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Situation nationale : l’opposition critique, le PNUD classe, le pouvoir s’assume

Accueil > Actualités > Opinions • • jeudi 22 juillet 2004 à 12h46min

Le Burkina est résolument engagé dans le train du développement. Dans cette marche en avant, plusieurs chantiers sont en cours : l’éducation, la santé, en un mot, la lutte contre la pauvreté. Dans cet écrit, un groupe de militants du parti au pouvoir, le CDP, revient sur les acquis de la IVe République et donne les directives pour réussir les prochaines batailles.

Nous sommes dans un monde où l’on ne s’intéresse guère aux trains qui arrivent à l’heure, mais plutôt à ceux qui arrivent en retard. C’est pourquoi les critiques à l’endroit des institutions de la IVe République ont comme plat de résistance les problèmes, notamment ceux des secteurs sociaux : éducation, santé, emploi, etc. et dont les causes seraient la mauvaise gouvernance, la corruption, la fraude...

En s’intéressant aux trains en retard, c’est-à-dire aux problèmes, on adopte une attitude qui peut conduire à déterminer les causes desdits problèmes afin de proposer des solutions alternatives à celles en vigueur. Il est évident que le succès d’une telle attitude dépend de l’exactitude du diagnostic posé.

En s’intéressant aux trains à l’heure, c’est-à-dire au succès, et cela quels que soient leur nombre et leur domaine, on adopte une attitude qui peut permettre de déterminer les facteurs déterminants desdits succès, démarche nécessaire pour rationaliser et améliorer les politiques d’intervention des différents acteurs du développement socio-économique.

Là également le succès dépend de la pertinence de l’analyse de la situation. Ces deux attitudes doivent nécessairement être observées par ceux qui veulent se permettre une critique objective pouvant les conduire à faire des propositions de politiques d’intervention alternatives réalistes et réalisables.

En adoptant uniquement une seule de ces attitudes, on risque de se situer soit dans le camp de ceux qui dénigrent les actions des pouvoirs publics (cas des trains en retard) soit dans celui des agents de publicité des pouvoirs publics (cas des trains à l’heure).

Si ces deux attitudes sont nécessaires, elles ne sont pas pour autant suffisantes. Elles doivent être complétées par une analyse comparative. Evidemment, comparaison n’est pas raison. Mais en comparant des situations semblables, on se donne des moyens supplémentaires pour mieux apprécier sa propre situation et en évaluer les éléments de progrès et de régression.

Ces trois attitudes devraient être observées par les acteurs politiques tant que leur motivation va bien sûr au-delà de la légitime concurrence politique qui existe entre eux. Naturellement, le contexte actuel de pré-campagne pour les élections présidentielle et locales de 2005 n’est pas favorable à l’observation de ces trois attitudes, surtout par les partis et formations politiques.

Santé, éducation, pauvreté

Comme affirmé au début de notre propos, les éléments constitutifs du plat de résistance des critiques faites à l’endroit des institutions de la IVe République et du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), en tant que parti au pouvoir, sont :

les problèmes d’éducation (insuffisance quantitative et qualitative) ;

les problèmes de santé (non accessibilité des couches les plus vulnérables de la société burkinabè) aux prestations sanitaires ;

les faibles performances de la lutte contre la pauvreté ;

les problèmes d’emploi.

Pour ne citer que ceux-là. Les solutions à ces problèmes résident certes dans la pertinence des politiques menées pour les éradiquer, mais dépendent également de l’environnement dans lequel ces politiques sont mises en œuvre.

C’est conscients de ces problèmes et des conditions de leur résolution que les institutions de la IVe République, le Gouvernement en tête, s’emploient à créer un contexte environnemental favorable à leur éradication. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre et apprécier les différentes politiques sectorielles :

la politique intérieure a comme caractéristiques principales la paix sociale et le renforcement de la démocratie ;

la politique extérieure vise à faire de notre pays un carrefour et un acteur des relations internationales : Ouagadougou est devenu un lieu de nombreuses rencontres internationales. Nos forces armées et de sécurité sont constamment sollicitées par l’ONU, l’Union Africaine... dans le cadre des opérations de maintien de la paix. Notre diplomatie est très active dans la résolution des conflits au niveau sous-régional. Les accusations d’Etat voyou et aventurier, faites par certains leaders politiques à l’endroit de notre pays, sont incompatibles avec ce qui précède.

Même si d’aventure le Burkina Faso avait eu des aventures militaires officieuses dans la sous-région ou ailleurs, ces aventures ne pouvaient être ignorées par la communauté internationale, qui l’aurait sanctionné plutôt que de le solliciter diplomatiquement et militairement dans la gestion de la paix et la résolution des conflits.

Ceci pourrait signifier aussi que, même si des aventures militaires ont existé, elles auraient été entreprises en tenant compte des limites tolérées et souhaitables quelquefois par la communauté internationale dans le cadre de la réalpolitik ;

Faire du Burkina, une référence sportive et culturelle

la politique sociale a comme vecteur directeur le dialogue avec les partenaires sociaux que sont les organisations des travailleurs du secteur public et privé. Cette politique a permis entre autres au Gouvernement de respecter l’essentiel de ses engagements, notamment le paiement régulier des salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités, ce qui constitue une performance appréciable au regard du contexte économique très défavorable pour les pays en développement.

Cette politique a également comme traits caractéristiques :

• la prévoyance sociale, qui a permis d’évier les crises comme la famine ;

• la solidarité nationale, qui se manifeste à l’occasion des catastrophes naturelles ou des déplacements de populations (cf. crise ivoirienne) ;

• la prise en compte des problèmes du monde rural (problème d’eau, de désenclavement...) à travers des dotations budgétaires notables, des appuis de nos partenaires et des projets de développement comme le PNGT, projet actuellement en cours qui va injecter plus de 73 milliards dans le cadre du développement rural ;

• la résolution des questions de logements des populations urbaines à travers les lotissements à grande échelle.

• la politique au plan culturel et sportif a comme objectif fondamental de faire du Burkina Faso un pays de référence.

C’est pourquoi des mesures pour dynamiser le SIAO, le FESPACO, la Semaine nationale de la culture sont constamment prises par le Gouvernement. La pertinence de cette politique au plan sportif a permis à notre pays d’organiser deux fois la Coupe d’Afrique des Nations de footbalI et de participer de façon discontinue à la phase finale de cette compétition internationale depuis 1998 ;

la politique économique et financière a comme fondement d’orientation les critères de convergence imposés par les impératifs de l’intégration économique des pays de la sous-région. Cette politique est par ailleurs fortement influencée par les exigences de la mondialisation de l’économie. Ceci pour dire que la politique économique et financière du Gouvernement est pratiquement semblable à celle des gouvernements des autres pays en voie de développement.

Nous considérons que les résultats des politiques ainsi mises en œuvre par le gouvernement doivent être considérés comme des indicateurs d’une bonne gouvernance. En effet :

des autorités politiques qui parviennent à faire de leur pays une cité de paix, un carrefour des relations internationales, un agent actif de la scène internationale font preuve de bonne gouvernance ;

des autorités politiques qui parviennent à attirer dans leur pays de nombreux visiteurs étrangers pendant les manifestations culturelles (FESPACO, SIAO), et en dehors de celles-ci, font preuve de bonne gouvernance ;

des autorités politiques qui parviennent à faire en sorte que leur pays soit présent aux grandes compétitions sportives internationales et continentales font preuve de bonne gouvernance ;

- des autorités politiques qui assument leurs responsabilités dans les processus d’intégration, lesquels sont incontournables, font preuve de bonne gouvernance ;

des autorités politiques dont l’administration honore ses engagements vis-à-vis des travailleurs, notamment le paiement régulier des salaires, font preuve de bonne gouvernance.

Il y a de la volonté...

Les résultats sont certes insuffisants, mais ils sont cependant importants. C’est pourquoi la connaissance des facteurs qui les ont déterminés peut contribuer à les améliorer. La connaissance de ces facteurs est également importante dans la mesure où les résultats des politiques menées influencent nécessairement les politiques en matière d’éducation, de santé, d’emploi... C’est la dialectique qui l’enseigne.

Ainsi, pour notre part, nous considérons que les résultats obtenus sont dus à un certain volontarisme dans la conception, l’élaboration et la mise en œuvre des différentes politiques.

Pour revenir au plat de résistance des critiques, évoqué au début de notre propos, à savoir les problèmes dans les secteurs sociaux : éducation, santé, emploi..., nous disons que ces problèmes sont réels. C’est donc un devoir de leur trouver des solutions. Le volontarisme peut être envisagé et doit être envisagé également dans les politiques sectorielles visant à les résoudre.

Le gouvernement et les Burkinabè doivent cependant être conscients que relever ces défis nécessite de la patience, car il existe des retards qu’on rattrape difficilement. Sont de ceux-là les retards dus à des causes historiques.

Et justement notre pays accuse dans les domaines de l’éducation et de la santé des retards qui s’expliquent entre autres par des causes historiques. Ainsi, la suppression de notre pays en 1932 et son partage entre la Côte d’Ivoire, le Niger et le Soudan français (Mali), puis sa reconstitution en 1947, ont eu des conséquences dans les domaines de l’éducation et de la santé.

En effet, l’essentiel des infrastructures scolaires et sanitaires était concentré dans les capitales et les grandes villes des autres pays de la sous-région. Certaines infrastructures, comme les universités, étaient conçues comme des universités régionales. A l’indépendance, les acquis ne pouvant pas être partagés, notre pays s’est manifestement trouvé à la case départ, donc en retard par rapport aux autres.

A titre d’illustration, l’université de Ouagadougou n’a vu le jour qu’en 1974. C’est manifestement ces retards qui expliquent principalement le rang de 175e sur 177 que le Burkina Faso occupe dans le classement du PNUD, à l’occasion de la publication de son rapport mondial de 2004 sur le développement humain, puisque les taux de scolarisation et d’alphabétisation ainsi que les paramètres relatifs à la santé sont, parmi les indicateurs utilisés, ceux qui sont affectés des plus forts coefficients.

En conclusion, nous voudrions souligner que le classement annuel auquel procède le PNUD est certainement pertinent au regard de ses propres objectifs. Cependant, ce classement pourrait être amélioré par la précision des taux de progrès ou de régressions accomplis d’une année à l’autre par chaque pays.

Du reste, on ne peut comparer objectivement des pays que s’ils sont pris dans les mêmes conditions. En effet, les élèves d’une même classe peuvent être objectivement classés dans la mesure où ils reçoivent les mêmes cours dans les mêmes conditions.

Un groupe de militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP)

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