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TIRS A BALLES REELLES SUR DES MANIFESTANTS : Le Mali aussi !

Accueil > Actualités > International • • jeudi 13 novembre 2008 à 04h13min

Un manifestant tué, six autres blessés. Un bilan qui n’émeut pas outre mesure dans un continent qui est désormais habitué aux manifestations réprimées par les forces de l’ordre. Mais qu’un tel bilan provienne du Mali après que la Garde nationale a fait usage de balles réelles, est plus que surprenant. Le pays de ATT nous a plutôt habitués à être un parangon des vertus républicaines et l’on est mémorable de la retenue dont il a su faire preuve lors des négociations avec les rebellions touaregues. Et les victimes de cette répression sauvage en sont certainement les premières choquées.

D’ailleurs une délégation de cette commune de Léré, ville où ont eu lieu les incidents, a décidé de se rendre à Bamako pour exiger des sanctions exemplaires contre les auteurs des tirs. Car cette bavure difficilement acceptable en temps de paix, n’est pas sans rappeler, les errements de fin de règne du général Moussa Traoré. Serait-ce aussi un signe prémonitoire pour le régime du général Amadou Toumani Touré ? On peut raisonnablement en douter vu l’assise démocratique de ce pays. Cet incident n’en constitue pas moins un précédent dangereux. C’est en cela que la réaction rapide et énergique des représentants de la population est un bon indicateur des limites à ne pas franchir. Car le phénomène se banalise petit à petit.

Avant hier c’était le Burkina, hier c’était la Guinée où les forces de sécurité retournent trop souvent leurs armes contre ceux qu’ils sont sensés protéger. A Léré, c’est la destruction de la mairie qui est à l’origine des tirs à balles réelles. A Ouagadougou, c’est l’obstruction des accès de l’hôpital par des stagiaires, même si ici on n’a déploré aucun mort. En Guinée, l’usage de la force brutale est devenue monnaie courante pour un régime qui n’a autre chose à proposer à son peuple que la répression. Si force doit toujours rester à la loi, on remarque hélas de plus en plus que nos forces de sécurité ne sont pas toujours bien préparées au maintien de l’ordre.

Tirer à balles réelles est non seulement le signe d’une carence en formation mais également en équipement. Mais peut-être que ce sous-équipement est organisé à dessein, ne laissant ainsi d’autre choix aux forces de sécurité que de titrer avec les balles qu’ils ont à leur disposition. De fait, les pouvoirs africains qui ont toujours utilisé les forces armées et de sécurité comme moyen de répression et de protection de leur pouvoir n’ont pas encore coupé ce lien qui fait croire que tout début de trouble à l’ordre public est vite perçu comme une menace pour la stabilité du régime en place. Des efforts sont à faire si l’on ne veut pas qu’un jour, une de ces bavures provoque la chute de ceux que l’on prétend protéger.

Par Abdoulaye TAO

Le Pays

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