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Proverbe du Jour : «Il faut avoir bien du jugement pour sentir que nous n’еn аvοns рοint.» Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Discours de Blaise Compaoré au lancement des manifestations

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso • • dimanche 21 mars 2010 à 13h05min

Blaise Compaoré

de Sya et de la Région des Hauts-Bassins ;

Distingués invités ;

Les grands Empires africains auxquels se sont succédés des Royaumes et des communautés fortement structurés, ont établi des espaces socio-politiques qui ont fait la fierté du monde noir et fourni des matériaux fondamentaux à la construction de la civilisation universelle.

La conquête et la balkanisation du continent, l’instauration d’un ordre colonial destructeur de nos valeurs culturelles et sociales, ont profondément entamé la dynamique d’évolution interne de nos sociétés.

Les légitimes résistances et les luttes émancipatrices contre le système colonial et l’Apartheid, ont assuré la libération politique et les opportunités d’une renaissance africaine.

Au Burkina Faso, les durs épisodes de l’ordre colonial qui ont bouleversé la vie de notre société durant la première moitié du XXème siècle, ont été les ferments essentiels de l’éclosion et de la montée d’un sentiment national fort et d’un engagement déterminé pour la construction d’un avenir commun.

La célébration du cinquantenaire de notre pays comme celle de la plupart des Etats africains, est un devoir de mémoire qui nous renvoie aux luttes héroïques de nos devanciers, lesquels nous ont légué des valeurs d’abnégation, de courage et d’intégrité.

La reconstitution de la colonie de Haute Volta jadis disloquée, la proclamation de la République le 11 décembre 1958 et l’accession à l’indépendance le 5 août 1960, ont ouvert la voie à l’émergence d’un Etat moderne, responsable et résolument engagé dans la quête d’une croissance économique durable et d’un développement partagé.

En ces instants solennels de lancement des activités commémoratives du cinquantenaire, je salue la mémoire du Président Maurice Yaméogo qui a eu la lourde responsabilité de proclamer l’indépendance et d’assumer les hautes fonctions de Premier magistrat de l’Etat naissant.

Je rends hommage au Président Ouezzin Coulibaly, au Moogo Naaba Saaga et à tous les patriotes dont la grande vaillance, l’ardeur au travail et la détermination dans le combat émancipateur, inspirent intensément les générations montantes.

Cet héritage sur lequel se sont forgés l’esprit de tolérance, de solidarité et le sentiment patriotique de notre peuple, représente une immense richesse et un référentiel exceptionnel pour la préservation de nos acquis majeurs de paix et de progrès.

Concitoyennes, concitoyens ;

Le thème du cinquantenaire « 50 ans de construction d’une nation : souvenir et espérance », traduit la volonté de notre nation de célébrer l’enthousiasme de l’ensemble des burkinabè à affirmer leur identité et à créer, dans un contexte de contraintes particulièrement exigeantes, les conditions indispensables à la réalisation du bien-être de tous.

A ce titre, je salue les grandes avancées réalisées, notamment l’enracinement continu de la culture démocratique et l’élargissement des progrès économiques et sociaux.

Je félicite l’ensemble des composantes de notre peuple pour le parcours impressionnant accompli dans l’édification d’une nation mature et maîtresse de son destin.
Les immenses sacrifices consentis par nos illustres prédécesseurs devront fonder notre espérance en un Burkina Faso de progrès continu.

Notre passion de bâtir une nation libre et solidaire puise sa force dans ce passé glorieux, vigoureux et riche en enseignements.

Populations de Sya ;

L’organisation des festivités du cinquantenaire s’inscrit dans la logique d’une réflexion stimulante sur les possibilités du renforcement des bases sociales, culturelles, économiques et politiques d’une nation émergente, respectée et solidaire.
Elle exprime également notre volonté commune de construire un monde d’espérance pour les générations futures en nous fondant sur les leçons du passé.

Le Burkina Faso est fier d’entamer la commémoration du cinquantenaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale, sur cette terre de dignité de l’ouest, qui a vu naître de grandes figures de notre histoire comme Guimbi Ouattara, Daniel Ouezzin Coulibaly et Nazi Boni, qui incarnent le courage, l’engagement et l’esprit de sacrifice dans la lutte pour la libération de notre peuple.

Je salue l’exceptionnelle mobilisation des populations de Bobo-Dioulasso, charmante ville qui a su valoriser la diversité culturelle des peuples qui y vivent et en a fécondé une richesse inestimable sur les plans des arts, des sports et de la production économique.

Mesdames, Messieurs ;

La célébration du cinquantenaire est une occasion particulière pour le peuple burkinabè, sa diaspora ainsi que les communautés des pays frères et amis vivant au Burkina Faso, de communier sur l’évolution de notre pays depuis 1960 et de contribuer à éveiller davantage les consciences sur nos devoirs dans la poursuite de l’édification d’une nation harmonieusement intégrée à la communauté ouest-africaine.

C’est pourquoi, j’appelle les travailleurs des secteurs publics et privés, du monde rural, les acteurs politiques, les communautés religieuses et coutumières, les forces de défense et de sécurité, les jeunes et les femmes ainsi que les organisations de la société civile, à une forte mobilisation, afin d’assurer un succès éclatant aux différentes activités, notamment aux réflexions, manifestations de souvenirs, reconstitution d’archives et de participer activement à l’érection de monuments symboles des cinquante ans de souveraineté.

Concitoyennes, Concitoyens ;

Notre peuple, dans sa volonté de bâtir un futur rassurant, a su transcender ses handicaps naturels, en leur opposant la solidité, l’ingéniosité et l’efficacité opérationnelle de ses ressources humaines, ainsi que la qualité de son environnement économique et politique particulièrement porteur pour l’investissement et la production.

La préservation de ces acquis et l’accélération de la dynamique de développement engagée nous commandent d’œuvrer obstinément à la consolidation de la paix et la stabilité dans la sous-région.
Dans ce sens, les efforts déployés par le Burkina Faso pour une résolution durable des crises en Afrique représentent une contribution significative à la promotion de la culture de la paix et du dialogue.

Peuple du Burkina Faso ;

L’innovation, la créativité, l’esprit conquérant et la recherche de l’excellence devront continuer de marquer, pour les 50 prochaines années, nos ambitions de bâtir une nation de tolérance et respectueuse des équilibres écologiques.
Je saisis cette opportunité pour réitérer mes remerciements à tous les amis du Burkina Faso, d’Afrique, d’Amérique, d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient et à nos partenaires au développement pour leurs soutiens constants et multiformes à la réalisation des grandes transformations entreprises par notre vaillant peuple.

Il m’est particulièrement agréable en ce jour, de saluer la qualité des liens qui nous unissent à la France, pays qui partage avec le Burkina Faso, un héritage impressionnant aux plans humain, linguistique et culturel.
A cet égard, la nouvelle dynamique imprimée à la coopération décentralisée consolide le développement à la base et contribue à accélérer l’essor économique des collectivités territoriales de notre pays.

Il nous importe donc d’œuvrer ensemble au renforcement de ce partenariat mutuellement avantageux pour les peuples français et burkinabè.

Concitoyennes, concitoyens ;
Mesdames, Messieurs ;

En vous invitant à vous mobiliser ardemment pour les 50 ans à venir, je fonde l’espoir que cette commémoration soit un moment historique de partage des valeurs de solidarité, d’intégrité et de justice et déclare lancées les activités marquant le cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso.

Je vous remercie.

Vos commentaires

  • Le 29 juin 2010 à 12:59, par paspanga En réponse à : Discours de Blaise Compaoré au lancement des manifestations

    Les grands Empires africains auxquels ont succédés [...] ! Je vous prie !

    Ce qui a profondément entamé la dynamique de croissance de nos
    pays, au delà de la balkanisation...(c’est indéniable mais c’est du réchauffé et cette excuse est usée)c’est le népotisme et la corruption qui règne au sommet et qui maintiennent les populations dans la misère, la faim et l’analphabétisme, l’ignorance.
    C’est cette avidité au sommet, le système du "zèzè taaba" !

    Si nous fêtons/célébrons le cinquantenaire, ça ne sera pas pour s’enorgueillir des réalisations et acquis obtenues car on aurait pu faire mieux. Nous allons célébrer plutôtla prise de conscience, le refus de l’injustice, la détermination à changer les choses.
    2010 est l’année 0 de la mobilisation et la marche vers un réel développement du Faso !
    Nous les jeunes avons cette mission, c’est un impératif !
    Nous avons notre place en politique, dans le global business..Bref c’est notre pays, et il va falloir que ça bouge, la bureaucratie rampante,comprenez l’inefficacité bureaucratique : à la trappe.Les personnes qui s’accrochent désespérément à leur poste et avantage/privilèges sans rien apporter de concrêt..tsst tsst

    Nous allons nous occuper de ce pays.Le chantier est vaste :
    Education
    Logement
    autosuffisance alimentaire
    l’eau
    la santé
    les infrastructures
    les services
    la diplomatie
    le commerce
    la culture

    Nous serons sur tous les plans, et ce ne sont pas les compétences qui manquent !
    Nous allons arrêter avec les discussions stériles et agir.
    Attendre des préalables avant de lancer des actions.Non !

    Il y a de nombreux points sur lesquels nous ne sommes pas d’accords:certains aspects dans le pilotage du pays, les modifications de constitution...mais nous arriverons à des solutions avec le temps. ça ne doit pas nous empêcher d’avancer, ça ne doit pas nous faire perdre de vue notre objectif. Chaque bataille remporté, c’est un pas vers la liberté !

    Entreprenez des choses !!
    Ne baissez pas les bras !!
    Allez retirer ce qu’on vous prend.C’est votre droit.
    Nous devons être un et solidaire. Unis pour gagner.(la nouvelle politique du gouv est à saluer à ce niveau : malgré les guerres intestines, lorsqu’un candidat BF se présente à des postes internationaux il reçoit dorénavant l’appui du pays)

    RV à Ouaga !C’est l’endroit où il faut être !

    To be continued...

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  • Le 13 août 2010 à 20:43, par coûte que coûte En réponse à : Discours de Blaise Compaoré au lancement des manifestations

    Comme l’a si bien dit un grand de notre pays dont je reprend les paroles ici : "je parle ici au nom de l’enfant, l’enfant du pauvre qui a faim et qui louche utilement vers l’abondance, avancerait dans une boutique pour riche. La boutique protégée par une épaisse vitre, la vitre défendue par une grille infranchissable, et la grille gardée par un policier casqué ganté et armé de matraque. Ce policier placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir, parce que présentant toutes les garanties de représentativité et de norme capitalistique du système". Nous sommes les enfants et lui le policier qui ganté armé de matraque placé là par le père d’un autre enfant que nous connaissons bien !! voilà à quoi aujourd’hui nous avons à faire !! Avec le discours de B.C c’est vraiment la fin de la conscience Burkinabé... Mais nous sommes là pour continuer la lutte coûte que coûte...

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