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UNPC-B : "La crise n’est pas insurmontable"

Accueil > Actualités > Economie • • jeudi 11 février 2010 à 01h19min

Le bureau de transition de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina a donné sa première conférence de presse à Bobo Dioulasso le 8 février 2010. L’équipe que dirige désormais François Tani a voulu cette rencontre pour donner toutes les informations utiles aux médias sur la situation que traverse la faîtière des producteurs de coton après la démission de son premier président de l’histoire, François Traoré. Le nouveau bureau gère les instances en attendant la mise en place d’un bureau définitif le 15 mars prochain.

"Répondre aux interrogations et aux inquiétudes fort logiques" de l’opinion depuis les remous suscités au sein de l’UNPCB autour de la mise en place d’une nouvelle organisation de producteurs pour la commercialisation du maïs (OPCM). Cette situation a divisé la structure et conduit le président François Traoré a deposé sa démission le 25 janvier dernier. Le 2 février 2010, une assemblée générale extraordinaire a constaté la démission du président et mis en place un bureau transitoire. L’Organisation de production et de commercialisation du maïs (OPCM) est une idée de l’UNPCB. Mais dans le processus de mise en place de cette nouvelle structure, les partenaires stratégiques de l’UNPCB ont émis de sérieuses réserves.

D’après François Tani, le président du bureau transitoire, qui pour l’occasion, était entouré de tous les membres du bureau et de tous les techniciens de la structure, "le secrétaire permanent du suivi de la filière coton libéralisée, les sociétés cotonnières à travers l’Association professionnelle des sociétés cotonnières du Burkina (APROCOB), ont par courriers adressés à l’UNPCB, attiré notre attention sur les graves disfonctionnemments que les UPCM pourraient engandrées sur le fonctionnement de la filière coton et suggéré la tenue d’une réunion de concertation de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB)." Cette rencontre a eu lieu le 17 décembre 2009 et François Traoré se serait engagé à poursuivre la reflexion. La Confédération paysanne du Faso (CPF) a également invité l’UNPCB "au respect de l’organisation des acteurs du monde rural par filière" et à inviter l’UNPCB entrer en contact avec les producteurs de semences (UNPS) et les producteurs de céréales (FEPAB) "pour définir un cadre cohérent de collaboration pour le developpement de la filière maïs".

Le 28 décembre, l’assemblée générale extraordinaire qui a été convoquée pour donner suite à ce projet OPCM a décidé à la majorité des participants, selon François Tani, l’arrêt de la mise en place des OPCM en attendant un compromis avec la CPF dont l’UNPCB est d’ailleurs membre. C’est le non-respect de cette décision par le bureau qui a mis le feu aux poudres puisque le bureau exécutif a décidé de poursuivre la mise en place des OPCM. C’est ainsi qu’une autre asssemblée générale extraordianire a été convoquée "pour marquer la volonté des membres d’arrêter la mise en place des OPCM". C’est donc avant cette assemblée générale qui sentait la défiance que François Traoré a déposé sa démission.

La mission du bureau transitoire se résume en trois points : poursuivre le renouvellement des structures de l’UNPCB jusqu’à la mise en place d’un bureau national à la mi-mars, continuer la discussion avec l’interprofession et renforcer le partenariat.

Au cours des échanges avec la presse, la question sur les vraies raisons de la démission de François Traoré n’ont pas trouvé de réponse. Par exemple, sur le fait qu’il voulait s’appuyer sur l’OPCM pour créer une fédération et ne pas partir, puisque son mandat était arrivé à son terme, le président Tani a paru surpris face à cette question. "On est pas au courant de cela. Tous les membres du bureau que nous sommes seront en fin de mandat bientôt et la loi dit qu’après deux mandats on quitte". Un confrère a voulu savoir s’il n’y aurait pas eu de détournement. Sur cette question le président du bureau transitoire a été on ne peut plus clair. Francois Traoré, selon lui, n’aurait même pas accès aux fonds compte tenu de sa grande mobilité en tant que président ; il aurait délégué sa signature. Il est seulement signataire des conventions que signe l’UNPCB. Charles Sessouma, vice-président du bureau transitoire, va plus loin. " François Traoré, s’il doit quelque chose, ce serait le tracteur qu’il a pris à crédit et même là, il est le plus à jour de ses traites parmi ceux qui ont souscrit à l’opération". Pour lever toute équivoque sur la gestion fiancière de l’homme, il précise : "François avait demandé à ajouter des membres de sa famille à la flotte de l’UNPCB. Dès qu’il a deposé sa démission, il a tout reglé". Sauf erreur donc, l’honneur du président sortant est sauf. Le nouveau bureau a même déclaré qu’il lui a adressé une lettre d’encouragement pour sa mission.

Le nouveau bureau dit igorer si François Traoré avait des soutiens dans la mise en place de l’OPCM. François Tani a seulement rappelé que l’ancien président a rencontré le ministre de l’Agriculture et le Premier ministre sur le sujet et qu’apparemement, ceux-ci ont émis également des réserves quant à l’approche. Revenant sur l’OPCM, le président Tani a annoncé devant les hommes de médias que son objectif est de commercialiser les excédents de récolte de maïs des producteurs de coton, par ailleurs reconnus comme grands producteurs de maïs. Lui-même avait initié cette expéreience à Koumbia pour permettre aux producteurs d’avoir un prix rémunérateur. C’est donc cette expérience qui devait être formalisée. Il précise que sur le terrain actuellement, il existe des comités de collecte au sein des GPC pour gérer le surplus de maïs. Face aux réserves suscitées par les partenaires, certains ont proposé la mise en place de GIE pour éviter les conflits. Les sociétés cotonnières ont dit craindre pour la gestion des crédits intrants, notamment l’engrais. Le prochain rendez-vous attendu est donc la mi-mars pour la mise en place du bureau national. A ce moment-là, un successeur officiel sera trouvé à François Traoré.

Par Abdoulaye TAO

Le Pays

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