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François Ouédraogo : « Il ne faut pas jeter la pierre à Tandja »

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 28 août 2009 à 01h23min

Ouendlassida François Ouédraogo

Ingénieur géologue de formation et co-fondateur du Parti pour la démocratie et le socialisme/ Parti socialiste (PDP/PS) aux côtés du Professeur Joseph Ki-Zerbo, Ouendlassida François Ouédraogo est aujourd’hui président du Rassemblement pour la démocratie et le socialisme (RDS). Avec ce politicien qui revendique à qui veut l’entendre son appartenance à la famille socialiste, Fasozine.com a fait le tour des sujets d’actualités au niveau national et continental.

Fasozine.com :Vous étiez l’un des caciques du PDP/PS du professeur Ki-Zerbo. Vous arrive t-il, avec le recul, de regretter d’avoir claqué la porte de ce parti ?

Ouendlassida François Ouédraogo : Il y avait au sein du PDP/PS, des divisions internes qui se sont exacerbées après le départ du Professeur Ki-Zerbo de la direction du parti. Ces divisions ont entraîné des contre-performances lors des élections législatives de 2007, faisant passer le nombre de députés du PDP/PS de 10 à 2. Après ces élections, la direction du parti a décidé de créer un comité de réflexion pour refonder le parti. Ce comité a identifié les causes des divisions et a fait des propositions pour les résoudre. Malgré ces propositions, certains militants ont continué à entretenir ces divisions, ce qui a entrainé l’éclatement du parti au congrès de novembre 2008. Ayant présidé les travaux du comité de réflexion pour la refondation du parti, je connaissais la situation qui prévalait au sein du parti, je ne pouvais plus continuer à y militer dans ces conditions. C’est pourquoi je suis parti avec tous ceux qui partageaient la même vision que moi. Je ne le regrette pas car je sais que si le professeur Ki-Zerbo était toujours là, il n’aurait pas avalisé ce qui s’est passé.

Plusieurs partis se revendiquent du socialisme démocratique et ont en commun d’être issus du PDP/PS de Ki-Zerbo. Pourquoi ne pas vous regrouper ?

Les problèmes qui ont existé au sein du PDP/PS sont les mêmes que ceux qui existent dans d’autres partis : conflits, non application des textes régissant la discipline au sein du parti, déficit de démocratie interne...Il y a aussi les influences extérieures. Tout cela est normal au stade actuel du développement de notre pays. Je n’exclus pas la possibilité que tous les courants du socialisme se retrouvent un jour et s’unissent.

Allez-vous vous présenter comme candidat à la prochaine présidentielle ?

Le RDS vient d’être créé. Notre préoccupation actuelle est de structurer notre parti, de faire connaître nos objectifs, notre projet de société et notre programme de gouvernement. Nous examinerons le problème des élections plus tard.

L’opinion publique s’est récemment alarmé des propos du Naaba Kiba, le chef traditionnel du Yatenga, qui a tenu des propos inquiétants envers les journalistes au sujet du traitement de l’affaire Salif Diallo. Quelle lecture faîtes-vous de l’engagement de la chefferie traditionnelle en politique ?
Au Burkina Faso, il n’y a pas de statut particulier pour les chefs traditionnels. Ils sont des citoyens comme nous, avec les mêmes droits et devoirs. Ce vide juridique favorise l’engagement des chefs traditionnels en politique. Pour ce qui est des menaces, les lois régissant la presse et les manifestations publiques peuvent nous éclairer sur la question. Je pense que le rôle d’un chef, c’est de rechercher et maintenir la paix et la sécurité dans son royaume. Naaba Kiba n’a fait qu’exprimer, à sa façon, ce besoin de paix et de sécurité pour le Yatenga.

Quel commentaire vous inspire la proposition de Salif Diallo d’aller à un régime parlementaire ?

Le plus important actuellement n’est pas la nature présidentielle ou parlementaire du régime. Sans un Etat de droit véritable dans notre pays, que l’on soit dans un régime présidentiel ou parlementaire, les citoyens ne profiteraient jamais des fruits de la croissance. Les déclarations de Salif Diallo visent à nous divertir. Le peuple burkinabè ne doit pas se laisser distraire, il doit continuer à lutter pour l’amélioration de notre processus démocratique, la refondation de la justice, la lutte contre pauvreté en combattant la corruption, l’impunité des crimes économiques et de sang…La seule chose qui mérite d’être soulignée est la reconnaissance par Salif Diallo de la patrimonialisation du pouvoir. C’est la première fois qu’un cacique du pouvoir le reconnaît et le dit. Cela est important.

Quels commentaires vous inspirent les soubresauts politiques au Niger voisin ?

C’est catastrophique pour la démocratie. Le président Mamadou Tandja a purement et simplement fait un coup d’Etat. Cependant, ce n’est pas à lui seul qu’il faut jeter la pierre. Cette situation s’est déjà produit dans notre pays avec le tripatouillage de la Constitution pour permettre au président Blaise Compaoré de se présenter à l’élection présidentielle.

Le Gabon est en pleine campagne présidentielle…

Nous admirons jusque-là le calme et la relative sérénité qui prévalent au Gabon. Notre souhait est que des élections libres, justes et équitables puissent se tenir dans ce pays pour que triomphe la démocratie.

Roger Niouga Sawadogo

Fasozine

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