Campagne cotonnière 2009 -2010 : Découragement n’est pas Sofitex
Nous sommes à l’orée de la saison hivernale et déjà, à la Sofitex, on se prépare activement à une bonne campagne cotonnière. Et malgré la crise internationale, qui continue de bouleverser les système économiques à travers le monde, la Sofitex espère cette année réaliser une belle performance...
...Cet espoir résulte surtout de l’appui de l’Etat à la filière mais aussi des nouvelles dispositions prises par la société pour alléger les charges des producteurs et les inciter par conséquent à s’investir davantage dans la production cotonnière. Les échanges directs entre la Sofitex et les producteurs au cours des forums qui se déroulent depuis la semaine dernière ont en tout cas permis de déblayer le terrain pour une campagne qui s’annonce sous les meilleurs auspices.
La traditionnelle rencontre Sofitex/producteurs, qui se déroule à chaque début de saison agricole, offre toujours l’occasion aux deux parties d’exprimer leurs préoccupations et de faire des propositions pour un bon déroulement de la campagne.
Aux récurrents problèmes de la cherté des intrants, de la baisse du prix d’achat du kilogramme de coton ou encore des retards de payement s’est greffé cette année un problème majeur et pas des moindres : la crise internationale, qui est en train d’ébranler l’économie mondiale et qui n’épargne aucun secteur d’activité.
La filière coton cette année n’est nullement à l’abri des vicissitudes du marché. La baisse du prix du kilogramme de coton sur le marché international a contraint la Sofitex à surseoir momentanément à la conquête du marché pour s’engager dans l’écoulement de ses produits. Une situation qui n’est pas sans conséquence pour les acteurs de la filière au Burkina, avec notamment ce retard de payement constaté par les producteurs.
« Il est vrai que nous avons accusé du retard pour payer les producteurs. Ce n’est pas notre faute, mais je pense que ce problème est en train d’être résolu. D’ici la fin de ce mois de mai, tous les producteurs de la zone Sofitex seront payés », a déclaré Hamdine Ba.
Au cours de ces échanges avec les cotonculteurs, le conseiller technique et directeur des Ressources humaines de la Sofitex s’est surtout appesanti sur cette crise internationale dont l’une des conséquences immédiates a été la baisse du prix du coton. Une malheureuse situation qui a amené des producteurs à réduire leurs surfaces ou tout simplement à suspendre la production du coton.
Contre une prévision de 500 000 tonnes au cours de la campagne écoulée, la Sofitex n’en a réalisé que 384 500. Du coup, elle se retrouve aujourd’hui face à des difficultés de trésorerie qui ont engendré des retards de payement. Mais l’espoir reste permis à entendre Hamdine Ba ; lequel a invité les producteurs à ne pas céder au découragement et surtout à redoubler les efforts pour la relance de cette filière.
Le geste salvateur de l’Etat
Cette année, les cotonculteurs du Burkina peuvent dire merci, mille fois merci à l’Etat, qui a encore une fois accepté de casser sa tirelire pour accompagner la filière et de fort belle manière : d’abord la subvention des intrants qui a connu pour cette campagne une augmentation, de six milliards l’année dernière, l’apport de l’Etat pour la nouvelle campagne étant passé à sept milliards cent vingt millions de francs (7 120 000 000) FCFA ; à cela s’ajoute une autre contribution à hauteur de quatre milliards trois cent cinquante-cinq millions de francs (4 355 000 000) FCFA.
Cette somme servira à éponger les dettes internes aux groupements de producteurs de coton (GPC). Des gestes salvateurs qui contribueront certainement à galvaniser les principaux acteurs de la filière et à les amener à s’investir convenablement cette année dans la production de ce qui est considéré comme l’or blanc. En acceptant d’appuyer la filière coton à hauteur de plus de onze milliards cette campagne, l’Etat burkinabé traduit ainsi toute l’importance qu’il accorde à ce secteur que certains qualifient, et à juste raison, de poumon économique du Faso.
Au titre des impôts des années 2000 à 2008, la Sofitex a versé à l’Etat la somme de cent onze milliards de francs (111 000 000 000) FCFA. Au cours de cette même période, la vente totale du coton a rapporté à la société mille vingt-sept milliards de francs (1 027 000 000 000) FCFA.
De cette somme, 620 milliards ont été versés aux producteurs, 79 aux transporteurs, 53, 400 consacrés aux salaires du personnel de la société, etc. Des chiffres éloquents qui témoignent du poids du coton dans l’économie nationale ; une filière qui mérite, à ce titre, une attention particulière des plus hautes autorités. Lesquelles ne cessent de soutenir toutes les initiatives de diversification et d’intensification de la production cotonnière.
Le coton OGM, qui continue de faire l’objet de débat, fera cette année son entrée dans certaines zones : c’est le cas à Banwali dans le département de Padéma. Dans cette localité située à une centaine de kilomètres de Bobo, des producteurs se préparent à expérimenter la culture du coton OGM. Ils ont, au cours des échanges avec l’équipe de la Sofitex, manifesté leur intérêt pour cette nouvelle culture mais aussi exprimer des inquiétudes.
C’est au total 500 000 tonnes de coton qui sont attendues lors de la saison 2009/2010. Et la bataille pour le succès de cette campagne a déjà commencé pour la Sofitex. Elle qui est en train de multiplier les rencontres d’information et de sensibilisation auprès des producteurs. Et malgré les difficultés du moment liées à la crise internationale, les messagers de la société ont réussi, à travers des échanges directs et francs, à dissiper toutes les inquiétudes chez les producteurs et à les remobiliser pour une nouvelle aventure qui, nous l’espérons, sera meilleure que la précédente.
Jonas Apollinaire Kaboré
L’Observateur Paalga


