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Biocarburant : Le Burkina a sa première usine

Publié le vendredi 16 juillet 2010 à 00h16min

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Belwet Biocarburant SA a inauguré la première usine de production de biocarburant et diverses huiles végétales au Burkina Faso, le jeudi 15 juillet 2010 dans la zone industrielle de Kossodo, à Ouagadougou. Cette cérémonie, parrainée par le président de la Commission de l’UEMOA, a été présidée par le ministre des Mines, des Carrières et de l’Energie, représentant le Premier ministre.

Le biocarburant fait d’huile raffinée de jatropha curcas ; le biodiesel ; le savon de lessive et de toilette Belwet à base d’huile dominante de jatropha curcas ; le compost à base de tourteau de jatropha curcas ; l’aliment à bétail à base de tourteau de balamites et la glycérine pour la cosmétique et les usages médicinaux ; tels sont les produits qui sortiront de cette usine de production installée dans la zone industrielle de Kossodo à Ouagadougou. L’unité pilote qui vient d’être inaugurée est une première et elle est une solution à la crise énergétique, selon le ministre des Mines, des Carrières et de l’Energie, Kader Cissé, représentant le Premier ministre.

C’est une infrastructure qui comprend un bâtiment central logeant les presses et le système de raffinerie, un magasin de stockage des graines de jatropha curcas et des balamites aegyptiaca, une aire de séchage de 500 m2, des bassins d’épuration et de traitement des graines de balamite, un château d’eau, un jardin de basilique et de citronnelle pour servir de parfum au savon, et un local servant de bureaux.

Un autre magasin destiné au stockage des produits finis et une unité de savonnerie sont toujours en construction. Le fonctionnement de l’usine sera assuré dans un premier temps par une équipe de 45 personnes composée d’ingénieurs, de techniciens, de gestionnaires, de juristes et d’ouvriers. Selon le responsable technique de l’usine, Mahamadi Siemdé, la production est de 30 000 tonnes de graines pour 5 000 litres de biocarburant.

Le promoteur de ce biocarburant, le Larlé Naaba Tigré, s’est beaucoup investi pour la réalisation de ce projet. C’est, selon lui, une manière concrète de contribuer au développement économique du pays. “Cette usine garantit l’achat de toute la production de graines de jatropha auprès de nos braves producteurs... Modestement mais sûrement, cette unité pilote contribuera à la lutte contre la pauvreté en résorbant un peu le taux de chômage”, a-t-il déclaré.

Le président de la commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, qui a parrainé cette cérémonie, a salué les actions de l’association “Belem Wend Tiga” présidée par le Larlé Naaba. “De l’éducation à la santé en passant par l’humanitaire, les activités culturelles, culturales et industrielles font de ce ministre du Mogho Naaba un chef polyvalent, avisé et généreux”, a-t-il confié au promoteur de la filière jatropha.

Chaque année, l’UEMOA, à travers son département de l’énergie, permet à cette association de réaliser une pépinière moderne d’une capacité de 500 000 pieds à racines. Soumaïla Cissé a aussi félicité le Larlé Naaba, car l’initiative participe à la lutte contre la dégradation de l’espace agricole pour le renforcement du massif forestier et à la réduction des gaz à effet de serre.

Le Brésil joue le rôle de leader mondial en matière de biocarburant. Le développement de moteur fonctionnant à 100% avec l’alcool fut un succès pour ce pays dans les années 1980. Géant mondial de production agricole et surtout précurseur dans le domaine des biocarburants avec 52% de la production mondiale de biosethanol, le Brésil a une expérience dans l’agrobusiness qui lui a permis d’accéder à sa souveraineté énergétique. Elle a servi de leçon au Burkina Faso qui compte étendre les résultats de cette expérience à l’ensemble du territoire national et à d’autres pays de la sous-région.

En marge de cette inauguration, l’association “Belem Wend Tiga” a récompensé les 10 lauréats du concours de musique sur la promotion du jatropha et la balamite. Le 1er prix, d’une valeur de 250 mille francs CFA plus une moto, est revenu à l’artiste en herbe Yacouba Zoungrana dit Zibass, par ailleurs étudiant en 3e année de droit. Le 2e a reçu 200 mille francs CFA, le 3e 150 mille francs CFA, le 4e 100 mille francs CFA et le 5e 50 mille francs CFA. Les 5 autres lauréats ont reçu chacun 25 mille francs CFA.

Xavier T. Belemgnégré (Stagiaire)

L’Observateur Paalga

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Messages

  • j’aimerai connaitre le prix d’achat du kg graine par l’usine aux producteurs.

  • Très bien,mes félicitations au laarlé Naaba.

    J’espère qu’ils trouveront comment adapter leur produit à une production énergétique très bientôt.

  • Courage à tous ceux qui ne pensent pas seulement à leur poche mais à leurs proches aussi !!!

    • J’aimerai savoir si la loi au Burkina autorise l’utilisation du biocarburant comme combustible automobile.
      Et si c’était le cas le monopole des grands fournisseurs tels que Total..saura -t-il être brisé quand on se souvient du bras de fer qui oppose Total à un promoteur de GPL..

  • combien a t on investit pour que le pauvre gamin du fond du village mange un seul repas par jour ? la quantité de cereales necessiare pour faire un seul plein de biocarburant pour un 4x4 suffirait a nourrir une personne pendant un an. Le paysan burkinabe a-t-il besoin de biocarburant quand il est en train de crever de faim ? il ne peut meme pas avoir un velo pour parler d’une voiture roulant au biocarburant. Qu’en est-il des discours sur l’autosuffisance alimentaire, la lutte contre la pauvreté, etc ? Pauvre afrique !!! Comme le dit l’intervenant plus haut : il y en a qui pense plus a leur poches qu’a leurs proches. Voila ou se trouve notre malheur en afrique

    SOME

  • Felicitations, Larle Naaba. Voici un leader digne du Burkina qui s’est battu depuis le rencherissement de la vie, pour promouvoir le Jatropha. Merci et bonen suite.

  • Je voudrais féliciter les promoteurs de cette initiative qui pourrait effectivement créer des emplois et lutter contre la pauvreté au Burkina Faso .Cependant j’ai quelques doutes et questionnements :

    1) A combien on va acheter les graines de Jatropha au pauvre paysan qui s’est investit durement pour produire ? A t-il un prix garanti et équitable ? Nous avions vu l’exemple avec la SOPROFA qui a lancé la production massive de tomate dans les périmètres avec les paysans .Au moment où ces derniers écoulaient avec les ghanéennes et les togolaises entre 75 -100 FCFA/Kg, SOPROFA proposait entre 25-35 FCFA/Kg. Ce fut une des raisons qui ont fait sombrer ce projet. Oui, vous me direz une produit destiné à la transformation ne doit pas s’acheter au même prix qu’un produit qui va en consommation directe, mais l’écart nous semblait énorme. Comparaison n’est pas raison, mais comme cela c’est passé au Burkina, il convient de tirer les leçons pour mieux avancer.

    2) Est-ce que le paysan de Falabountou, de Ban, de Djigouera, de Kankalba, de Logoubou etc. aura accès à ce biocarburant pour son utilisation personnelle (alimentation motopompe pour irrigation, production électricité pour usage domestique...)

    3) Est-ce qu’il existe une politique sur la production de biocarburant au Burkina Faso ? Sinon on risque de faire un pilotage à vue.

    4) Position des lobbies pétroliers et production de biocarburant, quelle analyse ?

    5) le problème de sécurité alimentaire au Burkina Faso comme dans la sous région se dégrade d’année en année. La promotion du Jatropha ne va contribuer davantage à fragiliser cette sécurité alimentaire. En effet, j’ai bien peur que les paysans n’utilisent les terres fertiles pour produire le Jatropha au détriment des céréales et ceci sous votre impulsion (rentabilité unité de transformation oblige) ou l’initiative personnelle du paysan (si le prix d’achat est intéressant) .Aussi, toute plante pour exprimer tout potentiel de rendement, a besoin d’un environnement favorable (terra fertile avec apport des intrants nécessaires).

    C’est juste ma petite réflexion sur la question de la production du biocarburant au Burkina. Sinon, je vous dis sincèrement que je suis un militant convaincu que l’Afrique ne peut décoller en comptant sur autrui. Toute initiative surtout endogène qui participe à la création de richesses et d’emplois, donc à l’amélioration des conditions de vie des populations est à encourager.

    Sans passion.

    Issaka

  • bonjour moi ser mr konate djakaridja jeune commersant ivoirien exsersan dans le domaine huile de palme bruite es que vous utilise des produit isu du palmie .ex les grains concaser .merci

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