Blaise Compaoré aux paysans du Burkina Faso : "Nous sommes fiers de votre contribution au développement du pays"
Le face-à-face entre le Président du Faso, Blaise Compaoré et les producteurs, le mercredi 5 mars 2010, a marqué la fin de la XIVe Journée nationale du paysan (JNP) dans le parc animalier de Ziniaré. Le chef de l’Etat, le Premier ministre et son gouvernement ont donné des réponses aux interpellations des acteurs du monde rural qui, à leur tour, se sont engagés à accroître la production agro-sylvo-pastorale et halieutique tout en préservant l’environnement.
Blaise Compaoré, Président du Faso, animateur principal, entouré de ses "assistants", le Premier ministre, Tertius Zongo, les ministres en charge du monde rural, du Commerce et des Mines, tel est le présidium dressé devant les producteurs dans le parc animalier de Ziniaré. C’est l’heure des échanges direct entres Blaise Compaoré et le monde rural burkinabè.
D’emblée, l’animateur principal attire l’attention des participants sur la nécessité de protéger la "terre nourricière" du Burkina. En effet, son introduction au débat fut un "cours" sur la sauvegarde de la "terre", la "nature", "l’environnement", des "êtres inférieurs" avec lesquels les femmes forment la biodiversité. "Avant de parler de l’eau, de l’agriculture, je voudrais qu’on puisse parler de la terre.
Car si nous n’avons pas pris conscience que la terre est un être vivant comme nous et qu’il faut la protéger, prévoir notre avenir avec la vie de la terre, avec sa capacité qu’elle peut nous donner pour faire l’agriculture, l’élevage (...) nous faisons fausse route", a précisé Blaise Compaoré.
Le président du Faso a invité les burkinabè à faire en sorte que leurs activités agro-pastorales respectent l’environnement et les "êtres inférieurs" avec lesquels l’homme forme la biodiversité. Car "la science sans conscience n’est que ruine de l’âme". Spécifiquement sur le thème "Mobilisation et optimisation des ressources en eau, pour un développement durable", Blaise Compaoré pense que c’est la gestion de l’eau qui va conditionner la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Il illustre ses propos a le fait que les problèmes d’eau et d’assainissement constituent la première cause de mortalité sur cette terre. "Nous pouvons construire la terre comme nous pouvons la dévaster.
Si nous aimons le pays, sauvegardons la terre pour les générations futures", a-t-il martelé. Après ce cours de "conscience", place maintenant aux questions réponses. Les producteurs ont identifié deux porte-paroles (homme, femme) par région. En effet, une trentaine de préoccupations ont été soulevées par ces représentants mais aussi par des organisations paysannes.
Les questions ont porté essentiellement sur la construction et la réhabilitation des anciens barrages, l’accès au micro-credit, la création d’une banque agricole, la valorisation des produits forestiers, la promotion de la production animale, l’exportation de la volaille vers la Côte d’Ivoire, l’accès aux nouvelles technologies de production et l’accès aux média publics.
Le Premier ministre Tertius Zongo est interpellé par le président Blaise Compaoré pour donner les premiers éléments de réponse. Pour lui, le gouvernement a fourni beaucoup d’efforts vers le monde rural. En effet, des semences améliorées de 7 600 tonnes d’un coût de quatre milliards et demi ont été mis à la disposition des producteurs.
Il a été également distribué à prix social 23 375 tonnes d’intrants d’un coût de plus de 8 milliards de F CFA (...). A l’endroit de la production du coton, plus de 20 milliards de F CFA ont été injectés pour relancer la filière.
A la suite de l’intervention de Tertius Zongo, les ministres Laurent Sédogo, Sékou Bâ, Salifou Sawadogo, Kader Cissé et Mamadou Sanon se sont succédé pour apporté des réponses spécifiques aux producteurs. A l’issue de plus de trois heures d’échange, le président du Faso a qualifié la rencontre de très enrichissante, réconfortante. Aussi, a-t-il apprécié les engagements des producteurs qui consistent à produire plus tout en préservant l’environnement.
Une fois de plus, il a rassuré les paysans que le gouvernement restera toujours mobilisé pour les accompagner et les soutenir. Jour de vendredi, il a levé la séance à 13h moins afin de permettre à certains participants "de prier pour eux-mêmes et pour nous".
Boureima SANGA
Sidwaya


