre vie. « Vous pouvez venir à la télévision mais il faudra fermer les oreilles et travailler deux fois plus que les hommes », conseille la rédacteur en chef adjoint de la télévision nationale à toutes celles qui aimeraient suivre ses traces.

Dominique Nyaméogo est aussi militante. Depuis Juin 2008, elle est la secrétaire générale de l’association des professionnelles africaines de la communication (APAC). Fervente croyante chrétienne, elle ne s’y connait pas en politique mais, se dit sympathisante du CDP.

A 48 ans, mère de trois enfants, Dominique Nyaméogo demeure convaincue qu’elle aurait pu être une bonne magistrate. « Mais là où Dieu a voulu que vous soyez, donnez le meilleur de vous-même », se console-t-elle. « Je trouve que je n’ai presque rien fait », regrette-t-elle. La raison : l’environnement ne s’y prêtait pas. Pourtant l’horizon de la retraite n’est plus si loin.

Fille d’une couturière et d’un ancien enseignant et ancien homme d’affaire, Dominique Nyaméogo aime aussi s’essayer au petit commerce. Elle le fait toujours tant que le temps le lui permet.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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