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CSI : Vers un mandat unique ?

Accueil > Actualités > Multimédia • • vendredi 30 juillet 2004 à 13h32min

Le Président du Conseil supérieur de l’information (CSI), Luc
Adolphe Tiao a donné une conférence de presse, hier, 29 juillet
2004 dans la salle de conférences de ladite institution. Une
occasion pour le CSI de faire le point de certaines activités et
d’échanger avec le monde des médias.

Les points focaux de cette rencontre avec la presse, ce 29 juillet,
ont porté sur le bilan des 3 années d’activités et la situation des
radios privées après les auditions publiques de leurs
promoteurs les 22, 23 et 24 juin 2004. Cette audition a permis
au CSI, d’abord de respecter l’article 10 du cahier des charges et
des missions des radios privées, mais aussi de relever les
acquis et les insuffisances résultant de l’activité radiophonique
au cours de ces cinq dernières années. C’est là une démarche
qui est une première dans la vie de l’institution.

Sur 37 radios
privées (17 commerciales, 11 confessionnelles et 9
associatives ou communautaires) auditionnées, le CSI a
marqué son accord pour le renouvellement de l’autorisation
d’exploitation des fréquences au profit de 32 radios. Quant aux 5
autres radios, le renouvellement se fera après une "courte
période d’observation". Il s’agit de radio Balafon et de Média
stars, toutes de Bobo. Pour le CSI, ces deux radios s’adonnaient
à la publicité illicite des tradipraticiens. Une amende de cent
mille francs (100 000 F CFA) a été infligée à chacune de ces
deux radios.

Fréquence Magic de Dédougou est confrontée à
des problèmes techniques. La radio du Grand Nord à Dori ne
fonctionne pas. La 5e radio concernée, "La Voix du Sanguié" est
plutôt confrontée à un statut juridique. En somme, ces 5 radios
n’ont pas rempli les différents cahiers des charges. Ils ont un
fonctionnement assez irrégulier et n’ont fourni l’effort minimum
exigé, selon le CSI.

Les 32 radios ne sont pas aussi sans
reproches, mais le minimum a été assuré.
De façon générale, les constats après les auditions sont liés à
des difficultés financières, à une concurrence déloyale par
rapport à la publicité, au non reversement des cotisations des
travailleurs à la CNSS, au non paiement des redevances au
BBDA et à l’ARTEL, au non paiement des impôts dus à l’Etat, à
la grande mobilité du personnel liée à la précarité de leur
situation.

On n’oublie pas les difficultés techniques liées à la
vétusté du matériel d’émission et de production.
De tout ce qui précède, le CSI a rappelé au cours de ce point
de presse, l’obligation pour toutes les radios de déposer dans
les délais requis, un bilan moral et financier auprès de
l’institution. A cela s’ajoute la clarification nécessaire du statut de
certaines radios.

Le CSI n’a pas manqué de féliciter aussi les "bons élèves". Il a
exhorté tous les promoteurs à une "production satisfaisante", à
un "renouvellement progressif des équipements techniques" et
à la "professionnalisation des activités radiophoniques.

Des questions restées en suspens

Le conseil a épuisé son mandat de 3 ans. En attendant le
renouvellement dudit conseil, Luc Adolphe Tiao a fait un bilan
succinct de l’action de son institution au cours de ces 3 années.
Des acquis, on peut retenir la tenue régulière des sessions,
l’organisation d’ateliers et de séminaires de formation, les
visites dans les médias, l’audition des directeurs d’organe de
presse.

A cela s’ajoute l’analyse des dossiers d’ouverture des
stations de radio sonore et télévisuelle, la contribution à
l’élaboration de projets de décret, etc. Il est à souligner
"l’initiative qui a abouti à l’adoption d’un code de bonne conduite
par tous les acteurs du scrutin législatif de mai 2002". Comme
l’a dit le président Tiao, cette initiative heureuse a permis de
"civiliser" le débat électoral et aux médias publics et privés de
traiter l’information politique dans des conditions de neutralité et
d’impartialité.

Des acquis, on retient aussi que le CSI a
régulièrement adressé au Président du Faso (2002 et 2003)
son rapport public assorti de recommandations et de
perspectives.
Sur le plan extérieur, le CSI a oeuvré au développement de ses
relations de coopération avec des institutions soeurs d’Afrique
et d’Europe, avec l’AIF, l’UNESCO, l’Institut Panos, l’Union
francophone des instances de régulation de la communication,
les chancelleries établies au Burkina Faso, etc.

Beaucoup d’acquis qui ont côtoyé aussi quelques
insuffisances. Dans ce lot d’insuffisances, le président Luc
Adolphe Tiao note la question non encore résolue de la mise
en place des comités régionaux de suivi de l’information, la non
intégration dans le schéma de régulation des opérateurs
utilisant le MMDS, le RDS et les nouvelles formes de réception
des chaînes de télévision et de radiodiffusion.

Il y a aussi
l’absence de mesures concrètes du CSI visant à promouvoir la
culture par les médias, le contrôle encore timide des films
violents à la télévision nationale du Burkina et l’absence d’une
loi sur la communication audiovisuelle. Sur ce dernier aspect,
Luc Adolphe Tiao a souligné que des projets dans ce sens ont
été transmis au gouvernement. Cette loi qui lui parait
indispensable attend donc de voir le jour.
Ce fut un bilan qui a engendré des perspectives dans l’objectif
de "maintenir le cap".

Ainsi, le conseil juge important la révision
de son statut et de son mode de fonctionnement. Ces réformes
devraient tendre à renforcer l’indépendance et les capacités
opérationnelles du CSI, à renforcer le statut des conseillers.
Le CSI préconise l’évolution vers un mandat unique aux fins
de prendre en compte les exigences d’une action continue sur
un terme plus long. Le mandat de 3 ans est jugé bref quand on
connaît le mode de renouvellement du CSI, a confié Luc
Adolphe Tiao. Un mandat unique de 5 à 6 ans, serait indiqué, de
l’avis du premier responsable du CSI.

Dans les perspectives, on
note également le souci d’encadrer les médias privés et relever
le niveau de professionnalisme en leur sein.
Il a été aussi question du statut du journaliste. Le président du
CSI y attache du prix car pour lui, "on ne peut pas parler de
professionnalisme en ignorant les conditions dans lesquelles
les journalistes évoluent".
Bilan jugé satisfaisant en attendant la tenue prochaine d’une
concertation avec les différents médias sur la question de la
liberté, d’éthique et de déontologie.

Ce point de presse-bilan a permis au président du CSI de
remercier toute la presse pour le soutien indéfectible dont son
équipe et lui-même ont bénéficié. Luc Adolphe Tiao a souhaité
ardemment que ce soutien puisse toujours se manifester à
l’endroit de la prochaine équipe. Il n’a pas omis de saluer la
"qualité de ses rapports avec le ministre de l’Information et celui
des Postes et Télécommunications à travers l’ARTEL".

Le Pays

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