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Côte d’Ivoire : Face à l’isolement africain et international, Laurent Gbagbo pour une « république gbagboïste »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Côte d’Ivoire • • jeudi 30 décembre 2010 à 01h15min

Pas un jour, désormais, sans Laurent Gbagbo à la « une » de la presse française ! Même la « trêve des confiseurs » n’aura pas permis d’y échapper. Et ceux qui, pour des raisons politiques « collatérales » (ne pas être du côté du manche et des partisans de l’usage de la force) entendaient nuancer leur propos sur le « président sortant mais toujours pas sorti de Côte d’Ivoire » (Le Canard enchaîné) se lassent d’une situation qui, vue d’ailleurs, semble inextricable.

Les « rois mages » de la Cédéao (cf. LDD Cédéao 006 et 007/Lundi 27 et Mardi 28 décembre 2010) sont repartis comme ils étaient venus ; bien accueillis par un Gbagbo souriant et serein, « sûr de lui et dominateur » comme à l’accoutumée. Politiquement incompréhensible pour les commentateurs qui dressent la liste de plus en plus longue des exactions du « boulanger » d’Abidjan et des mesures d’isolement prises à son égard. C’est oublier que Gbagbo est au pouvoir depuis dix ans ; c’est oublier qu’il n’a jamais envisagé de « perdre » une présidentielle dont il n’a cessé de repousser l’échéance ; c’est oublier qu’il est Laurent « j’y suis, j’y reste ». Et qu’il s’est préparé à tout cela quand l’opposition a pensé qu’il suffisait de jouer le jeu démocratique pour en finir avec lui et sa présidence de facto.

Passée l’inquiétude des premiers jours, Gbagbo, désormais, jubile. Depuis un mois qu’on les profère, les menaces d’intervention armée semblent de moins en moins crédibles ; et les mesures d’isolement prises à l’encontre de Gbagbo et de sa clique ne lui font ni chaud ni froid : bien au contraire, elles le renforcent dans sa conviction que la « république gbagboïste » doit prendre la suite de la République de Côte d’Ivoire.

Pour comprendre la situation qui prévaut aujourd’hui en « gbagbonie », il faut relire le texte de Jean-Pierre Dozon : « Les Bété : une création coloniale » publié en 1985 dans « Au cœur de l’ethnie. Ethnies, tribalisme et Etat en Afrique » (éditions La Découverte) ; sans jamais perdre de vue l’avertissement de Dozon : « Au lieu d’expliquer les enjeux politiques en fonction des appartenances ethniques, il nous paraît plus juste d’analyser ces appartenances, ou plutôt ces regroupements, comme l’expression politique de rapports sociaux qui se sont élaborés aussi bien à l’échelle locale qu’au niveau du territoire national ». Le pays bété (d’où est originaire Gbagbo) a été celui qui a résisté le plus longtemps à la pénétration coloniale. Les populations se sont ainsi forgé une réputation guerrière et ont adopté un comportement radical non seulement face à la France coloniale mais également face à Félix Houphouët-Boigny et au PDCI-RDA, le parti majoritaire (pour ne pas dire hégémonique). Mais sur les terres des Bété, la colonisation puis l’indépendance vont marginaliser les populations autochtones au profit des groupes allochtones. Les petits planteurs bété vont subir la pression d’une bourgeoisie locale : gros planteurs, commerçants, transporteurs, notables ; une bourgeoisie composée essentiellement « d’étrangers » : Dioula, Baoulé, Dahoméens. Cette situation, précise Dozon, va instaurer « progressivement un rapport inégal entre autochtones et allochtones conduisant les uns à la paupérisation et permettant aux autres une éventuelle accumulation ».

L’exacerbation des tensions entre autochtones et allochtones, avivée par la marginalisation politique des Bété, va être à l’origine de « l’affaire » du 26 octobre 1970. Un étudiant, Nragbé Kragbé va prendre la tête d’un mouvement de contestation contre les autorités « étrangères » installées à Gagnoa. Objectif : la « désivoirisation » des bâtiments publics et la proclamation de la « République d’Eburnie » dont la première revendication sera « l’exigence du départ des étrangers installés en pays bété » (Dozon). Un temps bousculées par les manifestants qui ont revêtus les tenues traditionnelles des guerriers bété, les autorités vont faire appel à la gendarmerie puis à l’armée. La répression va frapper non seulement les manifestants mais les villages dont ils sont originaires. Quelques dizaines, quelques centaines, quelques milliers…, le décompte des victimes ne sera jamais établi (il y aurait eu deux cents arrestations ; les protagonistes, jugés en 1976, seront alors tous libérés). Dozon écrit : « Dans cette aspiration clairement séparatiste, les Bété sous la houlette de leur « avant-garde » (région de Gagnoa) sont propulsés chefs de file d’une vaste région dont les diverses populations partagent avec ces derniers toute une série de caractéristiques ». Il ajoute : « La rébellion de Gagnoa a renforcé l’ethnie bété dans son rôle de groupe virtuellement oppositionnel, et les rumeurs qui circulent ici et là à son endroit amplifient le mouvement de l’ethnicité ».

Quarante ans plus tard, la « République d’Eburnie » tente de se réinventer dans la « république gabgboïste ». On notera qu’en 1970, la « rébellion » des Bété visait à réinstaurer leur souveraineté sur leur fief, Gagnoa. C’était un mouvement séparatiste « régional », fondé sur l’exclusion des « étrangers », qui n’envisagera jamais de conquérir un pouvoir « national » et de s’installer à Abidjan. C’était un mouvement de repli sur soi et d’exclusion de l’autre ; rien de « révolutionnaire ». Gbagbo est dans la même logique. La naïveté en moins. La communauté internationale, la communauté africaine, les institutions régionales, le territoire de la République ivoirienne, Gbagbo se moque bien de tout cela. Il oppose le repli sur soi à ce qu’il présente comme l’ambition hégémonique des uns et des autres. C’est oublier que si Abidjan et sa région concentrent effectivement un tiers des Ivoiriens, la richesse du pays est diffuse sur tout le territoire national et que sa mise en valeur a été assurée (et est encore assurée) par une population d’origine « étrangère ».

Gbagbo a une vision réactionnaire, sectaire, totalement dépassée de ce qu’est la place de la Côte d’Ivoire dans l’Afrique contemporaine ; il n’est pas le tenant d’une « africanité » qui s’appuierait sur un mode d’organisation sociale traditionnel ancré dans l’histoire de son pays (à l’instar de ce que Julius K. Nyerere, en Tanzanie, pensait devoir être l’Ujamaa, un mode de production socialiste africain). Il a une conception étroite, limitée, patrimoniale de sa fonction. Il n’ambitionne rien d’autre que d’être un « chef de village ».

Dans la conjoncture actuelle, c’est inconcevable pour une majorité d’Ivoiriens et plus encore pour les pays de la sous-région. C’est inconcevable également pour les puissances « occidentales » confrontées, tout à la fois, à une insécurité croissante en Afrique de l’Ouest et à la perspective de sa déstabilisation, ce qui ne manquerait pas de provoquer un mouvement d’exode massif vers les rivages européens.

Ceux qui pensent que Gbagbo, c’est la modernité se trompent. Ceux qui pensent que c’est une juste réactivité à l’égard d’une mondialisation injuste se trompent plus encore. Ceux qui pensent que Gbagbo, c’est la dignité africaine face à l’indignité internationale, le « nationaliste » qui se dresse face aux « impérialistes » US et français, oublient que l’on ne juge pas l’homme uniquement sur ce qui se passe aujourd’hui mais sur un bilan qui couvre désormais plus de vingt années de l’histoire politique, économique et sociale de la Côte d’Ivoire. Gbagbo peut bien penser déstabiliser la sous-région en expulsant la moitié de l’actuelle population ivoirienne ; mais ce ne sont pas les mercenaires libériens ou les experts « géopolitiques » angolais qui vont se mettre au travail dans les plantations, au volant des camions et des taxis, dans les échoppes… L’histoire a fait de la Côte d’Ivoire une terre des hommes. Gbagbo en fait la terre du désespoir. Jusqu’à quand ?

Jean-Pierre BEJOT
LA Dépêche Diplomatique

Vos commentaires

  • Le 29 décembre 2010 à 21:12, par Paul En réponse à : Côte d’Ivoire : Face à l’isolement africain et international, Laurent Gbagbo pour une « république gbagboïste »

    Bonsoir,
    Si ce qui est dit dans ce message est vrai, c’est une toute nouvelle approche pour moi de la crise actuelle.
    Comment se fait-il que cette histoire ne soit pas mieux connue ? Je veux dire sur le Web, par exemple. On nous rebat les oreilles avec des histoires récentes, ou des politiciens locaux actuels, mais, pour comprendre, il est nécessaire parfois d’aller un plus loin dans le temps, ou de de mieux se situer dans l’espace de cette partie de l’Afrique.
    Parce qu’en fait, aujourd’hui, c’est en fonction des gens qui vivent sur cette terre que les meilleures solutions doivent être trouvées. Pas pour les autres, qui en ont souvent profité trop longtemps.
    Bonne chance pour tous ceux qui vivent là-bas,
    Paul

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  • Le 30 décembre 2010 à 10:05, par Joukov En réponse à : Côte d’Ivoire : Face à l’isolement africain et international, Laurent Gbagbo pour une « république gbagboïste »

    Merci à Mr Jean-Pierre BEJOT pour ces rappels historiques qui éclairent une peu certains sur les non-dits de la crise actuelle en CI. Blé Goudé menace les pays de l’UEMOA de la création du monaie ivoirienne nommée MIR. Ils sont entrain de tomber dans les mêmes égarements que le Ghana en son temps qui avait cru que les étrangers volaient de leur pain. Ce pays a touché le fond après en avoir expulsé puis rentré dans le cycle des coup d’état militaires. Je ne suis pas sûr qu’ils seront prêts à recommencer

    Nous Burkinabè, allions nous continuer à laisser notre doigt dans la bouche de ces pays cotiers ? Le moment n’est il pas venu de mettre en valeur les richesses de notre sous sol en allant les chercher là où elles sont. Je veux parler des Manganèses de Tambao et autres. Ne devons nous pas renouer avec une politique volontariste. Pourquoi attendre que le potentiel investisseur vienne poursuivre la construction du chemin de fer jusqu’à Tambao. Il faut reprendre le projet Tamboa même s’il faut lever un impot special.

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  • Le 30 décembre 2010 à 11:37, par Yibi rawa, sonson bin rawa En réponse à : Côte d’Ivoire : Face à l’isolement africain et international, Laurent Gbagbo pour une « république gbagboïste »

    Il ne faut pas que Bagbo se trompe de cible dans son pays en acculant les burkinabè qui ont fait de la Cote-D’Ivoire son lustre d’antant. Si ce n’est l’ingratititude, comment le fils d’un pays frère qu’est la Cote-d4ivoire peut aller aussi bas dans ses options historiques et intellectuelles. Que Bagbo ne se méprise pas car le Burkina le tient l’oeil pour toutes les exactions que ses hommes vont commettre sur nos compatriotes qui vivent en bonne intelligence avec kle peuple paisible et hospitalier de la Cote-d’Ivoire. Que Bagbo se rapelle de notre patrimoine commmun qu’est le chemin de fer Abidjan-Niger et aussi de la demande de bars valides des burkinabè pour le dévelopement de la Cote-D’Ivoire actuelle. Bagbo, la fin de ton pretendu héroisme te surprendra d’ici à là. Compte sur nous et le vaillmant peuple de Cote-D’Ivoire dont tu usurpe le destin.

    Pour compléter l’histoire, dixit Abel Toussaint Coulibaly.

    Quel est votre point de vue sur la situation inédite en Côte d’Ivoire ?

    La situation dans ce pays frère qu’est la Côte d’Ivoire est particulièrement préoccupante pour nous en ce sens que nous avons beaucoup de choses en commun dont l’histoire. Avant les indépendances, ce pays s’est appuyé, avec l’aide du colonisateur, sur le nôtre pour amorcer son développement et les populations se sont parfaitement intégrées. Nous ne sommes pas des historiens mais il faut parler des vraies causes de ce qui arrive dans ce pays frère aujourd’hui. Ce qui se passe ne nous surprend pas du tout parce que depuis les années 90, dans les milieux extrémistes ivoiriens, l’on martelait à volonté qu’après le président Houphouët-Boigny, aucune personnalité du Centre ou du Nord ne devait diriger ce pays. Ainsi, bien que M. Bédié était constitutionnellement le successeur désigné du président Houphouët en cas de vacance du pouvoir, ce droit lui était déjà dénié du vivant de celui-ci.

    Ce sont ces extrémistes qui ont pris le pouvoir en 2000, vous comprenez donc la suite. Il faut surtout se rappeler la fameuse "révolution" du canton Guébié dans les années 70. A l’époque, le slogan était "vive la révolution, liberté des Bété". Le drapeau ivoirien avait, lors de ce soulèvement, été remplacé au commissariat de Gagnoa par un drapeau de couleurs "vert et rouge", couleurs de l’équipe de football "Africa sport" qui, elle-même, s’appelait au début "club sportif des Bété". Heureusement que tous les Bété ne pensaient pas comme ces extrémistes prêts à tout pour être des super-ivoiriens.

    Entre les deux tours de l’élection, vous avez certainement suivi les propos qui tendaient à dire que les Baoulé ne devaient pas voter pour M. Ouattara. Si ce n’est pas du tribalisme, rectifiez vous-même, car nous ne trouvons pas un autre terme juste. Pour parler de la situation de blocage, nous sommes tentés de dire que ‘’c’est bien fait’’ pour la communauté de ceux qui veulent décréter des alternances dans les pays africains. En effet, c’est cette même communauté qui voudrait voir des alternances mathématiques se réaliser à la tête des Etats africains parce que X ou Y a fait tant d’années au pouvoir. Il faut faire la place aux opposants même si les peuples veulent ceux qui gèrent leurs pays, le temps passé au pouvoir est pour eux le seul tort qui justifie leur départ. Nous constatons que ceux pour qui l’on réclame cette alternance, quand ils arrivent eux-mêmes au pouvoir, font tout pour s’y maintenir contre vents et marées. Le cas de M. Gbagbo, "le père du multipartisme", "le démocrate", "le nationaliste", "le boulanger devenu également pâtissier" en est une illustration parfaite par ce hold-up électoral en direct à la télévision. Une grande première dans le monde. Notre conviction, encore une fois, est que quand les populations que l’on dit analphabètes ne veulent pas d’un dirigeant, elles le font savoir à travers les urnes et c’est le cas de M. Gbagbo qui ne doit s’en prendre qu’aux sondages qui le donnaient vainqueur malgré l’évidence de sa minorité dans le pays.

    "La folie, une maladie et l’ingratitude, un défaut"

    Ce qui est plus préoccupant dans la situation ivoirienne c’est la persistance des extrémistes qui s’acharnent sur notre pays et ses ressortissants vivant en Côte d’Ivoire, au lieu de résoudre le vrai problème ethnique et régionaliste qui est posé. Nous avons suivi avec attention les propos de la porte-parole du gouvernement éphémère de M. Gbagbo puis ceux de lui-même disant des choses qui frisent le ridicule sur notre président, même s’il n’a pas le courage de le citer. Mais nous disons que si la folie est une maladie que l’on peut soigner, l’ingratitude est un défaut que seul l’ingrat lui-même peut corriger. Notre président a "veillé à cause de M. Gbagbo et des siens et au petit matin, ils lui demandent pourquoi il a les yeux rouges". Avouons que c’est le comble de l’ingratitude. M. Gbagbo a dit que notre président menaçait, à un moment de la crise ivoirienne, de le faire traduire devant le TPI. Nous lui demandons d’être patient et il saura qui va le traduire devant le TPI car c’est le TPI lui-même qui viendra le chercher très bientôt si lui et les siens s’acharnent contre des innocents. Mais que représente l’ingratitude à côté du racisme, du tribalisme ou de la xénophobie transformés en système de gouvernement par M. Gbagbo ?

    Nous voulons dire à ceux qui s’attaquent à notre pays et aux Burkinabè où qu’ils vivent de savoir qu’ils finiront humiliés par l’histoire. Il faut s’en prendre, dit le proverbe burkinabè, "au lieu où l’on a trébuché et non à l’endroit où l’on est tombé". Le boulanger a utilisé cette fois la mauvaise levure, ce qui lui vaut de ne pas avoir de preneur pour son pain. Les violences verbales ou physiques ne resteront pas impunies parce que le TPI est à l’affût, prêt à arrêter et juger M. Gbagbo et ses acolytes qui projettent de mettre la Côte d’Ivoire à feu et à sang pour empêcher qu’un "nordiste" ou un "centriste" gouverne le pays comme l’avait déjà fait son cousin Gragbé Gnangbé dans les années 70. Nous voulons mettre en garde ces racistes prétendus dirigeants de la Côte d’Ivoire contre toute escalade tendant à trouver des boucs émissaires à une division née il y a plus de 30 ans avec la fameuse révolution du canton Guébié.

    Eh oui ! La 1re rébellion armée en Côte d’Ivoire est bel et bien partie de la région de M. Gbagbo et il le sait comme tous les Ivoiriens. A l’époque, ce sont les Baoulé qui étaient visés par les acteurs de cette "révolution des Bété" et cela se passait dans les années 1970. Le président actuel de notre pays n’était pas chef d’Etat. Il faut que les Ivoiriens qui se réclament de l’héritage de cette fameuse révolution disent exactement au monde entier ce qui s’est dit à cette époque et qui sous-tend tout ce qui se passe aujourd’hui dans ce pays, à savoir "libérer les populations du Sud de "l’emprise" de celles du Centre et du Nord", selon la volonté de ces extrémistes minoritaires. Qu’ils avouent que la première tentative de partition du pays n’est pas venue du Nord mais de la région de M. Laurent Gbagbo où l’on retrouve la plupart de ces extrémistes. A notre connaissance les ex-rebelles du Nord n’ont jamais renié les couleurs orange, blanc, vert du drapeau ivoirien, ce que les acteurs de la première tentative de partition ont fait en substituant à Gagnoa sur un édifice public au drapeau actuel, un autre. Quand des historiens falsifient l’histoire, ils représentent une honte pour l’Afrique. Souvenons-nous que cela se passait du vivant du président Houphouët-Boigny. Dire aujourd’hui que le Burkina Faso est pour quelque chose dans ce qu’il est convenu d’appeler la gestion tribale de la Côte d’Ivoire est tout simplement ridicule pour des personnes qui aspirent à diriger un pays.

    Il faut aussi se rappeler que toutes les tentatives de coup d’Etat contre le président Houphouët ont été l’œuvre de personnes ayant un lien direct ou indirect avec la région de M. Gbagbo, elles ne venaient ni du Centre, ni du Nord. C’est bien de ne parler que de la rébellion au Nord mais que l’on ait au moins la dignité de se rappeler l’histoire de la Côte d’Ivoire. Les extrémistes, faute d’avoir réussi à l’époque, à acquérir "la liberté des Bété" pensent l’avoir acquise à présent et c’est tout le sens que l’on doit donner au slogan de campagne du camp Gbagbo "on gagne ou on gagne", et à son refus de céder le pouvoir au président démocratiquement élu. Nous sommes respectueux des valeurs de la république et de la démocratie et pensons que M. Gbagbo, dans un sursaut patriotique, rendra le pouvoir. Les Ivoiriens ont assez souffert de cette division née dans le canton Guébié et les héritiers de ce système xénophobe ont assez "roulé le monde dans la farine".

    Pour avoir une idée claire autour de M. Gbagbo, vous avez Bouhoun Bouabré, Désiré Tagro, Kadet Bertin, Alcid Djédjé, Blé Goudé, etc. Tous de la même région et de la même ethnie que lui, et qui sont le reflet de l’extrémisme sous le couvert de l’ethnie. Nous connaissons l’histoire de ce pays et les quelques personnes du Nord ou du Centre que l’on place à tel ou tel poste pour tromper la vigilance des observateurs ne nous font pas perdre de vue le vrai problème de la Côte d’Ivoire qui remonte, en réalité, à la première tentative de partition du pays organisée dans la région de M. Gbagbo. Alors, qu’il cesse la permanente fuite en avant parce que l’histoire le rattrapera tôt ou tard si ce n’est déjà fait. Vos vœux pour 2011.

    Nous souhaitons que la paix et l’amour continuent de régner dans les cœurs au Burkina Faso. Que la paix revienne en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. Nous souhaitons santé, prospérité et bonheur à chacun et à tous. Que Dieu bénisse notre pays et bénisse ses détracteurs pour qu’ils soient témoins de son émergence.

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  • Le 30 décembre 2010 à 11:43, par Celui qui a esprit En réponse à : Côte d’Ivoire : Face à l’isolement africain et international, Laurent Gbagbo pour une « république gbagboïste »

    Merci bcp à BEJOT pour ce cours d’histoire. mais tout ce que je vous demande c’est de cesser ce travail d’intoxication de l’opinion sur Laurent GBAGBO. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas BEJOT ? Il y a des lois que tout citoyen d’un pays donné doit respecter. Et ces lois sont appliquées par des institutions compétentes (les cours et les tribunaux) : c’est à dire qu’elles sont les seules habilitées à dire le droit. Lorsque ces organes disent le droit, on peut ne pas être d’accord avec leurs décision et on fait appel. Mais, on ne peut pas parce qu’on estime que le droit n’a pas été dit, vouloir se rendre justice soi-même. Si nous estimons que nous sommes pour la démocratie alors apprenons à respecter les institutions et les lois. Sinon nous qui voulons nous rendre justice nous mêmes allons créer des situations difficilement gérables.

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  • Le 30 décembre 2010 à 15:05, par Palé En réponse à : Côte d’Ivoire : Face à l’isolement africain et international, Laurent Gbagbo pour une « république gbagboïste »

    Paul,sais-tu lire ? En tout cas,tu n’as rien compris ! Les propos de Jean Pierre Béjot ne reflètent que la vérité. Il n’a rien inventé,il dit bien qu’il s’est référé au livre de l’antropologue,,Jean Pierre Dozon,dont le titre est :"Au coeur de l’ethnie/Ethnies tribalisme et Etat en Afrique"publié en 1985 aux éditions La découverte. Si ce livre est encore usité,tu pourras te le procurer ;il te permettra de connaitre l’histoire des bété. Dans un passé récent,les colons ont eu maille à partir avec ce peuple primitif au tempérament frondeur,querelleur,belliqueux et indiscipliné. Grâce à l’histoire,on découvre que les bété ont été les premiers en Côte d’Ivoire,à entrer en "dissidence"avec le pouvoir central d’Abidjan et à faire la guerre de sécession ! Peuple guerrier,ils sont donc les pioniers de la révolte. Gbagbo est un bouffon,un xénophobe,un raciste et un assoiffé de pouvoir ! C’est un adepte du repli identitaire. C’est un homme qui use de l’intrigue,de la ruse et de la trahison. C’est pourquoi il ne fait qu’évoluer dans la logique de la guerre. Il reste impassible face à la misère de son peuple et sa soif de liberté et de renouveau !

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  • Le 1er janvier 2011 à 13:12, par Un ivoirien En réponse à : Côte d’Ivoire : Face à l’isolement africain et international, Laurent Gbagbo pour une « république gbagboïste »

    Afin de comprendre ce qui se passe réellement en Côte d’Ivoire,et qui n’est que la guerre ethnique menée par Laurent Gbagbo et les siens,je vous invite à prendre connaissance de ce "Tract du grand Ouest",distribué aux ivoiriens au début du mois de juin 2005,publié par le quotidien "Le Patriote" du 26 juin 2005. " "PEUPLE DU GRAND OUEST" L’acte politique de notre pays est lié à l’histoire reçue par les fils de notre tribu. Pendant 40 ans,les Akan et le despote Houphouet Boigny,grand voleur de tous les temps,ont combattu sans relâche,nos tribus. Des crimes odieux ont été commandités et exécutés. L’in de nos illustres fils,Kragbé Gnagbé,dit "OPADJELÉ",a été décapité,et avec lui,périrent près de 4 000 de nos parents. Un tel génocide ne peut rester impuni ! Nos terres,notre bien le plus précieus,ont été arrachées de force par les Akan,armés par Houphouet Boigny,avec la traitre complicité des dioulas,et de quelques uns de nos parents. Les peuples du grand Ouest doivent donc s’unir autour d’un des leurs,en l’occurence, Laurent Gbagbo,qui est la réincarnation d’"OPADJELÉ" par qui,du reste,nous serons sauvés. Le 24 décembre 1999,Dieu,en donnant le pouvoir à l’un de nos fils,a voulu nous montrer la voie à suivre. Filles et fils du "Grand Ouest",donnons-nous la main car l’heure est venue de reccupérer nos terres. L’heure est venue de débarrasser nos villages et nos villes des dioulas(Mossi)et des akan qui sont des alliés objectifs(bonnet blanc et blanc bonnet). Oui,l’heure de la grande vengeance a sonné ! Nous aussi,voulons faire de nos villes des capitables comme Abidjan,Yamoussokro et Daoukro. Peuple du "Grand Ouest",unissons-nous pour que,plus jamais,le pouvoir ne nous quitte. Affûtons nos fusils,nos machettes. Soyons prêts ! Donnons la mort pour la survie de nos tribus,pour la confiscation du pouvoir. Signé : "L’union du Grand Ouest". Bonne et heureuse année à tous nos frères burkinabés.

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