COTONCULTURE : Sankara, le chercheur désargenté
C’est un jeune chercheur. Il s’appelle Salif Sankara. Il fait sa recherche dans le secteur cotonnier. Il est né à Sig-Noghin dans la province des Banwa, d’un père cotonculteur. Salif Sankara, est porteur d’un projet qu’il a appelé "Technique d’amélioration du rendement du cotonnier". Selon lui, cette technique qu’il a murie depuis plus de 15 ans, permettra d’augmenter de 50% le rendement cotonnier actuel. Il lui manque cependant des moyens pour l’appliquer à grande échelle.
Lundi 2 août 2010, il est 15 h quand un jeune homme, cartable en main, entre dans la salle de rédaction du journal "Le Pays". "Merci de m’avoir reçu", dit-il en ouvrant son cartable. "Ceci est mon projet", poursuit-il, en nous indiquant un document de 4 pages, sur lequel on lit : "Technique d’amélioration du rendement du cotonnier". "Avec ce projet, j’ai été dans plusieurs structures pour un appui financier, mais je n’ai pas eu gain de cause. Comme son nom l’indique, mon projet consiste à améliorer le rendement de la filière coton, en augmentant de plus de 50% le nombre de boutons floraux et partant du nombre de capsules sur le cotonnier", nous confie le jeune chercheur.
"C’est pourquoi je suis venu ici au journal pour voir ce que vous pouvez faire pour moi afin que je puisse bénéficier de l’appui des bonnes volontés. Aujourd’hui, même si c’est un prêt que la personne veut m’accorder, je suis prêt à m’engager. Pour le moment, avec ma situation d’élève administrateur à l’ENAM, je ne peux pas supporter les frais de l’expérimentation à grande échelle. Mais si j’ai un financement ou un prêt, l’application de la technique que j’ai découverte permettra aux agriculteurs de rentabiliser en un temps record. Et moi aussi, je pourrai avec la présentation des résultats, bénéficier d’un appui afin d’éponger la dette contractée."
Une expérimentation ratée de justesse
"Depuis longtemps, raconte M. Sankara, mon père est resté l’un des plus grands producteurs de coton de Sig-Noghin. Pour la campagne 96/97, sa production a été supérieure à 20 tonnes. J’ai poursuivi ma recherche sans que personne ne soit au courant. J’ai procédé ainsi parce que je voulais m’assurer de la maîtrise parfaite de ma technique, avant de la divulguer. En 2006, j’ai commencé l’application de la technique en produisant conjointement un document de suivi de la production. Malheureusement, cette année, je n’ai pas pu établir un bilan exhaustif et stable de ma technique, pour deux raisons : il y a eu de fortes pluies, puis une poche de sécheresse, qui a fait tomber les boutons floraux."
"Cette fois sera la bonne, si j’ai le financement"
"Ma technique étant très simple, explique le jeune chercheurdonc applicable par tout producteur, alphabète ou analphabète, je tiens à la divulguer. C’est pourquoi cette année je compte poursuivre son application dans la région des Cascades ou du Sud-Ouest, qui sont moins exposées à la sécheresse. Et comme je tiens à suivre de bout en bout l’évolution des boutons floraux, afin de rendre compte à celui qui m’a appuyé et à tous ceux qui veulent en savoir davantage, j’ai besoin de moyens matériels et financiers. Les besoins financiers et matériels pour réaliser le projet s’élèvent à 2 millions de F CFA.
Dès que j’obtiens le financement, je me rends sur le lieu d’expérimentation que je vais choisir avec le bailleur de fonds, puisque je dois y résider afin de mieux suivre le travail. Comme la saison est déjà avancée, je vais signer une convention avec un agriculteur, pour appliquer la technique sur son champ". Après cette explication, Salif Sankara a lancé cet appel : "Je vous prie de bien vouloir me financer afin que je puisse apporter ma contribution à la production cotonnière de mon pays."
Tiabrimani NADINGA (Stagiaire)
Le Pays


