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Détournement à CELTEL/Burkina : y a-t-il une affaire dans l’affaire ?

Accueil > Actualités > Multimédia • • mardi 14 septembre 2004 à 07h28min

Depuis quelque temps, l’affaire du détournement de plus de 100 millions de Francs CFA à l’Agence Celtel/Bobo défraie la chronique. Ces malversations ont eu pour conséquence le licenciement d’un certain nombre d’agents de la boîte. Mais au regard de certains éléments en présence, il y a lieu de se demander si cette affaire ne sert pas de prétexte à une vendetta aveugle mettant en péril CELTEL/Burkina.

L’affaire du détournement de fonds et de malversations diverses à CELTEL/Bobo a eu suffisamment d’écho dans la presse nationale, pour qu’il soit vraiment nécessaire d’y revenir dans les moindres détails. On peut simplement rappeler qu’à l’issue d’un audit commandité par la Direction générale de CELTEL/Burkina, et consigné dans un rapport en date du 11 Mai 2004, de nombreuses malversations ont été mises à jour : détournement de plus de 100 millions de Francs, ventes parallèles de cartes de recharge, détournement de bons d’essence, etc..

Les auteurs de ces différents délits, les sieurs Laciné Kafando, chargé de distribution et Adama Ilboudo, caissier, reconnaissent leur entière responsabilité dans l’affaire. Des lettres de licenciement leur sont adressées. Monsieur Désiré Bakyono, chef d’Agence de Celtel/Bobo à l’époque des faits, reçoit une mise à pied de huit jours. Puis le 17 Juin, il se voit signifier verbalement son licenciement par la Directrice générale, Madame Emilienne Macauley. Les premiers motifs avancés pour ce licenciement sont la complicité de détournement et défaut de surveillance de l’agent fautif.

L’affaire est toujours entre les mains de la justice, et ce que d’aucuns n’ont pas compris, c’est la précipitation avec laquelle fut prononcé le licenciement du chef d’Agence Désiré Bakyono, alors qu’aucun élément tangible n’a permis d’établir une quelconque complicité de l’intéressé. Pourquoi alors a-t-il été licencié ? Les enquêtes préliminaires menées par la gendarmerie de Bobo, n’ont pas non plus permis d’établir son implication. Pourquoi la Direction générale de Celtel/Bobo n’en a-t-elle pas tenu compte ? Que lui coûtait-il d’attendre que la justice rende son verdict avant de se prononcer ?

En vérité, s’il y a une affaire Kafando, il y a une affaire dans l’affaire : l’affaire Désiré Bakyono. Pour en comprendre les tenants et les aboutissants, il faut remonter à quelques années en arrière, au tout début de l’aventure CELTEL au Burkina.

Monsieur Désiré Bakyono et Madame Emilienne Macauley, actuelle Directrice générale de Celtel, sont ce qu’on peut appeler de vieilles connaissances. Dès l’installation de la société au Burkina, Monsieur Bakyono en a été le premier employé, attaché à la Direction commerciale, jusqu’à l’arrivée de Madame Macauley comme Directrice commerciale et marketing. A ce titre, elle était donc la supérieure hiérarchique de Monsieur Bakyono.

Cependant, sa meilleure connaissance du terrain ainsi qu’une plus grande disponibilité, faisaient assumer à Désiré Bakyono, l’essentiel des charges. De plus, cette position faisait de lui le premier, sinon le seul cadre non expatrié à prétendre aux postes les plus élevés de la société. Cela a-t-il fait de Monsieur Bakyono, une cible à abattre coûte que coûte sur le chemin étroit et sinueux des ambitions ?

17 Mars 2001 : Celtel ouvre son agence à Bobo Dioulasso et Désiré Bakyono en est nommé le chef. En tant que deuxième ville du pays, Bobo comportait un intérêt stratégique évident. Monsieur Bakyono reçut par conséquent de ses supérieurs la mission de conférer à Celtel une position dominante dans cette région. A force de travail et d’abnégation, lui et sa petite équipe parvinrent à faire occuper la première place à Celtel dans la région. Quand on connaît la concurrence acharnée qui existe entre les différents opérateurs de téléphonie mobile au Burkina, on peut imaginer l’importance du travail abattu pour y parvenir.

Cependant, en dépit de ce travail méritoire, un audit organisationnel recommanda le rattachement de l’agence de Bobo à la Direction générale. Considérant la manœuvre comme une trahison, Monsieur Bakyono en exprima du dépit. Madame Macauley aurait-elle considéré cela comme la manifestation d’une ambition à abattre ? Toujours est-il que cela eut pour conséquence de déclencher les premières escarmouches entre les deux cadres de Celtel. Par exemple, Monsieur Bakyono n’allait plus jamais assurer les intérims de la Direction commerciale pendant les absences de Madame Macauley comme c’était le cas auparavant.

Août 2002 : Après un séjour de 2 ans au Burkina, Madame Emilienne Macauley est affectée comme Directrice commerciale à Celtel/Gabon. Avant de partir, elle a la prérogative de nommer un intérim en attendant le pourvoi définitif du poste. Un peu comme le soldat le plus ancien dans le grade le plus élevé, tout Celtel s’attendait à la désignation de Monsieur Bakyono. Madame Macauley préféra quelqu’un d’autre pour le poste. Mais face au manque évident d’objectivité de ce choix, le Directeur général de l’époque, Monsieur Raymond Laforce, cassa cette décision et confia l’intérim de la Direction commerciale à Monsieur Bakyono.

A ce que l’on dit, Madame Macauley n’aurait jamais accepté l’affront. Même étant au Gabon, il semble qu’elle aurait tout fait pour glisser des peaux de banane sous les pieds de celui qu’elle considère comme un rival à éliminer. Les mauvaises langues la disent très intrigante. Obséquieuse avec les supérieurs, cassante avec les subalternes, elle aurait un don inné pour faire ami-ami avec tous ceux qui comptent dans la boîte. Passer d’infirmière obstétricienne à Directrice générale d’une grande société en quelques années, quel beau parcours !

Après six mois d’intérim, Monsieur Désiré Bakyono n’allait pas être confirmé au poste de Directeur commercial. On recrute et on y nomme un certain Augustin Diouf. Madame Macauley y aurait personnellement veillé. Celui-ci, à peine installé dans la maison, aurait aussitôt fait le choix de ses amis, et par conséquent de ses ennemis. Désiré figure en première place parmi ces derniers. Dès ses premiers moments de service, il aurait tout fait pour faire comprendre que les ennemis de Madame Macauley étaient directement les siens. Par exemple, Monsieur Bakyono fut expulsé de son bureau afin que le nouveau Directeur commercial vienne prendre service. Entre les deux, il n’y aurait jamais eu de passation officielle. Monsieur Bakyono fut prié de rejoindre dare-dare Bobo Dioulasso.

Toute une stratégie de harcèlement aurait dès lors été déployée à son encontre : restriction de son pouvoir de décision, avertissements écrits, propositions de départ volontaire, pratiques diverses d’intimidation et d’humiliation. Ce petit jeu se serait poursuivi jusqu’à la récente nomination de Madame Emilienne Macauley comme Directrice générale de Celtel/Burkina. Le reste est une histoire ordinaire, comme dit le chanteur. Sitôt nommée, elle commandite un audit sur l’Agence Celtel/Bobo.

La découverte des malversations est une aubaine inespérée pour elle. Monsieur Désiré Bakyono est licencié le 17 Juin 2004 sans qu’aucun élément probant ne vienne démontrer son implication dans les malversations mises à jour, et avant même que la justice -saisie de l’affaire- se soit prononcée. Recevant Monsieur Bakyono dans son bureau pour lui annoncer son licenciement, elle lui aurait dit que son licenciement n’était pas de son propre fait mais qu’elle ne faisait qu’obéir à des instructions émises par quelqu’un du siège. Où est la vérité dans cette affaire ?

Même si rien ne le prouve aujourd’hui, il se murmure qu’à Celtel/Burkina, aurait été engagée une politique de non promotion des cadres locaux aux postes stratégiques de la boîte.
Affaire à suivre.

Lamine Koné
San Finna

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