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Crise cotonnière : Le DG de la SOFITEX annonce un plan de sauvetage

Publié le vendredi 22 mai 2009 à 02h35min

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Célestin Tiendrebéogo

En prélude au démarrage de la campagne cotonnière 2009-2010, le directeur général de la Société burkinabè des fibres et textiles du Burkina (SOFITEX), Célestin Tiendrebéogo a rencontré mardi 19 mai 2000 à Bobo-Dioulasso, les hommes des médias. Les échanges ont porté essentiellement sur la situation de la filière cotonnière, les objectifs de la présente campagne et enfin, les initiatives pour résorber la crise qui secoue le secteur de « l’or blanc ».

Le Burkina n’est pas le seul pays à vivre la crise cotonnière, toutes les filières cotonnières africaines sont touchées par le marasme. C’est en substance ce qu’a laissé entendre le directeur général de la SOFITEX en guise d’introduction, lors de ses échanges avec les journalistes. Pour le Burkina, la situation est d’autant plus difficile que « l’or blanc » représente 60% des recettes d’exportation. Alors que la plupart des filières vivent dans l’incertitude du lendemain, attendant de voir clair avant de fixer le prix d’achat au kilogramme du coton graine, la SOFITEX a déjà annoncé les couleurs en portant à la connaissance des producteurs la nouvelle grille.

Avant d’aborder les problèmes de la filière, le DG a dressé un tableau récapitulatif des retombées de la filière coton sur l’économie nationale. En termes de recettes, elle a généré 1 027 milliards de FCFA en huit ans. De son avis, « l’or blanc » profite à tous les secteurs de l’économie nationale en commençant par les producteurs qui engrangent 65% du montant global. Chiffres à l’appui, Célestin Tiendrébégo a fait un tour d’horizon de quelques opérateurs qui bénéficient des retombées directes. Il cite les transporteurs (79 milliards), les banques (48 milliards), la SONABEL (10 milliards) et l’Etat qui a perçu 111 milliards de F CFA d’impôts et taxes. Secteur stratégique, générateur d’emplois, le coton ferait vivre plus de 3 millions de personnes au Faso. Toute chose qui explique l’attention du gouvernement qui a décidé de délier le cordon de la bourse. Après avoir subventionné les engrais la campagne écoulée à hauteur de 3 milliards de F CFA, le revoilà cette année encore, avec une enveloppe de 11 milliards dont 7 pour juguler la flambée des prix des engrais et 4 pour apurer les dettes internes des Groupements de producteurs de coton (GPC).

Les calamités naturelles en 2006-2007 sont à la base de lourds endettements au sein de beaucoup de GPC dont certains membres ont tourné le dos au coton. Dans la perspective de la relance de la production, la SOFITEX et le gouvernement se sont engagés à l’effacement de leurs dettes tout en maintenant en l’état les prix appliqués aux intrants au cours de la dernière saison. Parallèlement, la réflexion est à la création d’une assurance contre les calamités naturelles et la mise en place d’un fonds des intrants. Chaque année, il faut débourser « avec beaucoup » de peine 40 milliards de F CFA pour l’achat des engrais, a souligné M. Tiendrébéogo. Ce fonds qui doit être constitué de l’apport des producteurs, a expliqué le DG entouré de ses techniciens, doit permettre un achat au comptant des 81 000 tonnes d’engrais qu’absorbe la filière chaque campagne. Dans un contexte de récession économique, la SOFITEX a opté pour la réduction des charges du coût de production du coton graine et l’augmentation des rendements par l’introduction des OGM. 

Ce coton, en phase de vulgarisation, aurait l’avantage d’augmenter de 30% les rendements. Il dispense les producteurs de quatre traitements à l’insecticide et réduirait significativement la pénibilité du travail. Avec l’introduction de cette technologie, la SOFITEX met la barre haut et attend à la fin de la saison au moins 447 000 tonnes de coton graine, qualifiées de « barre d’équilibre ». Toujours parmi les initiatives déployées pour juguler la crise, on peut citer un plan de sauvetage conçu à cet effet. Ce plan se veut être une sorte de feuille de route qui responsabilise davantage tous les acteurs de la filière à savoir les bailleurs de fonds, les producteurs, l’Etat et la SOFITEX. « Il y a une dynamique et nous allons sortir rapidement de la crise », a confié le DG, avant d’ajouter que « d’ici au 31 décembre 2011, la SOFITEX n’aura à rembourser que 5 milliards de F CFA représentant l’emprunt de l’usine de Bondoukuy ».

Frédéric OUEDRAOGO

Sidwaya

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